Autour de l'immoralité de la vie publique (4)

De la défense :

Confiance : généralement celle du Premier Ministre, parfois celle du Président. Les habiles savent que ce soutien équivaut à celui de la corde au pendu ; il arrive aux maladroits de l’accorder sans arrière-pensée et ainsi d’être emportés par les errements de leurs protégés.

Morale : 1) indéniablement, elle est rarement sauve.

2) elle est hors-sujet, la justice ne sondant pas le cœur des hommes mais pesant leurs actes.

3) cette confusion volontaire entre art du prétoire et catéchisme permet aux conservateurs de tout bord d’écarter les accusations abjectes qui s’abattent toujours sur de très dignes hommes de bien.

Dignité : généralement mise en avant par le politique mis en accusation publique. Pour l’élaboration de cette stratégie de dénégation, il paie généralement de fortes sommes à d’ingénieux conseillers en communication. On ne cesse d’en goûter l’audace et d’en observer le spectacle toujours étonnant. En effet, le mouvement est toujours désespéré et un brin ridicule puisque l’accusé ajoute inéluctablement le parjure à la malhonnêteté.

Présomption d’innocence : protection fondamentale à attribuer à tout individu. Par ailleurs, elle permet d’éviter de transformer l’affaire en sinistre manœuvre politique. Toutefois, elle est généralement utilisée pour dénoncer d’avance toute contestation et empêcher d’inévitables débats publics n’ayant pas pour objet la culpabilité ou l’innocence de la personne mais sa capacité à servir l’intérêt général alors qu’elle est en butte à la suspicion.

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