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Billet de blog 8 septembre 2023

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Comment désamorcer le cercle vicieux de la réaction identitaire ?

La montée en puissance des revendications identitaires est devenu un fléau mondialisé. Comme la violence engendre la violence, les replis identitaires s'auto-alimentent par le conflit polémique entre des identités qui se rejettent mutuellement.

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En France, l’exemple s’impose de toute évidence : l’islamophobie s’y nourrit de l’islamisme qui s’entretient lui-même du racisme et de l’identité nationale portés par l’extrême droite.

Plus préoccupant, force est de constater que cette idéologie n’imprègne plus seulement les mouvances issues de la droite radicale, mais diffuse dans une partie toujours plus importante de la société.

Le processus de repli identitaire apparaît comme une crispation sur les valeurs et coutumes d’une communauté en réaction au sentiment d’une menace venue de l'extérieur de la communauté (de type culturel, religieux, ethnique, linguistique, etc.) à laquelle on est assigné, le plus souvent, par héritage familial. Et ce, quelque soit la communauté culturelle à laquelle on appartient. Et l’opposition polémique entre les identités revendiquées de part et d’autre ne doit donc pas cacher leur acceptation commune d’un même schéma identitaire en lutte pour empêcher l'émergence d'une société multiculturelle et multicultuelle.

« Lorsque vous vous séparez avec votre croyance, votre nationalité ou votre tradition, cela engendre la violence. Ainsi, celui qui cherche à comprendre la violence n'appartient à aucun pays, religion ou parti politique, mais s'intéresse à la compréhension totale de l'humanité. » Jiddu Krishnamurti.

Pour sortir de l'ornière identitaire, chacun d'entre nous doit faire son deuil du fantasme d’une identité culturelle intangible. Notre identité ( ce processus à travers lequel l’individu acquiert le sens de soi au contact des autres et des choses, est nécessairement tributaire des archétypes et autres préjugés communs au groupe socio-culturel auquel nous appartenons.) est, en raison de son incessante interaction avec l’altérité, en constante évolution.

Que ce soit dans les pays du Sud, comme ceux du Nord, e l'occident, comme ceux de l'orient, la mondialisation néolibérale des économies a engendré un processus de globalisation culturelle corrélé, à une intensification des flux migratoires, mettant en question l'habitus de la majorité d'entre nous; et exacerbant ainsi la prégnance des idéologies identitaires sur l'ensemble de la planète.

Il faut en convenir, nous éprouvons tous, peu ou prou, un sentiment d'appartenance à une identité. Ce phénomène est comme inhérent à notre condition humaine et il ne convient pas tant, d'en nier la réalité que d’analyser les processus d'essentialisation identitaire conduisant au rejet de l'altérité perçue comme source de danger, de dépossession de ses certitudes et croyances.

Aussi, s'agira-t-il pour nous, de faire preuve de persévérance, de tolérance, comme de pédagogie, si nous voulons contribuer à l'émancipation de nos sociétés de la pernicieuse spirale identitaire.

Et, ne nous faisons pas d'illusion, il faudra aussi nous confronter à un système médiatique dominé par un Bolloré d'extrême droite et par une poignée d'autres milliardaires, appartenant, pour la plupart, à une droite, largement contaminée par le fantasme identitaire.

Références : Christian Ferrié "Du principe identitaire"

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