Mais qui donc est Alexandre Benalla?

L’affaire Benalla, décidément, n’en finit pas de rebondir.

Après avoir appris que ce trouble personnage, en principe chargé de la sécurité du président Macron, avait usurpé la qualité de fonctionnaire de police en se chargeant d’appréhender  des manifestants au printemps dernier, voilà qu’on apprend maintenant que le même individu, qualifié aussi de « chargé de mission » (pour autant que ce titre recouvre une réalité précise), après avoir été démis de ses fonctions par l’Élysée suite à la révélation des abus de pouvoir caractérisés dont il a fait preuve, aurait une fois de plus enfreint la loi en tirant parti de passeports diplomatiques qu’il était censé avoir remis au secrétariat de l’Élysée mais dont le concerné déclare qu’on lui a permis de les conserver. Ce qui a déclenché une plainte en justice déposée par le ministre des affaires étrangères et l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris. Si on peut déjà s’étonner du fait qu’un responsable de la sécurité présidentielle possède des passeports diplomatiques, malgré l’explication donnée par un ambassadeur français qui justifie cette pratique par la nécessité pour ce dernier de pouvoir escorter sans encombre le président lors de ses déplacements à l’étranger, il est encore plus étonnant de voir qu’un ancien responsable de la sécurité présidentielle se rende au Tchad et en Israël muni de passeports diplomatiques auxquels il n’a plus droit pour faire des affaires dans ces pays. Mais quelles sont ces affaires au juste ? Qui au juste est Alexandre  Benalla ? D’où vient-il ? Une chose est sûre, c’est qu’Alexandre Benalla faisait déjà office de garde du corps pour François Hollande puisque de nombreux clichés le montrent en compagnie de l’ancien chef d’État lors de ses déplacements. Quel est le pedigree de cet individu ? Sur quels critères a t-il été engagé à l’Élysée ? Quelle était la mission réelle dont il était chargé ? Qui est ce trouble personnage qui semble se jouer des lois de la République française ? A-t-il réellement des accointances au palais de l’Élysée comme il le laisse entendre ? Qui en effet lui aurait permis de conserver ces documents portant l’estampille de la République française pour s’introduire ainsi dans les cercles du pouvoir de certains pays étrangers ? Décidément, l’affaire Benalla fait penser à ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres, symbole d’un pouvoir gigogne central mal canalisé, mal contrôlé, et qui aboutit à des aberrations comme dans le cas d’Alexandre Benalla, entre cow-boy et barbouze.

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