Adieu, Bojo, on t'aimait bien

Cette nuit, 'round midnight, Bojo nous a quitté. Nous restons là, un peu hébétés, de notre côté de la Manche, avec nos vingt-sept clowns tristes. Dont le nôtre.

Le nôtre, il a pour nom de scène Macroprésident. Il a un petit air de Jupiter - version Offenbach. Son grand rêve est de revêtir la robe à fleur, un peu défraîchie, de Margaret Thatcher. Mais quand il est sur le point de la trouver, Bojo est déjà loin devant. Il rêvait aussi de mettre la City sur l'île de la Cité, de la déplacer des rives de la Tamise à celles de la Seine. Ça on n'en entend plus parler. Comment il va faire si Albion la verte taille la route vers New-York ?

Et un clown triste, sans clown marrant, ce n'est pas très drôle. Il essaye, pourtant.

Il fait du frexit soft. Il perpétue ad vitam nauseam le rétablissement des contrôles aux frontières, pour faire bye bye à Schengen, sans le faire vraiment. Ce n'est même pas lui qui l'a inventé, c'est le clown triste d'avant. Et puis c'est surtout pour les gens, voilà, qui ont une tête quoi, un peu comme une tête de migrant-e-s.

Il fait des fake chiffres aussi, ça c'est la mode. Il en met un peu partout, avec les retraites, avec les migrant-e-s, encore.

Il essaye de faire des tours, aussi. Crac, il sort un ministre iranien d'un avion en plein sommet de Biarritz. Paf, il fait un sommet de la paix avec les deux chefs Libyens. Mais en fait, il ne réussit pas très bien.

Et il essaye de faire copain, tiens, avec l'autre clown marrant, là, Trump. Il lui fait du plat, "tu sais, ton plan pour la Palestine, il est vachement chouette". L'autre, il s'en fout.

Il essaye aussi avec Marine, mais quand il se prendra une tarte, on rigolera moins.

Déjà les gens ils ne rigolent plus. Ils vont dans la rue plutôt que de regarder la télé. C'est pourtant pas le beau temps.

Alors Macroprésident il est là tout chose. Il continue à envoyer ses policier-ère-s courser les migrant-e-s du côté de Calais, comme si rien n'avait changé. Comme pour crier : "Bojo, reviens !" L'autre, il s'en fout.

Avec un peu de chance, on va récupérer le whisky des Écossais.

 

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