Des gens qui réussissent

Quelques idées reçues libérales autour du dernier aphorisme de M. Macron. Aujourd'hui, on se penche sur ceux qui sont tout !

Patron : type humain naturellement bon. En effet, c’est lui qui crée des emplois, entendez la valeur et la richesse. On lui doit donc le plus grand des respects et surtout, il est absolument nécessaire de répondre à tous ses désirs, mêmes les plus iniques. Par ailleurs, il est toujours mal venu de faire remarquer que dans la dialectique du maître et l’esclave, c’est le maître qui dépend de l’esclave et non le contraire.

Entrepreneur : héros des temps modernes répandant richesse et bonheur sur le monde. Généralement garçon de bonne famille ou de classe moyenne. Au mieux imite les manières faussement subversives de la Silicon Valey et transforme en espèces sonnantes et trébuchantes les progrès de la recherche universitaire. Au pis, et le plus souvent, simplement le fils de son père.

Cadre : personne détenant la vérité, notamment lorsqu’elle prend souvent l’avion en classe affaire. Toutefois elle n’en est généralement pas convaincue elle-même.

Entreprise : 1) lieu d’épiphanie de la vérité néo-libérale. L’entreprise est l’expérimentation d’une nouvelle concorde sociale, d’une collaboration rationnelle entre patron et salariés et d’un développement économique coïncidant par axiome avec l’intérêt général. Cette vérité a son langage, technicien, incompréhensible, c’est-à-dire discriminant.

2) Lieu de travail et partant d’un rapport de force entre capital et travail, entre patron et salariés, qui a pour enjeu, d’une manière ou d’une autre, le partage de la valeur. Certains mauvais esprits avancent que la première signification, illusoire par construction, sert de leurre cachant grossièrement la seconde.

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