D'une dangereuse idée neuve : le revenu universel

Alors que B. Hamon lance son mouvement aujourd'hui, il convient de se demander si le revenu universel peut devenir un obstacle à la reconstruction de la gauche.

Revenu universel : 1) la fausse bonne idée par excellence, tellement mauvaise qu’elle était initialement défendue par les plus ultras des néolibéraux. Indéniablement, la maladie infantile de la reconstruction à venir.

2) Ses défenseurs de gauche sont d’honnêtes gens. Mais, malgré les enseignements de trois révolutions industrielles, ils pensent toujours le travail comme les mercantilistes du XVIIe siècle pensaient la richesse : il serait une constante naturelle, stable, dont la quantité ne pourrait pas augmenter et dont la destruction seraient toujours irréversible. Si les laudateurs de cette illusion attirent à raison l’attention sur la robotisation, ils naturalisent en même temps les iniquités du marché du travail et abandonnent toute volonté de transformation réelle du salariat, préférant la fuite et l’abandon à la lutte sociale. Pis, ils s’apprêtent à subventionner les bas salaires, refusant de voir qu’une somme inférieure au seuil de pauvreté ne permettra pas de transformer véritablement le rapport de force entre capital et travail.

3) Aucun observateur sincère n’a réussi à comprendre comment les défenseurs de cette mesure, socialisant le quart de la richesse nationale, souhaitaient la financer. Pour ce faire, il est nécessaire soit de déclencher une véritable révolution socialiste qui n’est pourtant pas au programme de la seconde gauche, soit de détruire méthodiquement la sécurité sociale, ce qui semble à la réflexion beaucoup plus probable. En commençant, car ce n’est qu’un début, par la branche famille, bien-sûr, parce qu’elle est réduite à une horrible subvention nataliste, de droite donc.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.