Pierre-Adrien MARCISET
Professeur certifié de français, Doctorant, Étudiant en Théologie, Romancier, Essayiste.
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Billet de blog 9 janv. 2015

Je ne suis pas Charlie.

Pierre-Adrien MARCISET
Professeur certifié de français, Doctorant, Étudiant en Théologie, Romancier, Essayiste.
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une flêche tirée vers l'immensité de mes contemporains, comme un appel à la liberté : Libérez-vous.

On se figure que la quête perpétuelle de l'intelligence est réjouissante parce qu'elle nous emmène, comme Jonathan Livingston le Goéland, vers de nouveaux cieux peuplés d'êtres de lumière. En fait non. Elle condamne à la solitude et à l'effroi de constater comme le monde est bête, et pauvre, aisément manipulable et grossier. L'intelligence ne pourra jamais rien contre la bêtise. On se prétend intelligents parce que c'est un titre qui nous flatte, mais au fond nous sommes tous très bêtes.

Je n'ai pas peur des fous mais je suis terrifié par la bêtise.

Pourquoi les foules sont-elles si promptes à fusionner dans le pathétique et le deuil ? Si enthousiaste et si fébriles de se jeter dans la superstition et le fantasme ; se trouvant enfin un sens transcendantal valable et même au prix de l’horreur ; foule aveugle qui se précipite dans une vallée dont des décennies de prêches extrémistes n’aurait pas convaincu de l'intérêt, attachée par le sentiment d'appartenir à quelque chose de grand : un peuple — un troupeau. Et heureuse avec ça ! Aujourd'hui dans le deuil, demain dans la vengeance ou l'ardent besoin de se protéger. Que faire ? Que dire quand elle appelle un consolateur alors qu'il lui faudrait un médecin qui lui dise en face et franchement : « Votre égo a besoin d'un sérieux régime, et cela va passer par la remise en question, ma petite dame ! » En un monde où les médecins font l'aumône d'existence et d'argent, aucun ne dira jamais ça. Comment réagir quand pas une voix ne peut nous satisfaire ? Je ne suis satisfait par aucune voix ; ils fondent leur réaction sur le détail et non sur la vue d'ensemble. Et je ne m’étends pas sur les littérateurs ravis de faire entendre les avis qu’ils n’ont pas, sous prétexte qu’il est de bon ton de participer au débat — qui, au reste, n’en est certainement pas un puisque toutes les voix suivent le même étendard. Absence de regard critique, on prend tout de plein fouet et on densifie l’exaltation pour désagréger un peu plus la raison, afin qu’elle nous foute enfin la paix et qu’on puisse se jeter à fond dans la fièvre.

Voilà pourquoi je m’étais promis de me taire. 

M’exprimer, oui, je l'avais envisagé, mais dans la douleur de cette deuxième nuit et dans la solitude de mes carnets ; et tenter d'y apaiser le malaise qui relance mon insomnie ; cette véritable nausée. Toutefois j’ai trop reproché à l’Université de s’être tenue hors des débats philosophiques qu’il y aurait eu à mener depuis vingt ans, pour me taire à mon tour lorsque la puissance, l’humanisme et la nécessité l’exigent. Je souhaite que ces quelques lignes retentissent loin dans le coeur de celles et ceux qui ont encore foi en l’Humanité, et les inspirent à lever le poing, en silence, pour dire que :

« Non, je ne suis pas Charlie. »

Je ne suis pas Charlie parce si l’on peut rire de tout, il nous est interdit d’en rire avec n’importe qui. Rire d’une caricature du prophète eut été hardi dans la mesure où le prophète fût une instance dangereuse, symbole d’une force qui nous eût menacés. Cela n'a jamais été le cas. Au reste, et comme un enfant expérimente le comique de répétition en épuisant ses parents, le faire une fois peut passer pour indélicat, grossier et puéril, et flirter avec la dictature du ludisme propre à ces éternels adolescents post soixante-huitards, et les parents attendris souriront. Oui, cette génération qui a refusé de grandir, de passer à l’âge éthique jusqu’à quarante ans, et qui refusent aujourd’hui l’âge religieux jusqu’à ses soixante, voire ses soixante-dix ans. Cette génération coupable d’avoir cherché l’insouciance à n’importe quel prix, qui s’est laissée glisser dans une société qui les encourage au narcissisme et à l’égoïsme. Comment imaginer lorsqu’on n’a jamais connu que la croissance, la civilisation et l’essor de la culture, que certaines blessures symboliques sont sérieuses et peuvent nuire à notre essence d'Homme ?

Pourquoi rire d’une religion devenue paillasson ? Trouvez-vous Éric Zemmour drôle ? Moi pas. Et c’est un pléonasme. Je suis sidéré qu’on permette à tel petit tas d’ordure d’avoir une voix si forte et si présente. Je suppose qu’il occupe et divertit, mais je connais quelques bons penseurs et intellectuels, au moins aussi endurants et entre trente et quarante-mille fois plus drôles et intéressants. Disons que eux, au moins, ont des choses à dire au service d’un fond, et n'adaptent par leur conviction à ce qu'il est porteur de dire. Les méduses ectoplasmiques, hélas, ont toujours emporté la célébrité des mass-médias : pour cause dépourvue de substance elles s'adaptent avantageusement à tout contenant. Or ses bêtises, rédigées à la va-vite, sans audace ni style, sans même la préoccupation de la moindre documentation : est-ce drôle ? Oui, en ne les prenant pas exactement au sérieux, à la rigueur. Pourtant son livre est un best-seller, toute chose égale par ailleurs, et sa diffusion participe du contexte dans lequel a eu lieu l’attentat contre Charlie Hebdo. Qu’on ne m’accuse pas de ce que je n’ai pas encore avancé : Éric Zemmour n’est qu’un bouffon, au sens le plus médiéval du terme, il fait rire les puissants pour recevoir trois kopecks, un chewing-gum et deux micros. Eux, ça les fait rire — qui sont-ils ? peu importe, peut-être même ne sont-ils que fantasmatiques et s’incarnent-ils dans la bêtise du bon peuple.

À toute période de perte d’identité individuelle il a bien fallu trouver un bouc-émissaire. Non pas que les pouvoirs jettent en pâture une quelconque catégorie de personnes mais que quelqu’un va, à un moment donné, faire une bêtise. Quelqu’un, un vous, un moi, va mettre le feu au poudre par une action stupide de raz-le-bol. Et ce quelqu’un a davantage de risque d’être issu de ceux qui souffrent principalement de la situation que toute personne qui serait au chaud chez elle, à siroter son coca-cola et envisager ses perspectives d’avenir pour rêvasser sur la plus propice. Or ce quelqu’un, brisé jusque dans sa capacité au rêve, n’est qu’un fou, rendu fou par le monde qui l’étouffe, le torture, lui vend du fantasme et du vent sans qu’il ne puisse espérer qu’un jour il sache ne serait-ce que les effleurer. Rendez les gens simplement heureux et la guerre disparaîtra, la jalousie s’estompera, et les armes automatiques s’oublieront — enviable, non ? Non : l’avidité fait qu’un certain voudra six fois sa part et doit pour y parvenir en priver cinq autres, arguant de l’Histoire, de la Civilisation, du Progrès et n’importe quoi afin de le justifier un tant soit peu et s'inventant des sacro-saintes « loi de la Nature » pour le justifier. On pourrait lui répondre, pragmatique, que sa mise à mort par un rival en fait aussi partie.

Ce n'est somme toute pas le plus grave. L’inégalité et le cynisme sont des putréfactions à la fréquentation desquelles je suis désormais bien habitué, pour cause pullulantes, et je peux soutenir leur lamentable spectacle. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas la mort de douze personnes, qui est un drame et une horreur, mais plutôt le fait que la foule ne soit plus composée que de gens sans identité individuelle. Que vont-ils faire ? Où vont-ils se réfugier ? Dans la cohésion. Où Éric Zemmour ne sera plus drôle du tout. Il va pouvoir changer de refrain : il sera difficile de soutenir encore qu’il lutte contre la pensée unique. Peut-être même assumera-t-il enfin d’incarner la pensée réactionnaire au pouvoir, qui ne rêve que d’une chose : être le nouveau bien-pensantisme. Je parle de ce pauvre Zemmour, parce qu’il est pour moi l’archétype du déchet idéologique contre-humaniste et pro-fasciste, nonobstant les autres : Camus, Houellebecq, Soral… Seulement ces gens là sont des amuseurs publics, même pas des idéologues, et voyez déjà ce dont ils sont capables ; avec rien, juste l’ennui des gens et leur vanité, ils font gronder la vieille passion où « des siècles d'humanisme sont vaincus d'un coup parce que, dans le ventre, on redécouvre la tripe et toute la grosse hargne qui excite la bête [...] » (L'inversion de hieronymus bosch de Camille de Tolédo, p. 260). Lorsque va émerger un homme qui sait ce qu’il veut, et qui sait l’exprimer, je ne donne pas cher de ce bon peuple, qui s’en ira droit aux abattoirs, et en chantant par-dessus le marché au rythme des bottes et des pantoufles pour contenter l'immortelle et fameuse bête brune.

Je ne suis pas Charlie non plus et précisément parce que la foule me terrifie et m’est essentiellement suspecte. Je connais trop l’Humanité divisible et mesquine, prête à défendre le moindre centimètre de son territoire contre son petit voisin, pour ne pas me dire qu’une énergie plus sournoise et plus malodorante est à l’oeuvre dans une communion aussi inconditionnellement vaste. Et je ne suis pas de ceux qui considèrent le drame comme un fluide transcendantal. D’abord parce que je ne reconnais aucune transcendance. Ensuite parce que je ne lisais pas Charlie Hebdo avant-hier, que je trouvais grossier, lourd et n’ayant pour lui que ce dont il témoignait d’historique. Je ne le lirai pas demain, je ne me découvrirai pas une passion pour ce journal parce que quatre de ses dessinateurs, une de ses chroniqueuses et un de ses économistes ont été abattus à l’arme automatique. Le voyeurisme et la complaisance morbide n’ont jamais fait partie de mes attributs. Et j’ai trop de dignité pour aller me recueillir sur les tombes symboliques de gens dont je n’aimais pas le travail. Reste que je peux compatir pour l’humain et que je pleure pour les individus qui sont morts. Je pleure pour la souffrance de leurs familles. Mais je ne me découvre pas non plus un lien à l’Humanité par ces morts ; et je n’éprouve pas le besoin d’aller échanger des paroles hypocrites, uniquement excitées par le sang et l’horreur, avec des gens que je ne connais pas. Je fais le deuil, oui, mais avec pudeur et respect des victimes. J’ai toujours été dégoûté par ces passages dans les films américains ou des centaines de gens se rassemblent sur le lieu d’un crime, déposent des bouquets de fleurs, des crucifix, des bougies, et restent là, debout, plantés, plus motivés au fond par une forme de férocité morbide qui les pousse à se repaître de la souffrance terrible et sincère d’autrui, que par la véritable empathie envers les proches des victimes. Le crime et la mort ont de tout temps été des objets de fascination. Ils ne me fascinent pas, et j’en témoigne individuellement, en me détachant du corps collectif. 

Il y a aussi, bien sûr, que la foule me terrifie. Elle a trop de force. Trois fous avec des Kalachnikov ne sont rien comme menace, comparés à ce que pourrait un corps étatique armé par des millions d’adhérents à la carte du parti de la bêtise. Le discours politique se doit d’être un discours essentiellement froid, objectif, distant ; autrement dit rationnel. Les extrémistes de toutes les civilisations et de tous les bords politiques se sont toujours acharnés à distordre le rapport à la raison par l’injection de pathos. Prendre les gens par l’émotion pour mieux les manipuler. Je tremble donc à l’idée des récupérations auxquelles nous allons évidemment assister. Joueur d’échecs, j’observe à plus d’un coup d’avance, et je vois le rationalisme et l’humanisme perdre à plate couture et sans issue possible le terrain de la plus grande force publique ; et je ne crois pas que nos adversaires, après presqu’un siècle de placard, soient prêts à nous laisser le privilège d’un « draw ».

Je ne suis pas Charlie parce que la liberté d’expression ne signifie pas le droit à l’insulte systématique. Je conçois l’humour, je l’ai déjà évoqué, de même que le proposait Pierre Desproges : comme un consensus. Si je ris avec mes amis à certaines blagues, elles ne me feront pas du tout rire dans la bouche d’une personne qui les énoncerait sans ironie ou second degré. L’humour est fonction de transgression des limites de notre conception du réel. Faire une énième caricature du prophète n’est plus drôle aujourd’hui — si cela le fût jamais. L’islam en prend suffisamment plein les dents, je ne vois pas en quoi c’est drôle d’en rajouter une couche. Insister face aux menaces tient plus du bras-de-fer de vanité — en l’occurrence horriblement perdu — que de l’usage de la liberté d’expression. Non, la liberté d’expression n’est pas menacée par cet attentat. Les coupables sont fous : ils n’ont rien de systématique, de légal ni de populaire. Dieudonné censuré par les juges d’ État, en revanche, c’est de la censure et une atteinte à la liberté d’expression. Pourquoi est-ce que personne n’en parle ? Parce que nous sommes tous très prompts à tolérer que nos ennemis idéologiques ne jouissent pas de ces droits que nous estimons pour nous fondamentaux. L’appareil légal étatique a contraint un homme à la censure — quoi qu’il ait pu dire, c’est une atteinte à la liberté d’expression : elle est toute ou elle n’est pas.

Je vais plus loin, et je vais hélas choquer. De quelle liberté d’expression dispose la culture musulmane en France aujourd’hui ? Quel outil de communication a-t-elle pour s’exprimer ? Aucun, ou si mince qu’assez ridicule. Quelle chance d’assimilation lui est donnée ? Aucune, on le prie de se taire, de ramasser nos ordures, nettoyer nos bureaux et faire gagner les élections au candidat le plus grotesque. Un espace public sans contrainte d’expression est un espace public sain ; il est aujourd’hui malsain parce qu’une seule version est tolérée par les médias, aussi ont-ils fait sauter le blocus à coups d’AK-47. Nous sommes tous responsables de ce carnage parce que nous sommes complaisants, lâches et que nous préférons vivement rejoindre notre petit confort qu’exiger des politiques et des médias qu’ils soient plus rigoureux, plus transparents, plus respectueux des droits humains et moins occupés à la préservation de leurs privilèges. Alors non, je ne suis pas Charlie, je fais partie des responsables de la fusillade, comme vous. Et je crains que nous soyons bientôt coupables de bien pire parce que beaucoup le croient impossible.

Il y aurait beaucoup de choses à dire ; naturellement j’ouvre bien des brèches qui nécessiteraient des débats et engendreraient bien des polémiques. Et je ne suis pas un journaliste : je me préoccupe peu de savoir si ce que j’écris va me rapporter du lectorat ou un contrat juteux. Je ne cherche pas à séduire, je suis écrivain, c’est-à-dire en quête d’une pureté esthétique et philosophique. J’ai désiré travailler sur le néo-humanisme, qui pourrait répondre à ce néo-fascisme. 

Je suis cette nuit profondément malade, écoeuré par mon pays, déçu par tous, effrayé de voir que le rapport à la superstition peut l’emporter aussi aisément même auprès d’esprits remarquables, et je me sens triste ; triste de n’avoir personne vers qui me tourner pour m’appuyer sur son épaule et soupirer toute mon horreur du monde. Je me sens seul et cela me terrifie. Je n’ai aucune visibilité et peu de personnes me liront quand je pense profondément que mon discours est le plus juste — et non pas le plus vrai. Il y aurait bien des sujets encore à traiter, comme revendiquer que se tenir à distance du pathos est la meilleure façon de garder une disponibilité au recul, à l’esprit critique, ou bien d’imaginer que les choses peuvent n’être pas ce qu’elles semblent. Pleuvraient alors de nouvelles cascades de ricochets, et je n’en veux pas. Je n’écris pas pour qu’on me réponde, je n’ai pas du tout ce but lorsque je pense. Tout cela n’est jamais qu’un prétexte au mouvement intellectuel parce que je ne suis que mouvement, comme vous tous. Je ne cherche qu’à interroger et susciter l’interrogation introspective en chacun : rappelez-vous que vous êtes un, défini par votre identité, avant de vous jeter dans l’identité collective d’une haine. Ne tombez pas dans le piège évident qui vous est tendu, ayez l’orgueil de votre intelligence.

J’ai lu quelque part que certains parlent de remettre la peine de mort en place ; bien sûr il s’agit d’enfants, de fanatiques ou d’imbéciles, parfois les trois à la fois. Je veux m’adresser à ceux qui leur répondent. La peine de mort n’est jamais une solution miracle. Celles et ceux qui, en période de crise, veulent qu’elles reviennent ne sont en réalité que des assassins en puissance qui n’ont jamais rêvé que de ça : le droit de tuer, légalement. Cela révèle quelque chose de leur personnalité, de leur psychologie profonde. Ils sont de ceux qui rêvent de voir leurs ennemis ou contradicteurs purement et simplement détruits. Je vous enjoins donc à vous en séparer le plus diplomatiquement possible. Celui qui « découvre » que la peine de mort est une solution envisageable en était, au fond, convaincu depuis bien longtemps mais n’avait pas encore le prétexte pour le défendre aux yeux des autres. C’est ce que j’appelle la bêtise après Musil : lorsque la pluralité du « nous » permet à l’individu d’assumer, au nom du collectif, les positions violentes et péremptoires du « je », et de convaincre le « ils » de leur supériorité culturelle. Or souvenez-vous toujours que la culture se défait en présence de la violence ; vous le savez bien, la violence n’est jamais une solution, et moins encore contre elle-même. Il est peut-être angoissant de trouver aussi pertinent le petit opus de Robert Musil sur la bêtise (De la bêtise, disponible aux éditions Allia) en ce début d'année, considérant qu'il fut écrit en 1937 en Allemagne et contre le phénomène qui y croissait.

Je ne suis pas Charlie, et je finis avec ça, parce qu’il est trop facile de se prétendre du côté des victimes lorsqu’on est tranquillement installé chez soi à siroter un Coca-cola en surfant sur les détails sordides de la fusillade. Non seulement je ne suis pas mort, contrairement à ceux qui étaient vraiment Charlie, mais en plus je refuse de m’associer à ceux qui font l’amalgame et se paient le frisson d’un peu de pathos, d’un peu de morbide, d’un peu de tout ce qui brisera leur ennui quotidien — et la chance de vivre un vrai attentat, presque en direct ! Et puis je préfère comprendre que condamner, car comment échapper à la fin à sa propre condamnation ? Je serai toujours du côté de la compréhension de l'homme seul contre tous, ayant trop souvent été seul moi-même pour ne pas savoir comme ce n'est jamais univoque.

Je me souviendrai non pas des dessinateurs et autres de Charlie Hebdo, mais des douze victimes de la folie de trois victimes de la bêtise de plusieurs milliards d’être humains très satisfaits d’être eux-mêmes, qui pillent le monde pauvre pour jouir de leur confort et s’étonnent, après, que le monde pauvre fasse acte de terrorisme, finalement victimes de leur propre bêtise. Je crois que personne n’est Charlie et que nous sommes tous leurs meurtriers, parce que nous sommes tous interconnectés et tous liés. Nous sommes tous coupables d’avoir produit ce monde. Strictement tous.

 Pierre-Adrien Marciset.

Écrits nocturnes, Vendredi 9 janvier 2015.

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