L’Abominable homme d’Avril (groupe agro-industriel)

L’espèce humaine décidément, n’a pas de limite dans sa monstruosité.

L’espèce humaine, décidément, n’a pas de limite dans sa monstruosité.

L’association L 214 vient de révéler au moyen d’une vidéo prise dans l’enceinte de l’entreprise Sanders (https://www.dailymotion.com/video/x7bjhyj), dans la Sarthe, filiale du groupe agro-industriel Avril (ex-Sofiprotéol) et leader français de la nutrition animale, l’existence de vaches munies de hublots pratiqués à même leur panse pour étudier leur rumination afin d’améliorer leur performance.

Apparemment, l’entreprise Sanders n’est pas le seul lieu de ce type d’expérimentation sur des animaux puisqu’à l’INRA, institut national de la recherche agronomique, une trentaine de bovins sont équipées de ce dispositif permettant d’étudier la digestion complexe des ruminants (qui sont dotés de plusieurs estomacs).

Le président de l’INRA en Auvergne-Rhône-Alpes justifie ces recherches en mettant en avant qui leur but qui est d’optimiser l’alimentation des vaches, de limiter les rejets de méthane et de réduire certains troubles sanitaires comme l’acidose, ainsi que d’améliorer la qualité des produits « notamment la matière grasse du lait ». Apparemment, pour l’INRA, la fin justifie les moyens, et la course à la performance et à la productivité justifie qu’on tienne à l’œil la rumination des vaches en ouvrant un hublot sur leurs estomacs.

En réaction aux images révélées par L214, le groupe Avril, maison-mère de l’entreprise Sanders, justifie le recours du procédé dit de « fistulation » en indiquant dans un communiqué que c’est « actuellement l’unique solution permettant d’étudier la rumination animale ». La fistulation « s’accompagne d’un suivi vétérinaire rigoureux et est considérée comme indolore pour l’animal », précise le groupe Avril.

Devant l’abomination de cette affaire, je propose que ce procédé barbare, qui vise à étudier la rumination bovine pour accroître les performances de l’animal, soit testé sur le président humain du agro-industriel pour vérifier s’il est véritablement indolore comme le groupe le prétend dans son communiqué. 

Je rappelle que L.214 est un article dans le code de l’environnement qui reconnaît la qualité d’être sensible à l’animal. Il faut croire que le groupe Avril ne soit guère sensible à cette subtilité du code de l’environnement pour mener ce genre d’expérimentation nazie sur des vaches. « Science sans conscience » n’est que ruine de l’âme, disait Rabelais. Il faut croire que ces scientifiques à la solde d’Avril soient autant pourvus de conscience que l’était en son temps le docteur Mengele, l’ « Ange de la mort », un docteur nazi zélé au service du IIIe Reich qui profitait de la forte concentration d’êtres humains dans l’enceinte d’Auschwitz pour mener ses recherches sur le vivant en se servant d’êtres humains comme de cobayes. 

À notre l’époque où l’on sait qu’il faut impérativement produire moins et consommer mieux, où il faut impérativement apprendre à aller vers la décroissance, où l’on prend conscience de l’importance de l’environnement, où l’on mesure à quel point l’espèce humaine est responsable de sa dégradation, à cette époque-là, dans des centres d’expérimentation, de véritables docteurs Mengele à la solde de groupes agro-industriels conduisent en catimini des expériences  nazies sur le vivant dans le seul but d’accroître la performance des animaux, mus par cette obsession de la productivité, cette obsession maladive de la performance et de la productivité qui est la marque de notre civilisation, cette obsession pathologique responsable des infractions humaines aux lois naturelles qui gouvernent le monde, des infractions graves qui porte atteinte au principe d’harmonie universelle dont nous payons le prix à l’heure actuelle, à commencer par le dérèglement climatique, qui est un signal d’alarme parmi tant d’autres du désordre universel causé par l’action humaine. 

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