Quelque chose de raté à l'école

Oui, il y a quelque chose de raté dans l'éducation des jeunes. Et ce quelque chose est énorme... On le dit et l'écrit depuis longtemps. On l'a dit au lendemain du massacre de Charlie Hebdo. On peut le dire, hélas, à nouveau. Quelles réponses croit-on avoir apportées? Des chartes affichées, des incantations, des cours (ah le cours!), des nouveaux programmes que l'on ne "finit" jamais, des journées ou des semaines de ceci ou de cela, des opérations... Bref, rien.

Oui, il y a quelque chose de raté dans l'éducation des jeunes. Et ce quelque chose est énorme... On le dit et l'écrit depuis longtemps. On l'a dit au lendemain du massacre de Charlie Hebdo. On peut le dire, hélas, à nouveau. Quelles réponses croit-on avoir apportées? Des chartes affichées, des incantations, des cours (ah le cours!), des nouveaux programmes que l'on ne "finit" jamais, des journées ou des semaines de ceci ou de cela, des opérations... Bref, rien. On chante la Marseillaise et rien ne change. Même la refondation (dont on n'ose plus prononcer le mot d'ailleurs) ne change rien.
La paperasse est déjà rangée, les discours laissent dubitatif, les usines à cases étouffent les meilleures volontés, les programmes écrasent les finalités, les évaluations n'évaluent rien de ce qu'il faudrait.
Et des enfants qui ont fréquenté nos écoles, nos écoles, nos centres de loisirs, nos colonies de vacances, qui ont subi tous les dispositifs inventés pour donner bonne conscience aux pouvoirs sans rien changer, tuent, assassinent, se révoltent...
Mais ont-ils existé dans nos institutions? Ont-ils pu s'exprimer au lieu de répondre à des questions inductrices qui n'appellent que les réponses attendues par le maître? Ont-ils pu avoir conscience que leur culture, leurs coutumes, leurs traditions, leurs savoirs ont été respectés autant que ceux des enfants formatés pour être des élèves dociles, qui savent donner l'impression d'être attentifs et de travailler sans comprendre, qui font tous les exercices pour avoir de bonnes notes, qui ont le même langage que l'enseignant?
Quelques jours avant les drames de Paris, j'avais écrit un texte sur la prise en compte des savoirs extérieurs à l'école, ceux des immigrés (que je connais bien, car même pour les petits polaks, cela n'a pas été aussi simple qu'on le dit) comme ceux des pauvres (que je connais bien aussi, naturellement), à propos de la mixité sociale annoncée
Au lendemain de ces drames, j'aurais envie de le réécrire en rappelant nos grands pédagogues... C'est sur le site de Philippe Meirieu: meirieu.com/FORUM/fracko_...

Voir aussi et  à nouveau le blog d'Eveline Charmeux.

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