La Lorelei de TF1

Anne-Claire Coudray, qui a remplacé Claire Chazal en 2015 au journal télévisé de TF1, est devenue une tête à claques dans sa manière d’interviewer les hommes politiques sur le plateau de TF1.

 Péremptoire, insolente, agressive comme elle le fut dans sa manière d’interviewer vendredi soir dans son JT le nouveau premier ministre, Jean Castex, tout juste nommé par Emmanuel Macron pour remplacer Édouard Philippe. Avant même d’être confronté au casse-tête de la gestion socio-économique de l’après Covid-19, le nouveau premier ministre dut faire face stoïquement à la figure de proue féminine de TF1 qui n’eut de cesse de lui adresser des piques peu amènes avec des questions aussi ineptes et peu courtoises comme : « Emmanuel Macron vous a-t-il nommé premier ministre pour que vous ne lui fassiez pas de l’ombre » ? Que répondre à pareille question qui plonge dans l’ombre l’intelligence humaine élémentaire ? À vouloir ne pas passer pour une figurante  sur le plateau de TF1, à ne pas passer pur une potiche face à un responsable politique, Anne-Claire Coudray, qui coupe à l’envie la parole à ses invités, se révèle d’une rudesse et d’une impolitesse qui relèvent d’une véritable stratégie de communication.  

La jeune femme a des airs de murène derrière son brushing impeccable de reine du journal télévisé, et sa manière de conduire ses entretiens avec des responsables politiques sur le plateau de TF1 tient plus de l’art du rétiaire dans l’arène que du journalisme (audiovisuel) digne de ce nom. Claire Chazal, qu’elle a remplacée en 2015, avait une élégance sobre que sa successrice n’a pas, elle, elle dont l’approche est cousue de fil flanc, grossièrement couturée même. À côté, le style de Claire Chazal dans sa conduite des entretiens politique relevait presque de la haute couture.  Il y a là dans cette manière de traiter l’information un abaissement singulier du journalisme qui s’inscrit dans l’air du temps, qui empeste le populisme. Et TF1, qui caresse les téléspectateurs dans le sens du poil, développe, un journal télévisé de plus en plus populiste pour élargir son audience. Anne-Claire Coudray est le fer de lance, l’éperon de TF1 dans cette stratégie de la première chaîne française qui procède à un nivellement par le bas du débat public qu’il n’hésite pas à l’envoyer par le fond.  Anne-Claire Coudray est parfaite dans son rôle de Lorelei qui précipite la perte des téléspectateurs emportés par le courant de TF1 jusque vers les chutes du débat public à la télévision. 

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