Merci Mirza

Alors que l'économie mondiale roule sur les courbes descendantes vers l'abîme, j'ai trouvé le moyen imparable de devenir riche en ces temps de confinement. Par cet après-midi ensoleillé, j'ai décidé de le partager avec vous. En route pour la start-up nation.

Dehors, la peur règne. Baguette trop fraîche sous le bras, encre baveuse sur l'attestation employeur, orteils posés à plus de mille mètres du domicile lors d'un footing vespéral, enfants ramenés d'une garde partagée alors qu'on pourrai très bien les mettre à la DDASS, la police verbalise à tour de bras.

Un seul moyen, infaillible, incontestable, d'échapper à l'ardeur pévesque des pandores : emmener pisser son chien.

D'un côté, des chien-ne-s abandonné-e-s par leurs maîtres-ses malades, devenant fous dans des appartements surpeuplés de moutards, enfermé-e-s parce que leurs maîtres-ses ne sortent plus pour ne pas attraper le virus.

De l'autre côté, des gens qui ne demandent que ça : sortir ! Sortir, sans risquer à chaque pas les amendes et les postillons d'agents généralement sans masque.

Entre les deux : moi.

D'un côté je recueille des chien-ne-s en difficulté - et me fais rétribuer par leurs maîtres-ses pour m'en occuper. De l'autre côté, je loue pour une somme très inférieure au tarif de l'amende mais toutefois pas tout-à-fait modique les animaux alibis aux personnes en désir de sortie.

Inutile de vous le dire, ça marche du feu de dieu !

Ça marche si bien que j'ai créé une application et que j'ai recruté des autoentrepreneur-se-s dans d'autres quartiers. J'ai baptisé ma nouvelle société en hommage au saint patron de la chasse. Elle s'appelle : Hubert.

Comme disait un défunt dirigeant d'un pays qui nous livre les masques que nous ne sommes pas capables de fabriquer pour éviter de se faire postillonner lors des contrôles policiers et en bien d'autres circonstances : "enrichissez-vous".

Je le fais.

Merci Mirza !

 

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