Calais : histoire d'expulsion

Depuis la fermeture du hangar de Sangatte en 2002, l'histoire des exilés à Calais est rythmée par les expulsions. Expulsion de campement de cabanes, suivie de destruction, expulsion de squat, souvent suivie aussi par la destruction du bâtiment - Calais est ainsi parsemée de terrains vagues là où étaient ces anciens squats.

Aujourd'hui l'expulsion annoncée est celle d'une ancienne usine et des maisons attenantes, propriété de l'Établissement Public Régional du Nord – Pas-de-Calais, qui doit aménager le site pour le compte de la mairie.

Propriétaire identifié, lié aux collectivités locales : pour la première fois les associations s'unissent pour interpeler les élus qui siègent au conseil d'administration de l'Établissement, par une lettre accompagnée d'un argumentaire qui tente de synthétiser en quelques pages la situation des exilés présents dans ce squat (et téléchargeable ci-dessous).

Première conséquence : jeudi 27 octobre au matin, un huissier vient afficher les deux jugements d'expulsion (un pour la partie usine, un pour les maisons). Tous les anciens bénévoles des associations calaisiennes en sont d'accord : c'est la première expulsion qu'ils voient où le minimum de formalisme légal qui consiste à signifier la décision d'expulsion aux occupants du lieu est respecté.

Les associations interpellent les pouvoirs publics pour le relogement des occupants. La moitié d'entre eux sont des demandeurs d'asile que l'État a déjà l'obligation d'héberger. Le dispositif régional d'hébergement des demandeurs d'asile affiche complet. Et quid des autres ?

 

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