mano a mano

En français, on serre la main à une personne. En anglais, on « secoue les mains »,  shake hands. Donald Trump, lors de sa visite au  nouveau siège de l’OTAN à Bruxelles, s’est employé non pas à « secouer les mains » avec Emmanuel Macron, simplement et brièvement, selon le code de salutation occidentale en vigueur, mais à lui serrer la main comme on serre une pièce dans les mâchoires d’un étau, longuement et avec insistance devant les caméras, comme  pour en éprouver la résistance et mesurer la solidité de la personne au bout. Il a réitéré le geste à Taormina, en Sicile, lors de la réunion du G7, ostensiblement, avec une telle application qu’on peut se demander si pour Trump la poignée de main ne lui tient pas lieu de politique étrangère, dans ces affaires qui lui semblent si étrangères. Mais Emmanuel Macron a montré au président américain que non seulement il ne cédait rien à sa poigne mais qu’il avait du répondant, en manière de lui laisser entendre qu’il n’avait pas l’intention de lui faire la moindre concession, même symbolique. Mais tout le monde ne s’en sort pas aussi bien, à l’instar du premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui a l’air d’être complètement dépassé par la poignée de main du matamore américain, un geste qui dure si longtemps qu’il finit par en être déplacé. Les communicants de la Maison Blanche ont des cheveux blancs à se faire devant le comportement iconoclaste de leur président dont le mano a mano auquel il se livre devient une manie pour le moins encombrante…

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