Pour une grève générale offensive !

Il est temps d'exiger, et plus de défendre. Et cette occasion est trop belle pour la laisser passer.

Il est évident que nous ne voulons pas de cet énième réforme capitaliste pondue par un gouvernement bourgeois, cette fois sur les retraites. Ce ne serait encore qu'un combat défensif que de demander seulement son retrait. Et toutes ces dernières années, qu’avons-nous gagné ? Rien.

Avant le réveil politique populaire assez massif apparu avec les gilets jaunes, il pouvait semblait que nous étions enfermé.e.s dans une période historique dont l’originalité était que tous les acquis sociaux foutaient le camp, et que dans le même temps les réactions, dispersées, si toutefois elles existaient, n’étaient jamais à la hauteur pour l’empêcher. On perdait tout ce que nous avions gagné durant les décennies précédentes.

Allons-nous pouvoir – enfin – mettre un coup d’arrêt aux politiques néolibérales, mais surtout, ce qui serait un retournement historique, reprendre la main et obtenir à nouveau des droits ?

Nous avons une occasion telle que n’en avons pas connue depuis longtemps. Sur un terreau politique déjà fertile, les syndicats se mobilisent enfin massivement. Si tout ce que l’on pressent se réalise, nous pourrions avoir un conflit dur et qui dure.

Mais pour qu’il dure, il faut rester uni.e.s, et se battre sur les mêmes bases. Bien sûr, donc, exit, la réforme des retraites et il nous présenter la nôtre – pour qu’enfin nous toutes et tous puissions vivre dignement dès 60 ans, ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui.

Mais on ne peut pas s’arrêter là. Tout va trop mal. Les services publics sont en ruines, les personnes en emploi comptent leurs sous, et les personnes privées d’emploi gèrent leur misère. Quant aux travailleuses et travailleurs en formation, leur désespoir est si intense qu’on peut en trouver criant leur rage dans les flammes.

Puis il y a celles et ceux qui n’ont plus rien, et qui meurent dans la rue, 5 à 600 vies s’éteignant près de nous, chaque année. Ça ne peut plus durer.

Pour qu’une union dure, toutes les parties prenantes doivent d’une part défendre une plateforme / des revendications de lutte communes. Si, au vu du désastre social, nous ne pouvons tout obtenir, nous devons nous mettre d’accord sur de grandes priorités. Espérons que les grosses centrales syndicales saurons écouter humblement et négocier avec tout le monde – ce n’est pas gagné, du tout. C’est leur base seule qui pourra l’imposer.

Souhaitons ensuite que personne n’aille gratter à la porte des maîtres pour obtenir quelque chose plutôt que rien – on connaît la chanson. Souhaitons aussi qu’on n’entende pas à nouveau de la part de responsables (?) l’autre chanson consistant à dire qu’il faut savoir arrêter une grève…

Cela ne sert à rien à se projeter plus dans un mouvement qui débute seulement. Mais ne nous racontons pas d’histoires ; même si nous gagnons tout ou larges parties de ce nous aurons exigé, nous serons bien sûr toujours dans le capitalisme. Tant que ce système existera, nous serons exploité.e.s, nous serons opprimé.e.s. Et nous ne pourrons oublier que l’horloge climatique tourne et que sans disparition pure et simple de la course au profit, de la logique du Capital, nous sommes tout bonnement condamné.e.s.

Il faut que nous mesurions notre force. Il faut que nous prenions conscience de notre rôle historique. Il faut que nous prenions conscience que si nous sommes à un moment une immense majorité à nous mettre à lutter, nous pourrons aller vers la construction d’une société libre, égalitaire, et sans domination capitaliste, sexiste ou raciste. Sans exploitation morbide et inutile de la Nature.

Et quand nous serons légion, nous saurons appliquer la grève générale telle qu’elle est décrite dans la Charte d’Amiens :

« [le syndicalisme] prépare l'émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition,base de réorganisation sociale. »

Vive la lutte, rouge, noire, jaune, violette ou verte !

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