Expulser au Soudan, une vocation française

Alors que l'Union européenne a suspendu ses programmes de contrôle migratoire au Soudan, la France continue de vouloir y expulser. Aujourd'hui à la manœuvre, la préfecture d'Indre-et-Loire. Appel à soutien.

C'est fin juillet que la Deutsche Welle obtient confirmation que l'Union européenne a suspendu ses programmes de contrôle migratoire au Soudan, le soutien aux gardes-frontières et à la police, coordonné par l'Allemagne, dès mars, et le centre de renseignement (ROCK : Regional Operation Center in Khartoum) mené par la France, en juin, après la répression sanglante du 3 juin et des jours suivants.

https://www.dw.com/en/eu-suspends-migration-control-projects-in-sudan-amid-repression-fears/a-49701408?maca=en-Twitter-sharing

Si l’Union européenne a suspendu sa coopération avec le Soudan en matière migratoire, ce n’est pas le cas de la France, qui continue sa politique d’expulsion vers ce pays et donc la coopération avec les autorités soudanaises que cela suppose. Un ressortissant soudanais enfermé au centre de rétention de Rennes devait être expulsé le 22 juillet sur décision de la préfecture d’Indre-et-Loire. Il a refusé d’embarquer. Ramené au centre de rétention, il peut être expulsé à tout moment.

https://larotative.info/la-prefete-d-indre-et-loire-tente-3377.html

Voir aussi sur le fil twitter de la Cimade :

https://twitter.com/lacimade

 

Un appel à soutien a été lancé :

 

« POUR SOUTENIR R. ENVOYEZ UN MAIL A LA PRÉFETE

Recopiez ce courriel et adressez-le à :

prefecture@indre-et-loire.gouv.fr

 

Madame la Préfète d’Indre et Loire,

Je vous écris pour vous demander d’interrompre les procédures d’éloignement d’un homme vers le Soudan actuellement au centre de rétention de Rennes. Il a déjà refusé d’embarquer dans l’avion.

Vous vous apprêtez à renvoyer R. vers le Soudan où sa vie est gravement menacée.

Le Soudan ne peut aujourd’hui être regardé comme un pays sûr vu l’instabilité politique actuelle et la violente répression qui a fait de nombreux morts ces derniers mois.

En vertu du principe de non-refoulement, garanti par l’article 33 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, par l’article 3 de la Convention contre la torture et par l’article 19.2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la France ne peut procéder au renvoi d’une personne vers un pays où sa vie sera en danger.

Compte tenu de ces risques importants, je vous demande donc d’annuler l’ordre de quitter le territoire français de R. et de le libérer.

Je vous prie d’agréer, Madame la Préfète, l’expression de mes salutations distinguées.

 

Vous pouvez envoyer cette communication par mail à cette adresse :

prefecture@indre-et-loire.gouv.fr  »

 

 

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