L'île de Lesbos, à une quinzaine de kilomètres des côtes turques, a connu dans les années 2000 le pire centre de rétention grec, dénoncé tant par les ONG que par les institutions internationales, Pagani. En 2009, à l'occasion d'un camp du mouvement No Border sur l'île, une lutte conjointe des exilé-e-s et des millitant-e-s, à l'extérieur comme à l'intérieur du centre, débouche sur sa fermeture.
Puis les chemins pris par les exilé-e-s ont changé, le passage de la Turquie vers la Grèce s'est fait essentiellement par la terre, là où le fleuve Evros marque la frontière. Puis les choses se sont à nouveau inversées.
En 2012, un centre d'accueil autogéré s'installe dans un centre vacances inutilisé. C'est PIKPA. Les autorités, elles, prévoient de construire un nouveau centre de rétention près du village de Moria. C'est le hotspot actuel.
La situation de PIKPA n'a jamais été facile, entre les pressions de la police, une tentative de l'agence Frontex d'établir un bureau dans l'enceinte du centre, les fluctuations de la municipalité qui avait cherché déjà à le fermer - mais aussi la tendance des autorités à utiliser PIKPA et à y envoyer des exilé-e-s qu'elles ne veulent pas prendre en charge.
C'est ainsi que dans un moment de fortes tensions à l'intérieur du hotspot de Moria, PIKPA est amené à accueillir un important groupe d'exilé-e-s kurdes, l'inspection sanitaire passe à ce moment-là, trouve des choses qui ne vont pas, et les autorités régionales décident de fermer PIKPA, tandis que des hôteliers du voisinage engagent des poursuites pour de prétendues nuisances.
Le communiqué de presse :
plus d'information sur PIKPA :
https://lesvossolidarity.org/en/
et la pétition de soutien :
https://secure.avaaz.org/en/petition/Mr_Galinos_Mayor_of_Mytilini_SAVE_LESVOS_SOLIDARITY_CAMP_PIKPA/