De la bienfaisante Europe (I):

La douloureuse mise en place d’un atroce gouvernement italien et le retour en force de la question migratoire a permis de revoir sur le devant de la scène cette Europe libérale et autoritaire, prompte à réprimer au mépris de la démocratie toutes velléités de critiques contre l’ordre financier de l’euro et muette face à la xénophobie et au racisme le plus crasse.

Europe : projet d’union du continent, parfaitement embryonnaire. Utilisé toutefois comme substitut au terme UE, de manière à empêcher toute critique réelle de l’aspect anti-démocratique et anti-sociale de cette dernière.

Europe sociale : vieux fantasme de la gauche sociale-démocrate qui a longtemps permis de renvoyer sine-die tout débat sur la nature de l’UE.

Paix : 1) vertu cardinale des européistes. Serait le produit de l’intégration régionale et du libre-échange, l’UE en serait le modèle indépassable. Irénisme occultant le poids de la force américaine dans la stabilité européenne et la dépendance en résultant.

2) ce au nom de quoi les pays en paix font la guerre dans d’autres pays.

Pays du Nord (de l’Europe) : seraient industrieux et raisonnables financièrement. Forme de naturalisation de leur brutale domination actuelle.

Pays du Sud (de l’Europe) : seraient fainéants et dépensiers et donc naturellement responsables des calamités s’abattant sur eux. En réalité, dominés et marginalisés par la structure actuelle de l’UE.

Grèce : archétype des pays du Sud. Par ailleurs, exemple de ce qui arrive à un gouvernement de gauche dans une Europe structurellement de droite : un martyr.

France : se veut un pays du Nord. Longtemps considérée par eux comme un pays du Sud, sans être capable d’en tirer leçon.

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