En Ecosse, un «oui» historique…aux femmes

Un événement considérable, historique même, s’est produit le jeudi 18 septembre en Ecosse. Non, pas le référendum sur l’indépendance, où les «fear-mongers» (les semeurs de trouille) du «non» l’ont emporté sur les «pipe dreamers» (les doux rêveurs) du «oui». Mais l’annonce par le vénérable Royal and Ancient Golf Club de Saint-Andrews qu’il allait bientôt accueillir des femmes parmi ses membres.

Un événement considérable, historique même, s’est produit le jeudi 18 septembre en Ecosse. Non, pas le référendum sur l’indépendance, où les «fear-mongers» (les semeurs de trouille) du «non» l’ont emporté sur les «pipe dreamers» (les doux rêveurs) du «oui». Mais l’annonce par le vénérable Royal and Ancient Golf Club de Saint-Andrews qu’il allait bientôt accueillir des femmes parmi ses membres.


Le club house du R & A  © R & A Le club house du R & A © R & A
Des femmes dans la «Big Room» dominant le départ du trou n° un de l’Old Course ? God Gracious ! Les plus vénérables des membres ne pourront donc plus y changer de pantalon avant d’aller fouler les links de «la Mecque du golf». Jusqu’à présent, les seules femmes admises dans ce saint des saints du golf étaient les serveuses …et les membres de la famille royale. C’est ainsi que l’auteur de ces lignes a eu le privilège, lors du British Open de 1990, d’y croiser la princesse royale Anne, venue admirer le portrait en pied de sa Reine de mère accroché dans la Big Room.

Si le résultat du vote par correspondance, avec 85% de «oui» à l’arrivée du sexe prétendument faible, mérite un tel retentissement, c’est que le «R & A» n’est pas n’importe quel club sportif. Fondé il y a 260 ans, il règne sur la planète du golf, à l’exception des Etats-Unis, qui ne peuvent jamais rien faire comme tout le monde, et du Mexique. Sa commission des règles est le gardien des tables de la loi pour des dizaines de millions de pratiquants, de la Finlande à l’Afrique du Sud, du Japon au Canada. La Chine étant la dernière terre de mission du jeu «inventé» en Ecosse au tournant des 15ème et 16ème siècle, les nouveaux riches et les classes moyennes supérieures y étant à leur contaminés par le «virus» déjà critiqué chez Mary, reine des Ecossais.

Les membres du R&A, partagés entre les «locaux» et ceux qui vivent au quatre coins de la planète (le Français Pierre Bechmann fut le premier membre venu du «Continent» à être élu «Captain», pour un an, en 2012), ont été appelés à se prononcer alors que l’Open Britannique, le plus ancien et le plus prestigieux des quatre tournois «majeurs», revient à Saint Andrews en 2015.

Or, le R & A ne souhaitait manifestement pas revivre la polémique qui avait accompagné la tenue du tournoi en 2013 à Muirfield, terrain de «l’Honorable Compagnie des Golfeurs d’Edimbourg», où les femmes sont admises à jouer (sous conditions et sans disposer d’aires de départ particulières) mais bannies du club house. Problème qui ne se pose pas au R & A, club sans terrain puisque les parcours de Saint Andrews sont publics, gérés par une organisation charitable de la «old grey town». Deux autres clubs faisant partie de la «rota» de l’Open britannique, Royal St. George's à Sandwich (Angleterre) et Royal Troon (en Ecosse) sont encore «male only». Sans doute plus pour très longtemps.

Cela dit, avant que la parité ne s’impose au Royal and Ancient, beaucoup d’eau coulera sous le Swilcan Bridge, dans le ruisseau qui coupe les fairways des trous numéro un et 18 de l’Old Course. Ayant fait, comme le leur demandait le secrétaire du club Peter Dawson ce qui «est bon pour le golf», les membres du R&A vont approcher une quinzaine de femmes déjà sélectionnées pour leur contribution au jeu «royal et ancien» et qui bénéficieront d’une procédure accélérée d’admission. 15 sur 2.400.

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