Ce phénomène contemporain de droitisation, voire, d'extrême droitisation est remarquable, non seulement dans l'ensemble des populations des régimes totalitaires, mais encore dans celles de toutes les pseudo démocraties de par le monde (dont la nôtre), où les outils de diffusion de la pensée des dominants sont en quasi totalité entre les mains des puissances financiaro-politiques.
Et ce, même si, dans nos pseudo démocraties, ces processus de prises de pouvoir, les mécanismes mis en œuvre y sont plus maquillés, furtifs et inassumés.
« Nous n'avons pas d'autre adversaire concret que le « parti médiatique ». Lui seul mène la bataille sur le terrain, en inoculant chaque jour la drogue dans les cerveaux. » JL Mélenchon
"L'appétit de l'argent et l'indifférence aux choses de la grandeur avaient opéré en même temps pour donner à la France une presse qui, à de rares exceptions près, n'avait d'autres buts que de grandir la puissance de quelques-uns et d'autre effet que d'avilir la moralité de tous. Il n'a donc pas été difficile à cette presse de devenir ce qu'elle a été de 1940 à 1944, c'est-à-dire la honte du pays." Albert Camus
"La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d'une partie très importante de la population. Or en mettant l'accent sur les faits divers , en remplissant ce temps rare par du vide, du rien ou du presque rien, on écarte les informations pertinentes que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques. ... Les journalistes, avec leurs lunettes, leurs catégories de pensée, posent des questions qui n'ont rien à voir avec rien. ... Il arrive aussi que les journalistes, faute de garder la distance nécessaire à la réflexion, jouent le rôle du pompier incendiaire. Ils peuvent contribuer à créer l’événement, en montant en épingle un fait divers (un assassinat d’un jeune français par un autre jeune tout aussi français mais “d’origine africaine”) pour ensuite dénoncer ceux qui viennent mettre de l’huile sur le feu qu’ils avaient eux-mêmes allumé, c’est-à-dire le FN, qui, évidemment, exploite ou tente d’exploiter “l’émotion suscitée par l’événement”, comme disent les journaux mêmes qui l’ont créé en le mettant à la une, en le rabâchant au début de tous les journaux télévisés, etc. ; et qui peuvent s’assurer ensuite un profit de vertu, de belle âme humaniste, en dénonçant à grands cris et en condamnant sentencieusement l’intervention raciste de celui qu’ils ont contribué à faire et à qui ils continuent à offrir ses plus beaux instruments de manipulation. ... Dans le microcosme qu'est le monde du journalisme, les tensions sont très fortes entre ceux qui voudraient défendre les valeurs de l'autonomie, de la liberté à l'égard du commerce, de la commande, des chefs, etc., et ceux qui se soumettent à la nécessité et qui sont payés en retour… Mieux on comprend comment [un système] fonctionne, plus on comprend aussi que les gens qui en participent sont manipulés autant que manipulateurs. Ils manipulent même d’autant mieux, bien souvent, qu’ils sont eux-mêmes plus manipulés et plus inconscients de l’être." Pierre Bourdieu
" La censure est cependant plus efficace quand elle n'a pas besoin de se dire, quand les intérets du patron miraculeusement coincident avec ceux de "l'information" Le journaliste est alors prodigieusement libre. Il est heureux. On lui octroie en plus le droit de se croire puissant. ... Les médias français se proclament " contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. ... Des médias de plus en plus concentrés, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre. Longtemps, le désir de transformation sociale continuera de buter sur cet obstacle. ... Noam Chomsky ne cesse de le répéter : l'analyse du dévoiement médiatique n'exige, dans les pays occidentaux, aucun recours à la théorie du complot. Un jour, un étudiant américain l'interroge : "J'aimerais savoir comment au juste l'élite contrôle les médias ?" Il réplique : " Comment contrôle-t-elle General Motors ? La question ne se pose pas. L'élite n'a pas à contrôler General Motors. Ca lui appartient"." Serge Halimi
"Le risque pour le journaliste est alors non seulement de déplaire à l'actionnaire du média qui l'emploie, mais également au principal client de sa régie. Le journal Libération a vu ainsi par exemple ses revenus publicitaires chuter en 2012 après la publication par la rédaction d'un article peu flatteur sur le dirigeant du groupe de luxe LVMH (perte estimée à 700.000 euros). ... S’interroger sur les règles concrètes de prise de décision à l’intérieur des journaux, c’est s’interroger sur la façon dont est produite l’information que nous consommons, cette information si indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. ... Ce qu'il faut refuser, c'est que les grandes entreprises prennent la main sur les orientations de la société. ... Non seulement ce système est régressif et profondément inégalitaire, mais il risque en outre de conduire dans les prochaines décennies à une augmentation encore plus forte des inégalités, à un rejet encore plus massif du personnel politique, des institutions et du jeu démocratique, et à une montée des populismes face à laquelle il risque un jour d'être trop tard. ... Le combat pour une télévision libre n'est pas un combat d'un autre temps, pour un média passé et dépassé (…)
C'est un combat pour la démocratie. Il ne s'agit pas de se battre pour une technologie obsolète, pour une profession, pour telle ou telle personne … Il s'agit de se battre pour notre droit à être informé. Pour une télévision libre. Des idées libres. ... 32 euros. C'est le prix de votre vote. Quand on sait que l'Etat consacre chaque année moins d'un euro par Français au financement public direct de la démo cratie, mais qu'il rembourse en moyenne pres de 165 euros par an aux quelque 290 000 contribuables ayant financé le parti politique de leur choix et près de 5 000 euros à chacun des 2 900 foyers ayant contribué le plus , on comprend mieux les interrogations qui entourent la qualité de notre démocratie Pourquoi, en effet, l'argent public devrait-il permettre à certaine de s'echeter l'équivalent de près de cinq voix, voire de plus de cent cinquante voix pour les plus riches Pense-t-on vraiment que notre démocratie a besoin de ce biais supplémentaire en faveur des plus favorisés? Et c'est sans compter la dépense fiscale associée aux dons aux campagnes. Alors que l'Etat rembourse en moyenne chaque année 52 millions d'euros à l'ensemble des candidats prenant part au jeu électoral - et donc bien davantage les années d'élection, les différentes campagnes reçoivent 12 millions d'euros de dons privés, donnant lieu a près de 8 millions d'euros de réduction d'impôt. 8 millions contre 52 millions, certes, mais 8 millions d'euros à répartir entre quelques dizaines de milliers d'individus ayant exprimé leurs préférences politiques par des dons privés (soit plusieurs centaines d'euros d'apport par donateur, voire plusieurs milliers d'euros pour les plus riches), quand les 52 millions d'euros de financement public sont eux, à répartir entre tous les Francais (soit moins d un euro par citoyen).