La tête dans la lune, les pieds sur Terre

Thomas Pesquet, « l’envoyé spatial » de France-Info, qui, tous les samedis, fait un compte-rendu radiodiffusé de sa vie dans la station spatiale internationale, n’en a pas moins perdu de vue ce qui se passe 400 kilomètres plus bas, sur le plancher des vaches, sur ce petit coin de terre qui s’appelle la France.

Il a rappelé aux auditeurs de France-info ce qu’Emmanuel Macron lui-même a précisé hier soir dans les locaux de Mediapart où il s’est rendu à l’invitation de la rédaction pour une confrontation « éclairante » avec plusieurs journalistes successifs, dont Edwy Plenel, à savoir, que voter par défaut dans une élection présidentielle est une règle de la vie démocratique.  Ce n’est pas parce que son favori ne figure pas au second tour que c’est une raison de se défausser en n’allant pas voter dimanche 7 mai, ou de voter blanc. C’est ce principe qu’a rappelé ce samedi matin 6 mai Thomas Pesquet, qui a déclaré sur France-Info que  « voter, c’est dire ce qu’on préfère ». Ce qu’on préfère pour la France.

L’astronaute français avait  en effet tout prévu puisqu’il votera demain par procuration. Et sa présence dans l’espace n’est pas selon lui une excuse pouvant justifier l’abstention. Cette déclaration de la part de ce citoyen français qui a la tête dans la lune mais les pieds bien sur Terre ne fait que souligner l’irresponsabilité ahurissante d’une partie de nos concitoyens qui, parce que leur choix électoral n’est pas retenu, choisissent de ne pas choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, considérant qu’il n’y a pas de choix possible entre la peste et le choléra. Devant pareille analyse, il conviendrait d’envoyer tous ces gens-là faire un stage prolongé dans l’espace pour qu’ils prennent un peu de hauteur et qu’ils retrouvent le sens des priorités : Marine Le Pen est tenante d’une pensée d’inspiration national-socialiste qui aura pour conséquence de mettre en péril la République française (à tous les plans, éthique, social,  économique et culturel) et de mettre en bas la construction européenne en retirant la France de l’Union européenne. Emmanuel Macron, lui, propose de remettre en marche la France. Marine Le Pen ne fera que gravement diviser et fracturer le pays alors qu’Emmanuel Macron projette d’unir les Français et de resserrer les boulons pour que, ensemble, ils redonnent une chance à la France. Ce quinquennat est fondamental, il doit réussir là où le précédent a  échoué, car sinon, le Front national, qui n’a de cesse de menacer la Patrie des droits de l’homme depuis des décennies déjà, va finir par sortir de son lit pour de bon pour tout emporter sur son passage, comme un torrent boueux, un torrent fou furieux qui souillera durablement le paysage républicain de ses boues immondes.    

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