La refondation de l'école est enterrée

La refondation de l’école annoncée en 2012 est enterrée... Plus personne n’ose en parler sérieusement. Hors les réparations, les corrections aux marges, les effets d’annonces, rien n’a changé dans les écoles et personne ne saurait dire ce qui a été refondé

La refondation de l’école annoncée en 2012 est enterrée...

 

Plus personne n’ose en parler sérieusement. Hors les réparations, les corrections aux marges, les effets d’annonces, rien n’a changé dans les écoles et personne ne saurait dire ce qui a été refondé

 

- il n’y a pas eu la mobilisation nécessaire de la Nation pour un grand projet pour les 30 ans qui viennent. Projet éducatif global inscrit dans une perspective sociétale à long terme.

 

- les activités périscolaires qui ont occulté complètement les grands enjeux, sont juxtaposées aux activités scolaires sans lien, sans finalités explicitement partagées, sans objectifs généraux communs. Le projet éducatif de territoire qui aurait pu être un levier considérable pour un vrai changement n’est qu’un acte formel, administratif, sans portée.

 

- il n’y a eu aucun changement dans le fonctionnement pyramidal autoritaire de l’institution. Mépris de l’intelligence collective de la base. Maintien de procédures de commandement et de contrôle obsolètes (l’inspection individuelle)

 

- on a laissé penser que l’on pouvait refonder avec les programmes débiles de 2008, toujours imposés autoritairement à ce jour... et les nouveaux programmes arrivent trop tard pour mobiliser les enseignants qui n’y croient plus. Alors on reprend cette manie terrible du système d’ajouter des parcours et des journées de ceci et de cela, considérant sans doute que les programmes anciens ou nouveaux ne peuvent suffire pour atteindre les finalités dont personne ne parle. Ce problème est d’autant plus dramatique que l’on voit bien en cette période troublée, que l’école aurait pu, pourrait, jouer un rôle déterminant dans la construction du vivre ensemble et du bien commun.

 

- on a laissé se développer ce cancer de l’évaluationnite et du pilotage par les résultats apparents, en sachant – question taboue - que l’on est incapable d’évaluer les pratiques qui les produisent

 

- on contourne par tous les moyens la nécessité de créer l’école fondamentale, celle de l’ensemble de la scolarité obligatoire, en agitant frileusement la vieille idée de cycle CM / 6ème.  On sait bien que la plupart du temps, les heures passées depuis des années à faire le procès de l’amont sont complètement contre productives.

 

- on a rétabli la formation des maîtres à peu près comme elle était avant sa suppression de crainte de déranger l’Université omnipotente. Il est vrai que les formateurs ne sont pas formés pour refonder mais pour conserver.

 

Bref, il n’y pas de refondation, que du bricolage ! La porte est ouverte aux projets les plus réactionnaires pour 2017.

 

Mais tout le monde semble content. Les conservateurs de droite et de gauche qui sont rassurés de voir que rien ne change vraiment. Les prétendus ou soi-disant progressistes,  compromis ou satisfaits de la seule apparence de changement ;

 

J’avais intitulé l’un de mes livres « Pour une école du futur. Du neuf et du courage » (Chronique Sociale. 2009). 2016 : rien de neuf… Quant au courage…

 

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