Docteur Jeckyll et Mister Jaune

Clermont-Ferrand a été ville morte samedi 24 février en raison de la venue des Gilets jaunes. Une ville barricadée en son centre, ce qui n’a pas empêché la casse place de Jaude par les éternels délinquants qui s’associent au mouvement de contestation sociale .

Un Gilet jaune et militant associatif présent à la manifestation à Clermont-Ferrand, s’est irrité dimanche matin  sur France-Info qu’on puisse  « insulter » les Gilets jaunes en les qualifiant d’antisémites. C’est curieux,  ce déni de réalité, cette foncière surdité, car  l’individu qui a proféré des insultes antisémites à l’adresse d’Alain Finkielkraut lors d’une manifestation des Gilets jaunes à Paris samedi 16 février 2019 ne venait pas de Mars, et même si son comportement n’est peut-être pas représentatif des Gilets jaunes, il n’en demeure pas moins qu’il faisait bien partie d’un groupe de personnes qui défilaient avec les Gilets jaunes. Il en est de même du déni de réalité concernant la perpétuelle présence des casseurs de tous bords qui s’immiscent parmi les Gilets jaunes pour semer la désolation dans leur sillage, ces délinquants-là s’associent aux Gilets jaunes, font corps avec eux. Aussi, quelle mauvaise foi de la part des Gilets jaunes qui proclament haut et fort qu’ils sont « pacifistes » qu’ils ne font rien de mal, et qui disent benoîtement ne pas comprendre pas pourquoi les forces de l’ordre les « gaze », car de fait, ils ne font rien pour se débarrasser de la présence des casseurs qui s’agglomèrent à leur manifestation, qui se cramponnent aux Gilets jaunes comme des tiques se cramponnent à leur proie. La perpétuelle présence des casseurs parmi les Gilets jaunes témoigne d’une forme de tolérance tacite, d’une collusion qui ne dit pas son nom. Car ayant connaissance de la stratégie d’infiltration des casseurs dans leurs manifestations,  si  les Gilets jaunes étaient vraiment des citoyens responsables comme ils le déclarent à l’envi, des citoyens pacifistes respectueux des principes républicains, au vu de leur mobilisation tous les samedis depuis plus de trois mois, cela fait longtemps qu’ils auraient dû mettre en place un service d’ordre digne de ce nom pour empêcher toute infiltration de ces nuisibles parmi eux. Et s’ils laissent en permanence les casseurs les discréditer, ce discrédit finit par dire quelque chose d’eux. Comme si le casseur était pour le Gilet jaune le contraire d’un membre fantôme — un membre amputé d’un corps mais dont l’esprit ne parvient pas à faire le deuil — ,  qu’il était un membre à part entière du corps des Gilets jaunes,  même si l’esprit des Gilets jaunes s’en défendait et le désavouait à voix haute, un membre occulte chargé des basses besognes. Le casseur, comme un manifestant mercenaire au service de la violence latente chez les Gilets jaunes, le bras armé des pulsions de destruction de ce mouvement vindicatif, le casseur, le retour du refoulé des  Gilets jaunes.

Oui, le casseur n’arrive pas par hasard dans la mobilisation des Gilets jaunes, ce n’est pas un accident. La répétition systématique des scènes de pillage, de déprédation et de destruction survenue dans le sillage des Gilets jaunes dit le contraire. Le casseur est l’éperon secret de la mobilisation des Gilets jaunes, une force de destruction désavouée officiellement mais en réalité pleinement intégrée. Une force qui fait redouter les Gilets jaunes dans tous les lieux où ils passent, et qui, par là même, leur donne du pouvoir et la capacité de défier l’autorité publique et le pouvoir politique. Le casseur est au Gilet jaune de ce que Mister Hyde est au docteur Jekyll, son double d’ombre.

 

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