Philippe Riès
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Billet de blog 7 juil. 2014

Vhils s’expose à Lisbonne: la rue est au musée

Il n'est pas fréquent que le vernissage d’une exposition tourne à l’événement populaire. C’était le cas vendredi 4 juillet à Lisbonne

Philippe Riès
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Création récente de Vihls à Lisbonne (avec Pixel Pancho) © Phr

Il n'est pas fréquent que le vernissage d’une exposition tourne à l’événement populaire. C’était le cas vendredi 4 juillet à Lisbonne où une foule nombreuse et diverse, dans une atmosphère de kermesse, baignée dans une douce lumière de fin de journée sur le Tage, patientait pour découvrir Dissection, une présentation inédite de l’œuvre d’Alexandre Farto, alias Vhils, au Musée de l’Electricité.

C’est la première fois que le très jeune Portugais (il est né en 1987), artiste global ayant semé ses «muraux» de l’Australie au cercle Arctique, des friches industrielles de Shanghai aux favelas de Rio de Janeiro, fait entrer sa rue au musée. Dans le cadre symbolique de cette ancienne centrale thermique, restaurée «dans son jus» par la Fondation EdP, trace de ces tissus urbains abandonnés et souvent voués à disparaître où Vhils  aime déposer son empreinte, sur des murs décrépis. Sur la rive opposée du Tage, s’étend la «marge Sud», vaste banlieue défavorisée où le graffeur adolescent, aujourd’hui réclamé par la planète entière, fit ses classes d’artiste de rue.

De la rue à l’accrochage muséal, le langage est le même : des visages d’anonymes, choisis sur le site même de l’intervention. Mais les vocabulaires sont devenus multiples : le marteau-piqueur et le cutteur bien sûr, mais aussi le collage, la sérigraphie, la gravure à l’acide sur métal, la photographie rétro-éclairée voilée de résille, les portes anciennes sculptées au laser, la vidéo et les dioramas en polystyrène, pour l’occasion la représentation en trois dimensions d’une forêt urbaine qui réunirait Manhattan, Shinjuku et Pudong. Et aussi, une installation que l’on peut trouver moins convaincante, une gigantesque suspension formée des pièces d’une voiture de tramway, «disséquée» et ripolinée de blanc. L’ancien réservoir de naphta, à l’entrée de la centrale, a été décoré par Vhils sur toute sa circonférence, signal de la présence de l’artiste visible de la route, de la promenade comme des bateaux qui croisent sur le fleuve.

«Une année entière de travail», nous confiera Vhils, dont le mur Scratching the Surface est visible depuis la mi-juin dans les sous-sols du Palais de Tokyo à Paris. Dissection se poursuit jusqu’au mois d’octobre et est accompagnée d’un catalogue très complet, en portugais et anglais, ouvert par un superbe texte de José Manuel dos Santos, directeur culturel de la Fondation EdP. Vaut le voyage.

© Mediapart

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