À tâtons dans la nuit

N’importe quel auditeur qui a des oreilles pour entendre ne manquera pas de remarquer l’existence de zones d’ombre tenaces dans cette terrible affaire du meurtre de la petite Typhaine, en juin 2009, jugée à la Cour d’Assises du Nord.

Comment se fait-il que la fillette de cinq ans,  dont la garde avait été confiée à son père depuis qu’elle avait dix-huit mois, ait pu être enlevée par sa mère, Anne-Sophie Faucheur, à la sortie de l’école, en janvier 2009, sans que les Autorités aient fait procéder à la restitution de l’enfant auprès de son père, une enfant qui vivait depuis trois années déjà dans la famille de ce dernier ?

Comment se fait-il que les plaintes pour enlèvement d’enfant déposées par François Taton, le père de Typhaine,  aux commissariats de Lille et de Mons-en-Baroeul, soient restées lettres mortes ?

Comment se fait-il que ses démarches auprès de la Justice soient restées infructueuses ? Comment se fait-il que l’école où la petite fille de cinq ans a été enlevée n’ait pas signalé son absence, puisque l’enfant a été soustraite à son environnement scolaire par sa mère qui l’a séquestrée jusqu’au 10 juin 2009, date de sa mort ?

Quelle est donc cette suite d’aberrations sans nom qui sont autant de signes de graves dysfonctionnements de notre société, sourde et aveugle ?

 

Ce n’est qu’en novembre de la même année que Anne-Sophie et son compagnon, NicolasWillot, après leur mascarade médiatique pour faire croire à la disparition de la petite fille en plein centre de Maubeuge, avoueront avoir tué et enterré l’enfant dans une forêt de la banlieue de Charleroi, en Belgique.

 

Résumons, à tâtons dans le noir : un homme, François Taton, se sépare de la mère de sa fille Typhaine, Anne-Sophie Faucheur, la mère, enlève sa fille pour la soustraire à son père et en faire un souffre-douleur, jusqu’à ce que, secondée dans sa tâche macabre par un certain Nicolas Willot, son compagnon tortionnaire et pompier volontaire, elle finisse par faucher la petite vie innocente, par haine, pour ensuite jouer la partition du saule pleureur (weeping willow en anglais) et faire croire au monde entier à la cruelle disparition de la petite fille qu’elle porte dans son cœur.

 

Taton-Typ-Haine-Faucheur-Willot.

TTFW : tétragramme de la nuit humaine.

 

Ce que la Cour des Assises du Nord devrait juger, outre la marâtre cruelle de l’enfant et son beau-père tortionnaire volontaire, ce sont les institutions coupables de manquement dans ce drame faute d’assistance et d’intervention : à savoir, la Justice, la Police et les services sociaux (que l’école aurait dû alerter). Cette affaire est tout simplement effarante en France, au début du XXIe siècle, par ce qu’elle révèle des défaillances intolérables dans la couture du tissu social par les instances républicaines. 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.