Jean-Pierre Marielle pour l'éternité

Jean-Pierre Marielle s’en est allé, Jean-Pierre Marielle, pour l’éternité.

Jean-Pierre Marielle s’en est allé, Jean-Pierre Marielle, pour l’éternité.

Lui, le dernier des Grands Ducs (film de Patrice Leconte sorti en 1996), après la disparition de Philippe Noiret, puis de Jean Rocherfort (son ancien comparse avec qui il s’était fait expulser de la Comédie française pour « trouble à l’ordre comique » au sein de l’institution), lui, qui savait faire le mariole comme nul autre, avec son grand gabarit, sa moustache d’Oustachi (ou de cosaque, question de point de vue), son grain de voix sans pareil, grasseyant et poivré, lui qui avait su trouver au fond de lui-même cette gravité insoupçonnée pour donner corps au personnage austère de Monsieur de Sainte-Colombe, le maître de viole de gambe janséniste (janséniste, non pas unijambiste) dans le film lumineux d’Alain Corneau, Tous les matins du monde, (sorti en 1991, d’après le roman éponyme de Pascal Quignard), lui, qui avait dans sa palette de jeu l’austérité profonde de l’être (le maître de viole janséniste non unijambiste) aussi bien que la légèreté superficielle d’un gandin dégingandé en vadrouille marchande (le représentant en parapluies des Galettes de Pont-Aven), admirable acteur, au verbe rare ou plus salace, du côté taiseux ou leste et égrillard, lui, Jean-Pierre Marielle faisait partie des grands acteurs de la scène française.

Jean-Pierre Marielle n’est plus, vive le dernier des Grands Ducs !  

Jean-Pierre Marielle dans Tous les matins du monde Jean-Pierre Marielle dans Tous les matins du monde

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