« On se promenait dans les champs un dimanche après-midi. Le long d'un bois on a vu bouger dans un bosquet. On a regardé, et là on a vu des gens qui vivaient sous des bâches en plastique. »
C'est souvent comme ça, dans toute la région, sur le littoral et près des aires d'autoroute, que tout à commencé.
À l'heure où les discours sur les droits de l'homme ne paraissent plus mobiliser, quand l'inacceptable fait irruption dans le quotidien, les citoyens se bougent, des petits gestes à l'engagement quotidien et dans la durée.
On peut comparer ce qui se fait ici autour des migrants à l'engagement du Réseau Éducation Sans Frontières : devant la chaise vide d'un enfant qui risque d'être expulsé avec sa famille, ou lorsque la police vient chercher des enfants à l'école même pour s'en servir d'appât, coffrer toute la famille et l'expulser, enseignants et parents d'élèves se mobilisent pour empêcher l'inacceptable.
On oublie parfois ce que représente cet engagement par rapport à des personnes qui se retrouvent dans le plus complet dévouement, simplement parce qu'elles sont sans-papiers – ou parce que les institutions françaises refusent de remplir leur obligations quand il s'agit de mineurs ou de demandeurs d'asile.
À l'heure où les commentaires sur les résultats électoraux vont bon train, il faut aussi rappeler que cette solidarité ne s'est pas démentie depuis vingt ans.
La Marmite aux Idées.