15 novembre: rassemblement en soutien aux exilé-e-s de Haute-Saône

Dublin III ou le flipper européen, le règlement européen qui permet de renvoyer des demandeur-se-s d'asile vers des pays qui ne respectent pas leurs droits (Bulgarie, Grèce, Hongrie, Italie...) ou qui les expulseront plus facilement vers leur pays d'origine (Italie, Norvège...) Des demandeur-se-s d'asile en Haute-Saône s'opposent à leur expulsion et appellent à un rassemblement.

Le règlement européen Dublin III sert à déterminer le pays et le seul où une personne est autorisée à demander l'asile, et définit les procédures lorsqu'une personne demande l'asile dans un autre pays permettant son expulsion vers le pays responsable. Dans les faits, il s'agit le plus souvent du pays d'entrée dans l'Union européenne, la plupart d'entre eux ne respectant pas les droits des réfugié-e-s ou ne leur offrant pas de conditions dignes d'accueil.

Jusqu'à l'année dernière, les autorités françaises ne faisaient pas trop de zèle pour expulser les demandeur-se-s d'asile en procédure Dublin. Elles se contentaient de les laisser à la rue, espérant ainsi que les personnes continueraient leur route vers un autre pays en quête d'une meilleure hospitalité. Toutefois, six mois après la décision de retour vers pays responsable, les autorités françaises deviennent responsables de la demande d'asile. Certaines préfectures géraient le "problème" par des refus de guichet, un placement arbitraire en procédure accélérée (offrant moins de garanties) ou un allongement du délais (qui passe à 18 mois si la personne est considérée comme "en fuite"). De toute façon une grande partie des demandeur-se-s d'asile passaient tout ou partie de la procédure à la rue.

Les choses ont changé avec la politique de dispersions des exilé-e-s des campements et bidonvilles du Calaisis et de la région parisienne, et des camps de réfugié-e-s de Grande-Synthe et de Paris, pour les héberger dans les Centres d'Accueil et d'Orientation. Si promesse avait été faite que les demandeur-se-s d'asile venant du bidonville de Calais ne seraient pas expulsé-e-s dans le cadre de la procédure Dublin (promesse respectée de manière variable selon les préfectures), cela n'a pas été le cas pour les autres. Les expulsions se sont multipliées dans le courant de 2016, et le mouvement s'est amplifié depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Un dispositif spécial d'hébergement a été créé, le PRAHDA, prévoyant l'assignation à résidence des demandeur-se-s d'asile au sein des centres nouvellement créés, et donnant pour mission à ceux-ci de préparer les expulsions.

Les mouvements collectifs de demandeur-se-s d'asile en procédure Dublin se sont donc multipliés pour s'opposer à l'expulsion et demander que les autorités françaises examinent leur demande d'asile (possibilité qui est prévue par le règlement Dublin III).

C'est dans ce contexte que des demandeur-se-s d'asile de Haute-Saône et leurs soutiens appellent à un rassemblement le 15 novembre devant la préfecture à Vesoul.

Voici le texte de l'appel, que vous pouvez télécharger ici (pdf, 396.9 kB)

 

" Chers amis,

Le sort réservé à des milliers d’exilés qui se sont réfugiés en France nous indigne profondément.

 

Une cinquantaine de jeunes migrants de Haute-Saône souhaitent faire entendre leurs voix : ils sont sous le coup d’une procédure « DUBLIN », terrorisés en raison de l’incertitude quant à leur sort et angoissés à l’idée d’être rejetés vers ce qu’ils ont dû fuir. Leur situation est dramatique : d’ici un mois, la majorité d’entre eux sera expulsée vers le pays dans lequel ils ont dû laisser leurs empreintes, pour beaucoup l’Italie.

 

Après plusieurs années d’errance, de souffrances et de violences, ils ont échoué en Italie, laissés à l’abandon dans des conditions de vie inhumaines, tant sur le plan physique que psychologique. Le règlement Dublin III permet le renvoi vers des pays où ne sont respectés ni le droit d'asile ni les autres droits humains. Malheureusement, l’Italie fait actuellement partie de ces pays :

  • Atteintes aux droits de l'Homme : Amnesty a fait état de traitements dégradants voire de torture à l'égard des réfugiés.
  • Accès à l'asile : L'Italie étant l'un des principaux points d'entrée en Europe, son système d'asile est surchargé et il est très difficile d'y obtenir une protection.

Le Collectif d’Aide et de Défense des Migrants (CADM-70) a décidé de les accompagner dans leurs actions et de demander avec eux le droit de déposer une demande d’asile en France.

 

Nous appelons toutes les personnes, associations et collectifs qui luttent en faveur du respect des droits humains fondamentaux à s'unir pour l’arrêt et l’annulation de toutes les mesures d’expulsion au prétexte des accords de Dublin.

 

Un rassemblement citoyen est prévu le 15 novembre à 15h devant la Préfecture de Vesoul, votre présence à leurs côtés sera une aide précieuse ; ensemble et solidaires, soyons nombreux pour les soutenir !

 

Merci de faire circuler l’information. Une pétition sera diffusée à partir de mercredi. "

 

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