Pendant ce temps-là, la France continue à expulser vers le Soudan

Alors que le peuple soudanais a réussi à chasser du pouvoir Omar el-Béchir, dictateur génocidaire devenu l'allié des gouvernements européens dans la mise en oeuvre de leurs politiques anti-migratoires, et reste mobilisé pour qu'advienne un vrai changement de régime, la France n'a pas changé de politique et continue à expulser vers ce pays. Pétition et appel à soutien.

D'après le site Calais Migrant Solidarity, au moins trois personnes ont été expulsées vers le Soudan depuis le début de l'année. La famille et les amis sont toujours sans nouvelles de l'un d'eux. Les personnes expulsées sont généralement interrogées par les services de sécurité à leur arrivée, souvent enfermées, torturées, parfois disparaissent sans laisser de traces.

À l'inverse, deux personnes qui avaient déposé une demande d'asile en rétention on reçu, fait rare, une réponse positive, et ont échappé à l'expulsion.

Deux personnes restent enfermées au centre de rétention de Coquelles, à côté de Calais, et risquent l'expulsion vers le Soudan.

Un vol est prévu demain lundi 13 mai pour l'une d'entre elles, Salah.

 

Il est encore temps de signer la pétition de soutien :

https://www.change.org/p/aller-simple-pour-la-torture-ne-laissez-pas-la-france-expulser-salah-au-soudan

 

Vous pouvez interpeller les autorités françaises :

Faire pression sur le gouvernement
sec.immigration@interieur.gouv.fr, 01 49 27 49 27
premier-ministre@pm.gouv.fr

Interpeller par mail Fabien Sudry, le préfet du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF pour le Soudan, ainsi que sa décision d’expulser monsieur Salah , ou encore

Par téléphone : (+33) (0) 3.21.21.20.00

Par fax : (+33) (0)3.21.55.30.30

Via le formulaire de contact de la préfecture.

D’autres contacts utiles :

Ministre de l’Interieur Christophe Castaner

c.castaner@senat.fr

c.castaner@interieur.gouv.fr

Ou via ce formulaire.

 

Voici un exemple de message que vous pouvez reprendre et adapter :

"Monsieur le Préfet,

Je vous alerte concernant le risque d’expulsion de M. Salah, ressortissant soudanais enfermé au centre de rétention de Coquelles.
Le risque d’expulsion vers le Soudan est imminent, celle-ci étant prévue pour le 13 avril.
S’il est expulsé vers ce pays, il y risque la détention arbitraire, des traitements inhumains et dégradants, la torture ou une exécution extrajudiciaire.

Deux arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, datés du 15 janvier 2015 – A.A. c. France (n o 18039/11), A.F. c. France (n o 80086/13) – ont jugé que l’éloignement des requérants soudanais emporte violation de l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, eu égard aux risques avérés de traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi au Soudan. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que les mesures d’éloignement prises à l’encontre des requérants soudanais étaient contraires à cet article.

Je souhaite également attirer votre attention quant à la détérioration actuelle de la situation sécuritaire au Soudan, telle que documentée par les rapports et articles d’Amnesty International et Human Rights Watch les mois derniers. En effet, ces instances mettent en avant les violations des droits de l’homme commises dans le cadre de la violente répression contre la population et les manifestants depuis décembre 2018. Cette répression a fait une soixantaine de morts, plus d’un millier d’arrestations et environ 2000 blessés. Les enlèvements et la torture sont pratiqués à grande échelle par les Services de Sécurité (NISS). Les soudanais expulsés sont interceptés et interrogés par les Services de Sécurité à leur arrivée au Soudan ; de nombreux témoignages confirment que, pour plusieurs ressortissants expulsés, leurs proches sont sans nouvelles d’eux depuis leur expulsion. Ils sont arrêtés, disparaissent, et à ce jour ont possiblement été tués. Omar Al-Bachir est toujours recherché pour crimes pour l’humanité, génocide et crimes de guerre, condamné par la Cour Pénale Internationale.

M. Salah. s’est exprimé sur ses craintes en cas de retour, et son état physique et psychologique est extrêmement fragile. La mise en rétention l’a beaucoup affaibli et son état actuel le met en grand danger en cas d’expulsion.

Dans ces conditions et pour toutes ces raisons, l’expulsion vers le Soudan constitue une atteinte grave à la vie de cette personne. Le danger en cas d’expulsion est avéré.

Je vous demande de bien vouloir prendre en compte ces craintes, ainsi que les risques avérés d’emprisonnement, de torture et d’exactions sur les ressortissants soudanais en cas de retour.

Je vous demande donc de procéder à l’annulation de la décision d’expulsion et à la libération de monsieur Salah.
Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’expression de mes salutations citoyennes."

 

 

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