COVID : et si on imposait un passeport vaccinal aux États ?

Réouverture des frontières et saison touristique obligent, on semble aller vers un passeport vaccinal obligatoire pour que les personnes puissent voyager. Pour limiter la circulation du virus, peut-être, pour rassurer, sans doute. Et si on renversait la logique, et si on imposait aux États des obligations de santé publique pour s’ouvrir au tourisme ?

Pour obtenir le passeport, dit "vaccinal" en première approximation, il faudrait soit :

- avoir été vacciné-e, donc être protégé-e contre le virus (à voir selon les vaccins et les variants), mais pas nécessairement non contagieux-se pour les autres (tant qu'il n'est pas établi qu'étant vacciné-e on ne peut pas héberger et transmettre le virus);

- avoir déjà été infecté-e par le virus, donc être immunisé-e, avec une incertitude quant à la durée de cette immunité;

- avoir été testé-e négatif-ve peu avant le départ, et n'être donc pas contagieux-se pour les autres - sous réserve de ne pas être infecté-e entre le moment du test et l'arrivée dans le pays visité.

C'est une logique qui mêle deux approches, être soi-même immunisé-e / ne pas être contagieux-se pour les autres. Elle n'offre pas non plus de garantie infaillible de protection dans un sens ou dans l'autre. Mais pragmatiquement elle limite la propagation du virus par la voie touristique.

Elle repose sur le postulat que la propagation du virus est une affaire individuelle, et sur celui, un tant soit peu xénophobe, selon lequel le danger vient des personnes arrivant d'outre-frontières, de "l'étranger".

Voyons ce qui se passerait si on renversait la logique, si on imposait aux États, pour être autorisés à accueillir des touristes, de maîtriser la circulation du virus :

- les États voulant accueillir des touristes seraient incités à mettre en place des politiques de santé publique permettant de maîtriser la circulation du virus, ce qui bénéficierait en premier lieu à leur population;

- les touristes courraient moins de risque d'être infecté-e-s pendant leur séjour;

- les pays d'origine des touristes seraient mieux protégés contre une éventuelle propagation du virus liée au retour des touristes de pays où le virus et ses variants circule de manière importante.

On serait dans une logique vertueuse incitant à des politiques publiques bénéficiant à la fois à la population du pays, aux hôtes de passage et à la population de leur pays d'origine.

Le problème étant bien entendu celui du "on", de l'institution capable d'imposer cette logique aux États.

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