Autour de l'immoralité de la vie publique (1)

Du poison de la corruption

Corruption : tare inévitable et antique de la vie publique. Quand elle devient système, symptôme des démocraties mal formées ou décadentes. Certains pensent qu’elle est en réalité indolore, les électeurs reconduisant sans cesse des corrompus notoires. Ainsi ils oublient volontairement le problème de l’offre politique et ce faisant accablent les électeurs des turpides de leurs élus. Les dernières élections montrent à quel point il s’agit d’une courte vue ; les derniers événements soulignent tout autant l’hypocrisie d’un renouveau factice.

Affaire : lorsqu’un cas de corruption, réel ou supposé, devient public. La répétition des affaires est une pulsation sinistre rythmant la vie politique française. Certains regrettent qu’elles n’abaissent le niveau du débat politique et n’alimentent la défiance populaire à l’égard des hommes politiques. Ils dévoilent ainsi un réflexe conservateur, leur répugnance morale portant plus sur l’écume que sur le courant de fond, à savoir la corruption d’une partie du personnel politique. Pour préserver le statu quo, ils mettent généralement en avant la probité de la seconde partie. Que celle-ci soit indéniable ne nécessite toutefois pas de la transformer en une vertu christique rachetant les péchés de tout les autres.

Démission : la seule issue possible lorsque le soupçon devient trop lourd, même si il existe des politiques faisant de l’entêtement mortel une qualité cardinale. On reste un peu sceptique lorsque le départ forcé permet de bénéficier de l’immunité parlementaire, encore plus lorsque, dignité immaculée oblige, on proclame contre la logique que l’on en fera pas usage.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.