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Billet de blog 21 juin 2013

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CALAIS – MUSÉE

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est une réflexion qui part de chiffres, d'estimation, de « flux » pour reprendre un terme de la novlangue. Il est question d'exilés qui essayent de passer la frontière pour aller au Royaume-uni.

Si à l'époque du centre de Sangatte (1999 – 2002), plutôt sur le fin de cette période, autour de 1000 personne dans ce centre, et deux à trois semaines en moyenne pour passer en Angleterre d'après les témoignages de l'époque. En « flux », ça représente entre 17 000 et 26 000 personnes par an. Ce n'est pas biblique, mais c'est une contribution significative à l'immigration sur le sol britannique.

Aujourd'hui, en 2013, on estime qu'il y a environ 600 exilés en partance vers le Royaume-uni dans les squats et campements du Nord – Pas-de-Calais, qui mettent en moyenne 2 à 3 mois pour passer la frontière, on arrive à un « flux » de 2400 à 3600 personnes par an, ce qui est complétement anecdotique.

Les « jungles » de Calais et du littoral, et le modus operandi qui leur est lié (monter dans des camions qui vont passer la manche sur des ferries ou sur les navettes qui empruntent le tunnel) sont devenues un moyen marginal de franchir la frontière. Les exilés empruntent d'autres voies, plus coûteuses et nécessitant plus d'organisation, plus dépendantes donc des réseaux de passeurs (les « filières » de la novlangue).

Pourtant, le déploiement et le harcèlement policier continuent à Calais et dans la région, accompagnés de violations des droits et d'expulsions de squats et de campements, le tout à grands frais, alors que les enjeux en terme de passage de la frontière sont ailleurs.

Par rapport à d'autres formes plus cachées, les « jungles » sont visibles. Comme les files d'attente devant les préfectures et les demandeurs d'asile à la rue, les « jungles » sont utilisées dans la propagande gouvernementale comme un signifiant visible de « l'invasion » de la « misère du monde ». Par rapport auquel le gouvernement se met en scène en protecteur de l'intégrité de l'Occident, à coup de refus, d'expulsions et de répression policière.

Arrivées à l'état de reliquats, à une existence quasi muséale, les « Jungles » de Calais et du littoral jouent encore les utilités sur le théâtre où se met en scène l'action gouvernementale.

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