Quand les gilets noirs occupent un terminal de Roissy

Ce dimanche 19 mai, les gilets noirs, plusieurs centaines de sans-papiers, ont occupé le terminal 2 de l'aéroport de Roissy. Une manière de parler des frontières, de dénoncer les expulsions et d'exiger la régularisation.

Un aéroport, c'est comme un rond-point, en plus compliqué. Pas seulement parce que s'y croisent avions, routes et autoroutes, trains régionaux et TGV. Mais surtout parce qu'en fonction des papiers que vous avez ou pas l'usage en est radicalement différent.

Si vous avez certains papiers, aéroport signifie tourisme, voyage d'affaires, mobilité.

En passant, vous détruisez la planète.

Si vous n'avez pas ces papiers, à l'entrée il y a la zone d'attente, où vous serez "maintenu-e" en attendant de savoir si on vous renvoie ou si on vous laisse entrer. Côté sortie il y a à côté de l'aéroport un centre de rétention administrative où vous pouvez être "rentenu-e" en vue de votre expulsion - ou pour vous punir d'être là, puisque les préfectures enferment en rétention des personnes qu'elles ne pourront pas expulser. Comme au flipper, un levier pour bloquer la boule, l'autre pour l'envoyer au loin.

Ainsi un aéroport nous dit que toutes les personnes ne sont pas égales face à la frontière.

Pour certaines, la frontière se continue sur le territoire, droit au séjour ou pas droit au séjour, et les droits qui vont avec. Le droit au séjour, on l'acquiert, parfois, difficilement - on le perd aussi d'un chagement de situation, d'un changement législatif (il y en a souvent), ou parfois parce qu'on n'arrive pas à accéder au guichet de la préfecture.

Après la Cité de l'immigration puis la Comédie française, les gilets noirs ont donc occupé ce dimanche le terminal 2 de l'aéroport international de Roissy.

 

Vous pouvez suivre l'action sur la page facebook du collectif La Chapelle Debout :

https://www.facebook.com/CollectifLaChapelleDebout/

Et voici le texte du communiqué de l'action :

 

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