La loi britannique ne prévoit pas de limite de durée à la rétention administrative. Le fait d'être dépourvu-e de titre de séjour peut ainsi conduire à l'enfermement, un enfermement dont un ne connaît pas la durée, jours, semaines, mois, années.
L'enfermement est un business. La plupart des centres de rétention au Royaume-Uni sont gérés par des compagnies privées, généralement des multinationales du domaine dit de la "sécurité".
En de multiples occasions, des comportements racistes de la part de membres du personnels de ces centres ont été dénoncés. Au centre de femmes de Yarl's Wood s'y ajoutent les comportement sexistes et le harcèlement sexuel.
Les femmes enfermées à Yarl's Wood ont une tradition de résistance et de luttes collectives. Cent vingt d'entre elles ont entamé le 21 février une grève de la faim.
Aujourd'hui un jeûne de soutien de vingt-quatre heures a lieu au Royaume-Uni. Plus de trois cent cinquante personnes avaient prévu d'y participer.
https://freedomfastyarlswood.com/
On peut lire ici les revendications des femmes de Yarl's Wood en anglais :
https://detainedvoices.com/2018/02/25/the-strikers-demands/
En voici une traduction en français :
"Après une grève de la faim initiale de 3 jours, pendant laquelle le ministère de l'intérieur a refusé de reconnaître la grève de la faim, il est clair qu'ils ne nous écoutent pas. Lundi 26/02/2018, nous cesserons de participer à la rétention, nous ne mangerons pas, n'utiliserons pas leurs installations et ne travaillerons pas pour eux.
Les détenues organisent donc une grève générale pour protester contre les pratiques immorales continues du ministère de l'intérieur. Nos revendications sont pour un système équitable et la fin de la politique de l'environnement hostile envers les personnes ayant des raisons légitimes de rester au Royaume-Uni.
Nous voulons la fin de la rétention sans limite de durée et le retour au projet initial d'une limite de 28 jours.
Nous voulons que le ministère de l'intérieur respecte l'article 8.
Nous voulons que le ministère de l'intérieur respecte la Convention Européenne des Droits de l'Homme concernant les réfugié-e-s et les demandeur-se-s d'asile.
Nous voulons que le ministère de l'Intérieur respecte la procédure officielle et cesse d'expulser les gens avant que leur cas ne soit tranché ou que des appels ne soient entendus.
Nous voulons des procédures régulières avant d'être emprisonnés pour des questions d'immigration.
Nous voulons un processus de mise en liberté sous caution équitable et que le ministère de l'Intérieur mette fin au processus de divulgation sélective des preuves aux tribunaux de l'immigration et au lieu de cela la divulgation de tous les éléments de preuve pour assurer un jugement équitable.
Nous voulons des soins de santé adéquats et en particulier que l'infirmière en santé mentale cesse de fonctionner comme une extension du ministère de l'Intérieur posant aux gens des questions telles que "Est-ce que vous saviez où vous alliez loger au Royaume-Uni lorsque vous êtes entrée ?"
Nous voulons que le ministère de l'intérieur cesse de détenir les personnes vulnérables, c'est-à-dire les victimes de viol, c'est une torture, de toutes les formes de torture, de la traite, du travail forcé, les handicapé-e-s, les malades mentaux-les, etc...
Nous voulons une amnistie pour toutes les personnes qui ont vécu au Royaume-Uni pendant plus de 10 ans et la fin du bannissement de celles qui sont venus en tant qu'enfants et qui sont culturellement britanniques.
Nous voulons que le ministère de l'Intérieur cesse d'employer des détenues pour faire du travail subalterne pour 1 livre par heure, il vient chercher les personnes vulnérables et les force à participer à leur propre détention.
Nous voulons la fin des vols charters et des gens arrachés de leur lit dans la nuit et emmenés comme des animaux.
Je veux souligner qu'il y a autant de demandes qu'il y a de détenues, tout le monde en détention est traité injustement et tout ce que nous voulons, c'est un processus équitable.
C'est la seule option qui nous reste pour exprimer ce que nous ressentons. Nous ne mangerons pas jusqu'à ce que nous soyons libres."