10 mai 2014, la France commémore l'Abolition de l'esclavage mais légalise le colonialisme de l'UE à Mayotte.

                              ABOLISYON 2014Titre paru sur le site (émanant de l'Institut du Tout-Monde)"Les Mémoires des esclavages et de leurs abolitions" au sein de la rubrique "Regards et points de vue"  iciBien que le gouvernement provisoire de la IIème République ait aboli définitivement il y a 166 ans par décret l’esclavage des Nègres dans les colonies françaises le 27 avril 1848, n’a-t-on pas plutôt, ce faisant, « traité » (si l’on peut dire) les symptômes de ce phénomène qui objective la personne humaine en omettant soigneusement de s’attaquer à sa cause originelle ? À sa damnation première ?Ainsi nommé le colonialisme, alors précapitaliste, que l’on s’est empressé de légaliser après sa mutation « domienne » de 1946 ; que l’on cherche à théoriser par le biais de la mondialisation commodément tenue pour seule véritable responsable de sa pérennité évoluée, demeure la règle communautaire.

                              ABOLISYON 2014

Titre paru sur le site (émanant de l'Institut du Tout-Monde)"Les Mémoires des esclavages et de leurs abolitions" au sein de la rubrique "Regards et points de vue"  ici

Bien que le gouvernement provisoire de la IIème République ait aboli définitivement il y a 166 ans par décret l’esclavage des Nègres dans les colonies françaises le 27 avril 1848, n’a-t-on pas plutôt, ce faisant, « traité » (si l’on peut dire) les symptômes de ce phénomène qui objective la personne humaine en omettant soigneusement de s’attaquer à sa cause originelle ? À sa damnation première ?

Ainsi nommé le colonialisme, alors précapitaliste, que l’on s’est empressé de légaliser après sa mutation « domienne » de 1946 ; que l’on cherche à théoriser par le biais de la mondialisation commodément tenue pour seule véritable responsable de sa pérennité évoluée, demeure la règle communautaire.

Il est en effet d’une tristesse infinie d’observer que, bien que la cruauté de l’esclavage ait été abolie, l’abomination du « projet » et du principe colonial  se maintient, se renforce même, en reprenant du service et de plus belle.

On l’a uniment érigé en droit constitutionnel et communautaire européen (Régions Ultrapériphériques - RUP) dont nous avons pu encore observer en mars 2011 qu’il a pour vocation de s’étendre et de s’imposer à de nouvelles « collectivités » condamnées à la néantisation assimilatrice, « collectivités » disais-je, qui pour certaines émanent de pays indépendants (cf. Mayotte qui appartient à l’archipel des Comores depuis 1975) où la colonialité du pouvoir s’exerce dans les marges de la République, lesquelles se renouvellent le plus souvent ici et là sur des bases humanitaires et/ou sécuritaires et dans tous les cas, éminemment géostratégiques.

Dans le même temps ahurissant, (« Les colonisations contredisant aux colonisations » dixit E. Glissant in « Tous les jours de mai sur MDP »), l’Europe qui les accumule jusque dans notre contemporanéité, s’est tenue au Parlement Européen (initiée par deux députés français EELV du 13 au 17 mai 2013) la première « Semaine européenne pour la reconnaissance de l’esclavage colonial et pour les réparations », réunissant des associations et des « experts » de tout le continent qui partageraient communément la volonté de faire avancer l’Europe sur le terrain mémoriel et souhaitant ainsi renouveler leur combat pour la mémoire et la reconnaissance des crimes du passé(selon les termes employés dans le communiqué de presse commun du blog MDP de M. Bicep), étant entendu, je présume, que le colonialisme appartienne désormais au passé. Les parlementaires Eva Joly et Jean-Jacob Bicep y déposaient une déclaration écrite titrée : «Pour la reconnaissance des victimes de l’esclavage et de la colonisation européenne» que cosignèrent pas moins de soixante-dix-neuf associations déclarant ainsi leur soutien à cette démarche. Lien vers le blog MDP de J-J Bicep ici.

Enfin, une adresse aux chefs des municipalités (Villers-Cotterêts dans l'Aisne) tentés de rejeter la commémoration de la révolte anti-esclavagiste dans les colonies françaises au motif du refus d’endosser toute culpabilité historique et mémorielle devant donner lieu à réparations, nous rappelons que : « L’esclave de l’esclavage [qu’il soit Blanc ou Noir] c’est celui qui ne veut pas savoir » selon la formule très à propos d’Édouard Glissant sur le site Mémoires des esclavages et de leurs abolitions ici.

CHAÎNES PÉTÉES !

Il nous appartient alors d’ensemble fonder l’action,

L’espérance et le poème

Sur l’abîme de l’Histoire

Et les souffrances noyées aux cardinaux triangles de fers.

L’Atlantique-Nord [vous dis-je] sema jardin de tourments pour l’éternité !

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Les marées insondables sur le fond des choses, les rapportent sans omissions

Aux pieds ensablés des nomades en quête de fraîches brassées de pluie.

Mais la pluie qui n’est plus attendue,

Est aussi nomade que les dunes qui rincent nos visages.

Elle est présence erratique sur les eaux,

Couvrant les poudres solaires

Et les talcs terrestres aux seuls temps écliptiques.

Le désert sans fin ne renoncera pas à gagner sa part des eaux,

Leurs horizons connexes se convoitent,

Et l’anneau des océans engendrera légions d’alliances

Et de poètes combattants.

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