RADAR: des données statistiques interdites de diffusion !

Depuis le début de l’installation des radars fixes, une très grande arnaque a été mise en place par le Ministère de l'Intérieur. Les marges d'erreur sont extrêmement faibles et touchent nombre d'automobilistes qui ont dépassé de peu la limite. Mais personne ne pourra le contrôler car le Ministère de l'Intérieur interdit la diffusion des statistiques précises le montrant !

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Depuis le début de l’installation des radars fixes, une très grande arnaque a été mise en place par le Ministère de l'Intérieur. Les marges d'erreur sont extrêmement faibles et touchent nombre d'automobilistes qui ont dépassé de peu la limite. Mais personne ne pourra le contrôler car le Ministère de l'Intérieur interdit la diffusion des statistiques précises le montrant !

Des marges d'erreur anti-scientifique !

Les marges d'erreurs sont de 5 km/h jusqu'à 100 km/h, 6 km/h jusqu'à 120 km/h et 7 km/h pour 130 km/h. On est loin de l'écart entre deux graduations du compteur à aiguille qui est très souvent de 10 km/h. Et cette marge d'erreur inclut également celle du radar fixe !

Pourtant dans toute expérience scientifique, si on mesure très rapidement sur des graduations une seule valeur numérique liée à un phénomène instable, il est d'usage de considérer que l'écart entre graduations est la marge d'erreur associée à cette mesure. Pour la très grande majorité des compteurs de vitesse manuel, l'écart entre les graduations lisibles en conduisant est de 10 km/h. Les chiffres affichés pour ces graduations sont très souvent tous les 20 km/h. Il est donc très difficile de repérer immédiatement qu'on dépasse 90 km/h ou 96km/h.

La marge d'erreur imposée sur les PV inclut de plus celle des radars. On peut donc supposer qu'un petit dépassement de 3 km/h, très difficilement détectable sur le compteur cumulé avec une erreur de 3 km/h du radar fixe va également amener à l'infraction (6 = 3+3). Pas étonnant alors de voir nombre d'automobilistes important rester devant un PV à 90 € alors qu'ils pensaient avoir respecter un 50 km/h au compteur.

Il est souvent rétorqué par certains défenseurs des radars stricts que les compteurs de vitesse sont légèrement plus faibles que la vitesse réelle. Une majorité des véhicules ayant plutôt des compteurs à 2 à 5 km/h en moins de la vitesse réelle. Un test avec les systèmes GPS qui sont très fiables en vitesse sur une ligne droite permet souvent de constater cela. Bien entendu rien n'a été prouvé et quantifié auprès des constructeurs automobiles. Tous les véhicules ne sont pas concernés. Et quand on achète un véhicule, cette information d'écart de vitesse au compteur n'est absolument pas communiquée, même s'il est fortement conseiller de vérifier ce genre d'incertitude (bien entendu avec un passager pour lire la vitesse GPS pendant plusieurs secondes).

 

56 km/h ou 75 km/h en ville : même sanction !

Sur une route limitée à 50 km/h, l’automobiliste flashé à 56 km/h aura la même sanction que celui flashé à 75 km/h. Passer de 50 à 56 km/h dans une voie dégagée avec une légère pente arrive très facilement sans même que le conducteur, attentif à la route et son régime de moteur, s'en rende compte.

Pourtant, la sanction financière est très lourde : 90 € au minimum et 135 € dans la forme forfaitaire, la majoration pour retard de paiement étant à 375 € ! L’automobiliste à 75 km/h, qui lui a réellement appuyé sur le champignon, sera sanctionné pareillement que celui qui est à 56 km/h. Est-ce vraiment une méthode pédagogique pour faire comprendre la gravité du dépassement de vitesse ?

Un automobiliste à 115 km/h a la même pénalité que celui qui est à 96 km/h sur une route limitée à 90 km/h… ! Et pourtant, le comportement de l’automobiliste pour ces deux exemples de dépassements n’est pas du tout le même. Pour ces deux comportements très différents l’amende minimale, payée rapidement, sera de 45 €, l’amende forfaitaire sera de 68 €, le retard de paiment de 170 €.

Sur autoroute, c’est bien entendu la même chose. La sanction est identique que ce soit à 138 km/h ou 157 km/h : 45 € au minimum, 68 € de manière forfaitaire et 180 € pour un retard. S’agit-il aussi du même comportement ?

Il est étonnant de voir que depuis 10 ans, ce type d’incohérence n’a jamais été corrigé et ne fait jamais débat dans les ministères.

De plus, de 116 km/h à 146 km/h pour une limitation à 90 km/h, la sanction financière minimale est la même : 90 €, seul le nombre de points retirés évolue.

Depuis des années, les gouvernements ont refusé d’affiner cette large tranche de 20 km/h et rendent injuste et incompris ce système de contrôle des vitesses qui a heureusement porté ces fruits vis-à-vis des plus grands chauffards tout en pénalisant financièrement la plus grande majorité des conducteurs qui se trouvent dans les petits excès de +1 km/h à +5 km/h et qui ne sont très souvent en rien responsables des accidents pour excès de vitesse.

 

Cette impression de racket serait bien confirmée par une censure du Ministère de l’Intérieur !

Devant de telles fourchettes grossières, la sécurité routière ne semble pas du tout être l’enjeu principal. Il s’agirait bien d’un vrai racket de l’automobiliste. Je parle bien de racket car une autre arnaque est en place depuis 2003 pour protéger les responsables de ces méthodes d’extorsion de fonds et pour éviter de dévoiler, preuve à l’appui, l’étendu de cette escroquerie : le Ministère de l’Intérieur refuse de diffuser, au niveau national, le nombre de contrevenants par km dépassé !

Voici ce que m'a répondu le ministère de l'intérieur à demande de statistiques précises :

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Chaque km dépassé compte chacun des dizaines de milliers de PV dressés. Personne ne peut savoir le nombre d’automobilistes qui ont été flashés à 96 km/h, à 97 km/h, etc… Cette donnée par km/h dépassé, pourtant informatisée au Ministère de l’Intérieur est interdite d’accès.

Un particulier qui écrit au Ministère de l’Intérieur n’a aucune chance d’obtenir cette information. Des associations d'automobilistes ou des revues sensibles à ce problème n’ont pas plus de chances et sont donc obligées de faire leurs propres sondages pour estimer l’ampleur de ces disparités.

Le Ministère de l'Intérieur ne donne que le nombre de PV dressés dans la fourchette entre +0 et +20 km/h alors que la très grande majorité des PV est dans la fourchette de +0 à +5 km/h.

Pourquoi cette interdiction de diffusion de données statistiques ?

 

Aucune justification technique pour cette censure

Aucune explication technique et politique n’existe pour justifier la dissimulation de cette information automatisée précise au km/h près, si ce n’est l’établissement d’un véritable racket organisé.

Les quelques sondages effectuées par des associations et des revues automobiles montrent qu’une grande partie des PV de radar (environ 2/3) pour excès de vitesse sont inférieurs à +5 km/h, soit la tranche des 96-100km/h pour la vitesse limitée à 90 km/h. Cette marge se situe, sur les compteurs de vitesses, avant la graduation suivante de la vitesse limite autorisée (70 pour 60, 100 pour 90, 140 pour 130 km/h etc…).

Cette tranche trop large des +0 à +20 km/h de dépassement, établie avec une marge d'erreur de +5 km/h, est donc injuste, scientifiquement non argumentée et pénalise essentiellement les plus faibles excès de vitesses, jamais les responsables des accidents.

Pourtant l'objectif de ces radars et de la sécurité routière est bien de montrer que plus la vitesse est grande, plus les risques d'accident sont important. Ce n'est absolument pas le cas avec les larges tranches de calcul des PV.

 

La proposition de 3 tranches intermédiaires

Si le Ministère de l’Intérieur tenait vraiment compte des niveaux de sécurité, cette marge de 20 km/h devrait absolument être divisée en 2 ou 3 tranches, +1 à +5 km/h, +5 à +10 km/h et enfin de +10 à +20 km/h avec des amendes progressives, justes, mieux comprises et tenant mieux compte de la gravité de l’excès.

Les responsables de la sécurité routière seraient donc bienvenus de proposer pour toutes les limitations, par exemple :

  • un PV minimum de 25 € euros pour la tranche de +1 à 5 km/h, pour sensibiliser l'automibiliste
  • un PV minimum de 45 € avec le point retiré pour la tranche de +5 à +10 km/h pour sanctionner une tendance à dépasser les limites
  • un PV minimum de 90 € avec le point retiré pour la tranche de +10 km/h  à +20 km/h. pour sanctionner un vrai excès sérieux

Une pénalité supérieure à 90 € pourrait être également proposée au-delà, comme cela n’est pas le cas actuellement. Elle toucherait alors réellement ceux qui abusent de l’accélérateur.

Aucune difficulté technique n’existe pour mettre en place ce type de mesure beaucoup plus juste et plus fine. Au-delà, les grands excès et les feux-rouges grillés sont déjà lourdement sanctionnés par les retraits de points.

Bien entendu une telle mesure, pourtant plus chère pour les plus grands excès, risque bizarrement d’alléger sérieusement le montant actuel national des perceptions des PV mais elle ferait disparaître la partie que l’on peut réellement appeler « racket » !

 

Des radars français bêtes, des panneaux allemands intelligents

Contrairement au panneau de signalisation lumineux à affichage de vitesse variant en fonction du trafic et de la période de la journée, comme il en existe beaucoup en Allemagne, le radar automatique français à grosse marge est bête et oblige l’automobiliste à contrôler visuellement en permanence son compteur de vitesse pour qu’il soit sûr que des conditions de conduite très favorables (faible circulation, voies multiples, légère pente etc…) ne le placent pas dès 96 km/h dans la situation d’un vrai chauffard dangereux !

On constate maintenant sur des périphériques urbains que la file de droite est engorgée de véhicules à 80 km/h, aux compteurs mal étalonnés, persuadés de ne prendre aucun risque et d’être près des 90 km/h. Il en découle alros que la file du milieu est de plus en plus envahie par les poids-lourds roulant entre 85 et 90 km/h et dépassant de plus en plus souvent des automobilistes au compteur faiblard ou au comportement hyper sécuritaire.

La file de gauche a du mal à ne pas rester de front avec la file du milieu car tout dégagement par un doublement prend un temps fou !

Est-ce réellement les conditions idéales pour éviter que les véhicules restent trop proches les uns des autres ?

On découvre aussi une très grande augmentation d’une nouvelle infraction difficilement sanctionnable : l’automobiliste qui reste sur la file de gauche ou du milieu, persuadé d’être dans son bon droit avec un compteur de vitesse mal étalonné, alors que la file de droite est complètement libre. Cette infraction est très fréquente sur les routes à deux ou trois voies en périphérique des grands villes et surtout dans les périodes à très faible circulation. Elle favorise de plus des ralentissements soudains, même sans grande circulation et une autre infraction : le doublement par la droite. Ceci semble plus fréquent lorsque ce sont les camions qui s'attardent sur la voie du milieu.

 

Des victimes complices de leur bourreau

De très nombreux automobilistes français paient maintenant plus de PV que d’impôts sur le revenu ! Est-ce politiquement, économiquement et humainement acceptable ? Je ne parle pas des conducteurs professionnels roulant beaucoup qui perdent leur permis de conduire et parfois leur droit de travail avec uniquement un cumul des PV à un point !

Quoi de plus absurde de voir ces conducteurs habitués des difficultés routières en tout temps et sur tout type de routes, n’ayant souvent jamais provoqué le moindre accident, se trouver sans permis avec un cumul de petits excès de moins de 5 km/h qui leur fait perdre en moins d'un an 12 fois un point alors qu’un petit rouleur peu expérimenté, hésitant dangereusement après l’entrée dans un rond-point, roulant à toute petite vitesse à cause d’une mauvaise vue jamais contrôlée, restant isolé sur la file de gauche illégalement à 80 km/h persuadé qu’il roule à la limite autorisée, échappera à toute sanction !

Comme dans les cas de pression psychologique lors de racket, beaucoup de victimes s’adaptent et se taisent et deviennent les complices de leur bourreaux en achetant des équipements supplémentaires, afin d’éviter ces petites fautes limitées à la tranche +1 à +5km/h. Ces victimes ne vont même pas pouvoir savoir s’ils sont nombreux à subir de telles injustices. L’absence de cette statistique est la même méthode qui pousse une victime d’un racket à ne pas dénoncer son bourreau parce qu’il croit être seul dans son cas et parce que personne ne le croit.

Le premier moyen de racket est donc cette énorme marge de 20 km/h raclant tous les petits dépassement de vitesses en imposant un PV unique et cher.

Le second moyen est le principe du point de pénalité même pour les petits dépassements. PV unique dit sanction en point unique. Sans cela une progressivité des sanctions seraient plus pédagogiques mais bien moins rentables pour le Ministère de l’Intérieur, notamment grâce aux stages payant de rattrapages.

Le troisième moyen enfin est la quasi impossibilité de contester et de récupérer financièrement le PV non pertinent. La contestation, même très bien justifiée n'autorise pas l'automobiliste à accéder au prix réduit de l'amende payée rapidement. On encourage donc le paiement sans contestation possible à condition de payer vite. La contestation n'est enregistrable que si le PV est payé au tarif fort et bien entendu impossible si le retard de paiement est trop grand. Elle permet en revanche un report de retrait de point tant que le litige n'est pas terminé.

 

Conclusions

  • Ni Nicolas Sarkozy, ni Brice Hortefeux, ni Manuel Valls, minitres de l'intérieur n'ont amélioré ces injustices depuis 2003.
  • J’attends donc que le Ministère de l’Intérieur actuel diffuse publiquement km/h par km/h les quantités de PV dressés chaque année depuis 2003.
  • Tout citoyen a le droit de connaître ces données précises et donc de savoir l’efficacité réelle des PV dans le respect des limitations de vitesse.
  • Les automobilistes doivent-ils devenir les racoleuses sous haute surveillance pour enrichir un Ministère de l'Intérieur devenu proxénète ?
  • La preuve du racket routier ne serait-elle pas dans cette simple censure statistique ministérielle mise en place depuis 2003 ?

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