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Billet de blog 3 avr. 2020

Et si le monde pouvait être différent ?

Rêver le monde de demain. Imaginer un monde fondamentalement et profondément différent. Voir l'Humanité faire face à ses défis, mais aussi capable de préserver tout autant l'évolution de tous aspects dont elle a besoin, le sens profond de l'humanité qui la définit et qui sache tenir compte autant des enjeux de façon globalisés que des attentes, des espoirs et des besoins de chaque individu.

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Je rêve depuis longtemps d'un monde différent. Un monde dans lequel les valeurs seraient différentes, où les décisions et les actions ne seraient pas tant dictées par les enjeux tant micro que macro économiques que par le besoin profond d'unité, de connexion et de progrès qu'ont besoin les être humains. Je rêve d'un monde où la science serait au service de l'humanité avant tout, où les besoins fondamentaux ne feraient l'objet d'aucune marchandisation, où l'on serait capable d'intégrer au niveau mondial la gestion des enjeux planétaires (production, recherche, climat, etc) tout en respectant les communautés et les individus dans leur intégrité, sans condition aucune.

Mes rêves m'ont conduit à accoucher d'un fantasme, celui d'une Constitution Universelle de l'Humanité. C'est ce que je vous livre aujourd'hui.

  • Attendu que malgré la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de nombreux manquements ont régulièrement été constatés, y compris même par les pays signataires

  • Attendu que les crises successives du début du XXIème siècle, qu’elles soient sanitaires, géopolitiques, religieuses ou économiques ont régulièrement montré les limites des institutions nationales ou supranationales

  • Attendu que ces mêmes institutions, dans leur réactivité, leur efficacité, ou parfois même dans leur honnêteté, en période de crise ou non, ont failli à leur devoir premier, à savoir veiller au bien-être et au développement de l’humanité, pour tout ou partie, à savoir sa culture, son savoir, son bien-être, et plus généralement à la cause de l’être humain

  • Attendu que les systèmes économiques, qu’ils soient macro ou micro économiques, et les industries afférentes, tels que construits en ce début du XXIème siècle ont montré leurs limites, particulièrement en cas de crise, quelle que soit sa nature, à satisfaire de façon universelle, tant à l’échelle de l’individu que de l’échelle de l’humanité toute entière, les besoins universels que sont le besoin de nourriture, d’eau et d’air sains, ainsi que de logement, d’énergie, d’hygiène, d’éducation, de soins de façon équitable et universelle, sans distinction d’origine, de situation sociale, de religion

  • Attendu que ces mêmes systèmes ont été eux mêmes régulièrement la cause de crises avec les conséquences sur les besoins universels cités ci-avant

  • Attendu qu’en ce début de XXIème siècle, face aux crises en cours ou à venir, l’humanité ne saurait survivre et évoluer sans s’affranchir des systèmes et des institutions qui se sont montrés défaillants, fragiles ou incapables de satisfaire aux besoins universels tels que décrits ci-avant pour s’organiser autour de systèmes robustes, raisonnés et résolument tournés vers son évolution et son développement

Est constituée en ce jour la Constitution Universelle de l’Humanité dont l’objectif premier est d’organiser à l’échelle mondiale un système unique dont le but premier et absolu est d’assurer la mobilisation totale des ressources, qu’elles soient matérielles ou intellectuelles, à l’échelle planétaire, de façon raisonnée et raisonnable pour le développement de l’Humanité, dans le respect des individualités, fussent-elles de personnes, de cultures, d’identités, géographiques ou religieuses

Article premier.

Chaque être humain est par la présente déclaré citoyen Humain.

Article 2

La Déclaration des Droits de l’Homme est consacrée dans son entièreté et devient la Déclaration des Droits de l’Être Humain.

Article 3

L’utilisation des ressources mondiales, fussent-elles matérielles ou intellectuelles ne sauraient être raisonnablement organisées à l’échelle locale. En conséquence, l’Humanité se voit dotée d’un gouvernement planétaire constitué de représentants élus par zones géographiques ou Régions auparavant considérées comme nations. Ce gouvernement aura pour mission de veiller au bon déroulement du développement de l’Humanité. Ce sera sa seule et unique mission et constituera sa seule et unique activité.

Article 4

Le rôle premier des représentants est d’intégrer au mieux les atouts et les contraintes de sa zone géographique à la gouvernance globale, à la fois dans le respect des individus et des communautés de sa zone géographique, et à la fois en réponse aux besoins d’organisation globale des ressources mondiales. Ce sera leur seule et unique mission et activité pour la durée de leur mandat.

Article 5

Le nombre de représentants est égal au nombre de zones géographiques anciennement appelées nations. Chaque représentant est élu par la communauté de sa zone géographique pour une durée de 4 ans.

Article 6

Chaque représentant engage sa responsabilité lors de ses prises de parole publiques. Il est tenu de respecter ses engagements, fussent-ils oraux ou écrits et pourra être pénalement poursuivi en cas de non respect de ses engagements, sauf cas de force majeure ayant pour objet le développement et la survie de l’Humanité.

Article 7

Le gouvernement planétaire se voit attribué les « chambres professorales de conseil ». Autant de chambres professorales de conseil que nécessaires seront constituées afin de conseiller et d’apporter les éclairages nécessaires pour planifier l’organisation mondiale des ressources. Par défaut, elles sont au nombre de 8 : agriculture et alimentation ; gestion de l’eau ; climat ; sciences et recherches ; productions; enseignement, culture et formation ; justice, forces armées et d’ordre ; logements, espaces de vie et espaces sauvages.

Article 8

Les chambres professorales de conseil seront constituées d’éminents spécialistes et experts, chacun réputé dans son domaine et sa spécialisation pour la qualité de son travail, de ses idées et de son engagement désintéressé.

Article 9

En cas de nécessité d’arbitrage, une Assemblée Extraordinaire des Chambres Professorales de Conseil aura lieu quand nulle organisation ou décision ne trouve consensus et intégration globale adéquate aux objectifs confiés au Gouvernement Planétaire.

Article 10

Nourriture de base, eau, air, logement de base, soins ne sauraient plus être considérés comme des marchandises et deviennent un droit absolu et incontestable, sans aucune forme de condition ou de rétribution, et ce, dans le respect de la dignité et de la liberté de chacun, en quantité et en qualité suffisantes. Seuls la nourriture et le logement hors des besoins de base restent considérés comme des marchandises.

Article 11

La destruction et la dégradation de nourriture, d’eau, d’air et d’espaces sauvages deviennent pénalement répréhensibles hors consensus global eu égard aux besoins universels et à la survie de l’Humanité (tels que denrée ou eau contaminées, aménagement obligatoire d’espace, etc.)

Article 12

La préservation de l’environnement en tant qu’environnement viable pour l’Humanité est déclarée comme priorité absolue dans l’organisation raisonnée des ressources globales.

Article 13
Les sciences et la recherche sont considérées comme une ressource intellectuelle de premier plan pour le développement de l’Humanité et ne sauraient être l’apanage d’industries privées ou biaisées par l’appât du gain. Le Gouvernement Planétaire a préséance, droit de regard, et droit de réquisition dès lors qu’une industrie privée ferait une découverte d’importance stratégique pour le développement de l’Humanité. Les sciences et la recherche sont mobilisées avec toute l’énergie nécessaire pour apporter l’innovation, le soutien et le développement que l’Humanité est en droit d’attendre, quels que soient les domaines concernés.

Article 14

Les monnaies auparavant locales, régionales ou nationales sont toutes considérées comme nulles et remplacées par le Crédit Planétaire. La valeur du crédit planétaire sera indexée de façon à satisfaire au mieux les besoins du développement de l’Humanité.

Article 15

Les industries privées, quelles que soient leur nature, ne peuvent se substituer aux champs d’intervention et de gestion du Gouvernement Planétaire. Ce dernier a préséance sur ces dernières et droit de regard sur leurs activités. Elles restent toutefois libres de se transformer, de s’adapter ou de se développer dans les champs d’application non couverts par la présente constitution (loisirs, mode, etc.)

Article 16

La valeur du travail ne saurait se compter uniquement en rétribution matérielle mais surtout par la satisfaction de participer à l’évolution globale de l’Humanité et à la réalisation personnelle, quelle que soit la nature de la fonction exercée. Tout travail sera considéré en tant que tel dès lors qu’il participe d’une façon ou d’une autre au quotidien des individus, des communautés ou de l’Humanité dans sa globalité. Tout travail ainsi défini, quelle que soit sa nature , sera considéré avec respect et dignité, sans distinction des fonctions exercées. La rémunération actuelle de chacun se verra amputée d’une valeur équivalente aux besoins satisfaits par le fonctionnement du Gouvernement Planétaire. La conversion des monnaies en crédit sera assortie d’une réévaluation de la valeur réelle du travail de chacun et de sa participation à l’échelle locale, régionale ou mondiale. Tout citoyen humain sans travail bénéficiera des mêmes droits d’accès en qualité et en quantité aux éléments cités à l’article 10.

Article 17

Le domaine de la finance, n’ayant plus de rôle dans l’organisation et le fonctionnement ici présentés, sera démantelé.

Article 18

Les domaines afférents au respect des droits essentiels du Citoyen Humain, tels que la justice ou l’information, seront assurés par des structures indépendantes. Des organismes de contrôles indépendants seront constitués afin de veiller au bon fonctionnement de ces structures.

Article 19

Nul ne saurait être au dessus des lois, fut-il puissant ou non, riche ou non, célèbre ou non, sans délai et sans exception.

Article 20

La justice ne saurait être rendue en des délais rendant l’application des décisions injustes par essence au regard des préjudices subis par les victimes, dans le respect et la diligence que nécessitent la mise en lumière de la vérité.

Article 21

Les forces armées et d’ordre seront placées sous tutelle d’une structure mixte étant à la fois pour partie de la nouvelle structure de justice et à la fois pour partie dans le gouvernement planétaire, à parts strictement égales.

Article 22

Toute décision globale d’une structure ou d’une autre ne trouvant pas majorité absolue à l’issue des débats et des discussions autour des projets d’organisation, de fonctionnement ou de lois sera tranchée par référendum planétaire.

Article 23

Il ne sera pas défini de langue de référence ou préférentielle pour la gouvernance planétaire. L’objet de son fonctionnement étant également de tenir compte des spécificités des régions, y compris leur culture, nulle langue ne saurait en supplanter une autre, de quelque façon que ce soit. A la place, des recherches en technologies, logistique et informatique prioritaires auront pour objet de développer et de mettre à disposition de chaque être humain un équipement dont la fonction sera de traduire en temps réel et de la façon la plus naturelle possible toute langue vivante ou langue locale. Cet effort sera constant et continu de façon à maintenir la traduction en temps réel à jour des évolutions des différentes langues prises en compte par le système.

Article 24

L’application de cette Constitution ne saurait de quelconque façon porter atteinte à l’individu, à ses droits et à sa liberté au nom des besoins globaux de l’Humanité sans apporter une contrepartie équitable et juste, satisfaisant à la fois l’individu et la communauté humaine.

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