Soudan : au pays de notre ami le génocidaire

Le Soudan est le pivot de la politique migratoire de l'Union européenne en Afrique de l'est. Son président est recherché par la Cour Pénale Internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Mais les crimes de ce régime ne se limitent pas au Darfour. Bref tour d'horizon.

Le Centre Africain pour la Justice et les Études pour la Paix documente les violations des droits humains au Soudan et au Sud-Soudan. Ces informations sont disponibles en anglais et en arabe sur son site, et si on est intéressé par le sujet il est possible de s'abonner à sa newsletter :

http://www.acjps.org/

On peut en lisant les rapports qu'il publie sur la situation se faire une idée plus précise du régime soudanais, au-delà de la situation de guerre civile endémique qui règne dans certaines provinces (Darfour, mais aussi Nil bleu et Monts de Nuba).

Les exactions continuent au Darfour, de la part de l'armée régulière comme des milices, qui y mènent également des trafics divers.

Vous pouvez télécharger le rapport "Militia Chaos in Darfur: what next ?" ici (pdf, 697.4 kB).

Les exilé-e-s se trouvant au Soudan, y compris lorsqu'il et elles sont reconnu-e-s réfugié-e-s, sont couramment victimes d'exactions. La milice des janjawids, impliquées dans le génocide au Darfour, s'est vue confier le rôle de garde-frontière par le gouvernement. Elle combine ce rôle avec le trafic d'être humains, dont les principales victimes sont les exilé-e-s érythréen-ne-s, réputé-e-s avoir de la famille en Europe capable de payer une rançon. Des exactions sont également commises par la police, les services de sécurité et des gangs de trafficants.

Vous pouvez télécharger le "Report on Illegal Immigration and the Violations Related to the Rights of Asylum Seekers in Sudan" ici (pdf, 219.8 kB).

Depuis 1983 le Soudan est sous une législation fondée sur le charia. Si le premier procès pour apostasie date de 1968 et si les persécutions contre les soudanais-e-s non-musulman-e-s dérivent du climat de tensions internationales liées à la Guerre de six jours et à l'adhésion du régime d'alors à l'idéologie panarabiste, la nouvelle législation puis les tensions liées à la guerre et à la sécession du Sud-Soudan ont aggravé la situation, conduisant à la persécution des personnes ayant quitté la religion islamique, allant jusqu'à des condamnations à mort et des exécutions. Les communautés chrétiennes sont confrontées à des destructions d'église, des confiscations de leurs propriétés, des agressions et différentes formes d'intimidation.

Vous pouvez télécharger le rapport "Apostasy punishment in Sudan 1968 - 2018" ici (pdf, 432.9 kB).

Vous pouvez télécharger le rapport "Violations and targeting of property against non-muslims in Sudan" ici (pdf, 770.4 kB).

La répression concerne les opposant-e-s politiques, mais également les avocat-e-s qui les défendent et les journalistes. Le Centre Africain pour la Justice et les Études pour la Paix s'est penché dans un récent rapport sur la répression à l'encontre des femmes engagées dans la défense des droits humains.

Vous pouvez télécharger le rapport "Freedom of expression July - September 2018" ici (pdf, 187.5 kB).

Vous pouvez télécharger le rapport "Target ne to silence a hundred: the repression of human rights lawyers in Sudan" ici (pdf, 2.5 MB).

Vous pouvez télécharger le rapport "Situation of female human rights defender in Sudan" ici (pdf, 771.7 kB).

Le Centre Africain pour la Justice et les Études pour la Paix documente également la répression à l'encontre du mouvement social contre le régime et des manifestations depuis le 13 décembre 2018 : voir ici et ce communiqué (pdf, 268.1 kB).

Tel est en quelques traits le régime sur lequel s'appuie l'Union européenne pour empêcher des exilé-e-s d'Afrique de l'est d'arriver en Europe.

 

 

 

 

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