De la diplomatie macronienne : les mots d’une faillite

Alors qu’Emmanuel Macron reçoit aujourd’hui des mains des notables européistes d’Aix-la-Chapelle le prix Charlemagne, quelques mots pour dire la spectaculaire vacuité de sa politique étrangère.

Amitié: ivre de lui-même, Macron a voulu être aimé du maître peroxydé de Washington. Il crut l’été dernier à une passion ancillaire, mais fut traité au printemps comme un domestique avant d’être aujourd'hui congédié tel un vulgaire laquais.

Diplomatie : elle semble dangereusement réduite aux relations personnelles entre chefs d’État. Mais, à trop mettre en scène pour d’obscures raisons sa complicité avec un demi-dément, on prend fatalement le risque du ridicule.

En même temps : le miracle macronien consiste donc à se faire humilier par l’ogre de la Maison Blanche tout en fâchant le grand barbu de Téhéran. Manœuvre subtile sans nul doute à la hauteur de l’aura internationale que lui prêtent certains journalistes français

Discours : Macron en prononce beaucoup. À peine fait-il silence que ses conseillers dissertent sur la porté historique des paroles présidentielles ; analyses qu’immédiatement des petits courtisans improprement dénommés journalistes politiques répètent et amplifient ; aussitôt est-elle informée que la bourgeoisie s’émerveille du miracle du verbe monarchique et imagine la France à nouveau première dans le concert des nations. Pourtant Merkel se mure dans un silence narquois avant de poliment mettre fin au spectacle un peu grotesque du banquier d’affaire réformant la sainte Europe. Pourtant Trump se contente grossièrement d’épousseter les épaules du jeune premier trop naïf. Pourtant celui-ci se précipite aussitôt au Congrès pour parler encore : héroïque jactance de celui qui célèbre sans trêve sa propre impuissance !

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