Imaginons.
Imaginons que les migrants arrêtent de venir à Calais.
Il y aurait toujours autant d'entreprises qui ferment, toujours autant de chômage. Mais on ne pourrait plus se servir des migrants pour détourner l'attention.
Imaginons qu'au lieu de laisser les exilés à la rue et de les faire harceler par la police, ils soient hébergés décemment, pas dans un hangar comme à Sangatte mais dans des petits centres à taille humaine, où ils puissent accéder à leurs droits et réfléchir à leur avenir.
Imaginons qu'au lieu de payer des policiers à courir après les migrants, on embauche des agents de développement chargés d'aider les projets économiques sur le territoire, pour créer des emplois. Qu'au lieu de détruire des squats et de dépenser des millions pour rendre la frontière soit-disant imperméable, on consacre cet argent à des projets utiles pour les Calaisiens.
Imaginons qu'au lieu d'être dans tous les médias la capitale de la chasse aux migrants, Calais donne l'image d'une ville dynamique, créative, où il fasse bon vivre. Et qu'on s'en donne les moyens.
Imaginons.
Imaginons que maintenant on change de politique : avis aux candidats.
La Marmite aux Idées.