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Alors que du coté des services de l’Etat c’est le silence radio concernant le contrôle inopiné de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) survenu lors des journées des peules autochtones sur la Place des Palmistes, depuis hier les voix de la classe politique et de la société civile s’élèvent pour «dénoncer» cette «action de répression» :
Georges Patient, Sénateur : ” désapprouve totalement cette opération menée sans discernement (qui) va à l’encontre de la relation de confiance qui doit être instaurée au moment où les revendications des peuples autochtones se font de plus en plus pressantes (orpaillage illégal, foncier,…). Georges Patient «demande au gouvernement l’application en Guyane des normes de protection des droits des peuples autochtones consacrés par le Droit international en vigueur, et se dit également prêt à participer avec toutes les parties concernées à une réunion sur cette question “.
Jean-Etienne Antoinette, Sénateur : ” dénonce cette persistance au plus haut niveau de l’Etat à ne pas reconnaître les spécificités des peuples autochtones de Guyane, à ne pas apporter de réponses proportionnées aux discriminations qu’ils subissent de fait, à ne pas les consulter pour les affaires les concernant comme le montre ce cas actuel et flagrant d’application unilatérale de règles internationales. Les avancées, comme l’amendement du Sénateur Antoinette visant enfin à conférer aux langues amérindiennes le statut de langue régionale dans le cadre de la refondation de l’école ou les lois (03/03, 02/07,07/11) reconnaissant la place légitime occupée par les peuples autochtones, butent en vérité sur l’incapacité de traduire par des actes forts, la profonde détresse sociale, psychologique, économique et environnementale des membres de ces populations en attente d’une meilleure intégration dans la République. La fin de non-recevoir par le Gouvernement opposée à la question écrite du sénateur Antoinette, concernant la non ratification par la France de la convention n°169 de l’Organisation Internationale du Travail, relative aux peuples indigènes et tribaux et à leurs droits, en est une claire illustration. Cette posture de blocage fait fi des recommandations du Haut-Commissariat des Nations Unies, et nie que les principes constitutionnels d’unité de la République ne sauraient s’affranchir de la reconnaissance constitutionnelle des populations des Outre Mer et que des situations incontestablement différentes soient réglées par des mesures différentes”.
Christian Porthos, 3eme Vice-président du Conseil général : ” assure de son soutien et rappelle que ces populations ont toujours préservé et respecté la ressource naturelle, déplore l’inaction des pouvoirs publics face à l’orpaillage clandestin et demande aux parlementaire et aux politique de Guyane de faire front face à cette situation”.
Jean-Claude Madeleine, Maire de Sinnamary : ” s’insurge face à l’action menée dimanche matin par les services de l’ONCFS, dénonce cette opération de répression et apporte son soutien aux frères et sœurs de toutes les communautés amérindiennes de Guyane, premier peuple d’Amérique”.
Marie-José Lalsie, Secrétaire du parti socialiste : prend connaissance avec stupéfaction de la descente quasi-policière sur les exposants des Journées des peuples autochtones et tient à assurer les peuples amérindiens de sa solidarité, et qu(‘ils) partag(ent) leur indignation devant ce qui apparait comme une agression contre la Guyane toute entière. L’action des « défenseurs de la faune sauvage » est pour (eux) le type même d’agression contre la culture amérindienne, et ce alors que les Amérindiens ont déjà tant souffert de la colonisation.
Farouk Amri, Porte parole du Collectif trop violans : “dénonce également l’imposture de ceux qui en Guyane ne soutiennent qu’en paroles la cause des peuples autochtones et adresse un CARTON ROUGE à l’ONCFS pour son intervention que l’on pourrait qualifier de violence institutionnelle illégitime compte tenu du contexte dans laquelle elle s’est produite : journées internationales des peuples autochtones”.
Florencine Edouard, Secrétaire générale de l’Onag : ” dénonce l’excès de pouvoir sournois et insidieux de la police de l’environnement lors des journées des peuples premiers en rappelant les textes incitant ou imposant le respect des droits des peuples autochtones et signés par la France » et rappelle que «les autochtones ne sont pas responsables de la dégradation écologique causés par les orpailleurs clandestins et par d’autres catégories de pilleurs. La faune et la flore se font de plus en plus rares. Ces ressources naturelles sont utilisées depuis des décennies pour la fabrication de (leurs) objets artisanaux “.
Cornélie Sellali-Bois-blanc, Maire de la Commune d’Iracoubo : condamne fermement le contrôle opéré par les services de l’ONCF lors de la 4ème journée des peuples autochtones. De plus, en tant que “Femme Guyanaise” et “1 ère Femme Amérindienne a être devenu Maire”, elle s’interroge quant à la considération des services de l’Etat pour les Autorités coutumières. Pour finir, elle témoigne son total soutien à tous les Chefs coutumiers de la Guyane et plus particulièrement ceux de Bellevue, Organabo et village de Trois Flèche“.