Le silence républicain et la fureur politique

Boris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste connu du grand public pour avoir vulgarisé le concept de résilience, s’est exprimé lundi matin sur France-Info sur le sens de la minute de silence lundi 18 juillet à midi pour les victimes de l’attentat de Nice à la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet, et sur l’importance du soutien psychologique que cela apporte aux familles des victimes

Boris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste connu du grand public pour avoir vulgarisé le concept de résilience, s’est exprimé lundi matin sur France-Info sur le sens de la minute de silence lundi 18 juillet à midi pour les victimes de l’attentat de Nice à la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet, et sur l’importance du soutien psychologique que cela apporte aux familles des victimes et à toutes les personnes rescapées et témoins de la tragédie. Cette minute de silence au cours de laquelle les citoyens sont en communion les uns avec les autres et qui permet à toute une société de se rassembler pour faire corps contre l’adversité. Mais pendant que le peuple communie, le monde politique, lui, se déchire entre le gouvernement et l’opposition de droite, par la voix des Juppé, Fillon, Sarkozy et autres Estrosi, qui déclarent haut et fort que tout n’a pas été fait pour éviter pareil drame et que cet attentat est la preuve de l’incompétence du gouvernement en matière de sécurité. Oui, pendant que la société civile fait silence, les responsables politiques, eux, se répandent en imprécations tonitruantes, un raffut qui montre que les prétendants de la droite affûtent déjà leurs couteaux à neuf mois de l’élection présidentielle à venir.  Une minute de silence républicaine pour beaucoup de bruit et de fureur politique, ce qui fait dire à Boris Cyrulnik que les dirigeants de notre pays, décidément, ne sont guère enclins à montrer l’exemple pour apporter un peu de paix à une époque où la terreur se répand comme une traînée de poudre depuis le Moyen-Orient où l’organisation de l’État islamique, même si elle perd du terrain, conserve encore une effroyable capacité de nuisance, comme le montre l’attentat du 3 juillet dernier à la camionnette piégée au centre de Bagdad, qui a fait près de 300 victimes.  

 

 

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