Incendies au Portugal: Costa fait «mieux» que Durao Barroso

Le record historique de 2003 est déjà battu. 2017 pourrait voir plus d’un demi-million d’hectares de la forêt portugaise partir en fumée.

La pinède de Leiria en feu le 16 octobre © Hélio Medeiros La pinède de Leiria en feu le 16 octobre © Hélio Medeiros

Les chiffres ont parlé. Sous la « geringonça » d’Antonio Costa, le gouvernement socialiste minoritaire soutenu au parlement par le PCP et les « mélenchonistes » locaux du Bloco (Bloc de Gauche), les incendies de forêt de 2017 ont effacé le triste record détenu depuis l’été 2003 par le gouvernement de centre droit de José Manuel Durao Barroso. Du 1er janvier au 17 octobre 2017, 443.425 hectares sont partis en fumée, contre un total de 425.639 hectares pour l’année 2003, selon le bilan établi par l’Institut de conservation de la nature et de la forêt (ICNF). L’EFFIS, organisme européen, estime que la surface consumée par les flammes au Portugal pourrait dépasser le demi-million d’hectares (520.515) d’ici la fin de l’année.

Les incendies de 2003 avaient fait 21 victimes. Dans les deux épisodes tragiques de juin et octobre 2017, plus de cents personnes (106 au dernier bilan) auront trouvé la mort. A quatorze ans d’intervalle, les mêmes causes, analysées ici et ici, ont produit les mêmes effets. Pour décrire cette situation, sans aucun équivalent en Europe, de nombreux commentateurs et analystes, y compris se réclamant de la gauche, n’hésitent pas à évoquer un « Etat failli » (de l’expression « failed state » en anglais). En 2004, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne avaient « récompensé » Durao Barroso de cette « performance » en en faisant pour dix ans un président (calamiteux) de la Commission européenne. No further comment.

L’impressionnante photo ci-dessus a été prise dimanche 16 octobre par le pompier Hélio Medeiros, depuis la tour de vigie des pompiers volontaires de Vieira de Leiria (centre du pays). Ce qui brûle derrière la ville, c’est un patrimoine vieux de sept siècles, la pinède de Leiria, voulue par le roi D. Dinis (1261-1325) pour fixer la zone dunaire. Le bois des caravelles des grandes découvertes portugaises, la première « mondialisation » occidentale, venait de la pinède de Leiria, dont 80% de la surface a brûlé le weekend dernier. 

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