AZF : une explosion devant la SNPE dès le 23 août 2001 !

Dans la nuit du 22 au 23 août 2001, une voiture GPL est abandonnée sous le pont autoroutier devant l’entrée de la Société Nationale des Poudres et Explosifs. Cette Peugeot 405 prend feu et explose vers 5H30 avant que les pompiers n’arrivent. Une semaine après, la police alerte l'usine d'un risque d'attentat, un mois après c'est AZF. Aucune mention de cette explosion, ni enquête dans le dossier !

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Dans la nuit du 22 au 23 août 2001, une voiture GPL est abandonnée sous le pont autoroutier devant l’entrée de la Société Nationale des Poudres et Explosifs. Cette Peugeot 405 prend feu et explose vers 5H30 avant que les pompiers n’arrivent. Une semaine après, la police alerte l'usine d'un risque d'attentat, un mois après c'est AZF. Aucune mention de cette explosion, ni enquête dans le dossier !

Des débris sont projetés jusqu’à 50 mètres de rayon. L’explosion abime une ancienne conduite d’eau arrivant sur l’usine Sévéso 2 SNPE.

 


Qui connaît cet événement ? Personne ?


Ah si… La Dépêche, puisque ces détails et deux photographies ont été dévoilés le 24 août 2001…  sur internet et sur le quotidien papier !

Malgré la catastrophe d’AZF moins d’un mois plus tard, malgré une enquête AZF-Toulouse de plus de 6 ans, malgré deux procès AZF qui ont évoqué une alerte précoce à la SNPE le 1er septembre 2001, malgré une commission rogatoire délivrée en mai 2009 lors du premier procès pour investiguer sur cette alerte, personne n’a bizarrement évoqué cet événement du 23 août 2001.

Le quotidien La Dépêche n’a pas cherché à en savoir plus, comme si l’incendie et l’explosion volontaires d’un véhicule GPL abandonné devant une usine chimique Seveso 2 liée à l’armement était banales à Toulouse… !

Et la catastrophe d’AZF moins d’un mois plus tard n’a apparemment pas ravivé les souvenirs des journalistes sur cette explosion.

Quand au travail du SRPJ de Toulouse, vous allez constater que jamais cette explosion n’a été mentionnée, ni étudiée, ni expliquée malgré tous les événements qui vont suivre à Toulouse en septembre 2001 et le complément d’enquête des plus instructifs en mai 2009 sur la première alerte de la police nationale datant du 1er septembre 2001 à la SNPE !

Peut-être que pour cet événement d'août 2001, le parquet a-t-il nommé l’expert en « automobile » D. Van Schendel, et que celui-ci a conclus immédiatement à un simple accident chimique... un incendie spontané de la voiture GPL en raison de la pollution du trafic automobile passant sur le pont autoroutier en pleine nuit par exemple… !?

 


Une explosion étrange devant une usine Seveso 2 !


Les véhicules GPL sont assez rares en 2001. Moins de 0,1% des véhicules du parc automobile français en sont. La plupart de ces véhicules ont été ainsi équipés GPL après leur sortie sur le marché. En 2001, ces véhicules sont en général récents et ne sont pas abandonnés faute de pouvoir encore servir. Cette zone sous le pont est en plein dans le champ de vision du poste de garde de la SNPE dont le principal parking est situé à moins de 50 mètres de la voiture GPL et est constamment surveillé. A 5h30 du matin, le poste de garde n’a pas pu ne pas l’entendre.

Une enquête a-t-elle été lancée ? Les coupables ont-ils été trouvées ? L’incendie et l’explosion sont-ils criminels ? Le propriétaire de la voiture est-il impliqué ? La voiture a-t-elle été trafiquée pour garantir l’explosion ? D'où vient cette voiture ?

Rien, on ne sait rien !

A Toulouse, il y a des événements explosifs qui disparaissent dans les oubliettes de la justice et de l’histoire, surtout quand ils se déroulent devant une usine dépendant du Ministère de la Défense ! Est-ce bien normal ?

En novembre 1998 à Toulouse, une autre voiture GPL avait explosé et brisé des vitres alentours avant l’arrivée des pompiers. Mais c’était dans le quartier de la Reynerie où des incendies de voitures sont devenus hélas du « pain quasi quotidien ».

 


La direction de la SNPE a caché un renforcement du plan Vigipirate fin août 2001


Depuis 1995 et la guerre en Irak, la SNPE est soumis à un plan Vigipirate Renforcé, l’obligeant à un service de sécurité attentif et relativement lourd.

On ne peut pas dire que les clôtures étaient d'un grand modernisme et que les rives de la Garonne étaient très surveillées, mais les véhicules et le personnel entrant, étaient bien plus contrôlés qu'à AZF, l'usine voisine. Des fournisseurs extérieurs de l’usine, habitués à venir régulièrement, ont remarqué que leur véhicule subissait un contrôle tout particulier à partir de cette dernière semaine d’août et non à partir du 1er ou du 11 septembre 2001. C’est le cas du fournisseur en vin Joseph Coma dont le frère Gérard est mort dans l’explosion de l’usine AZF, le 21 septembre 2001.

Cette explosion du 23 août 2001 est elle à l’origine de cette mesure de renforcement des contrôles ? Y-a-t-il eu une enquête discrète menée après cette explosion GPL qui a aboutit à une piste justifiant soudainement des contrôles plus strictes à la SNPE les jours qui ont suivi ?

Cette information et l’explosion du 23 août 2001 ont toujours été dissimulées jusqu’à aujourd’hui par le SRPJ de Toulouse qui n’en a jamais tenu compte malgré les événements de septembre 2001. Mais étant donné que pendant des semaines, suivant le 21 septembre 2001, la direction de la SNPE n'a jamais vraiment été questionnée sur toutes les petites anomalies qui concernaient l'usine (incidents électriques précurseurs, nettoyage "express" des dégâts, témoignages d'un premier événement, circonstance du décès du blessé grave Jacques Zeyen....), on peut se demander si le parquet et les premiers juges de l'affaire AZF n'ont pas "loupé" quelque chose d'important à cette époque !

 


Les mensonges par omission de la direction de la SNPE…


Au début de l’enquête AZF, les renforcements du plan Vigipirate établis depuis 1995 n’ont eu lieu, selon la direction de la SNPE, qu’après les événements new-yorkais du 11 septembre 2001 (attentats du WTC). C’est encore ce qu’affirmait devant le SRPJ le directeur du site SNPE, Roger Meyniel, dans la pièce D3235, le  17 mars 2003, soit 1 an et demi après la catastrophe.

 

Il a fallu attendre le 3 avril 2003, et la remise par la société Sécuritas qui s’occupait de la sécurité du site, de sa liste des entrées-sorties au poste de garde de la SNPE, pour que le directeur industriel de la branche SNPE-Chimie Fine, Daniel SURROCA, confirme que le premier renforcement du plan Vigipirate datait du 1er septembre 2001 et non du 11 ou du 12 septembre, suite à la venue de deux policiers (audition dans la pièce D3271).

 

Le responsable sécurité de la SNPE, M. Mommée s’est évertuer à présenter, aux juges instructeurs de l’affaire AZF, une note du renforcement du plan Vigipirate en date du 12 septembre 2001 à 10H30, comme l'indique de directeur D. Surroca en déclarant qu'elle faisait suite à la réunion organisée à ce propos par la Préfecture… Mais étrangement cette réunion n’eut lieu que vers 18 heures… après l'heure indiquée sur cette note de M. Mommée. M. Mommée a-t-il communiqué un faux à la justice ou a-t-il anticipé cette réunion ?


 

 


Les suisses et la CIA au parfum depuis fin Août 2001...


 Le 22 septembre 2001, alors que le SRPJ et les experts commençaient déjà à préparer le terrain de l’accident chimique, excluant l’acte terroriste, le quotidien suisse Le Matin de Lausanne annonçait que la CIA avait déjà mis en alerte, fin août, la SNPE d’un risque d’attentat. La pièce a été introduite très tôt dans le dossier AZF-Toulouse à la cote D856.


Le dossier judiciaire recèle également un témoignage des plus intéressants de l’employée de la SNPE Anne-Marie Dugua (pièce D949) qui a pu interpeler un photographe Suisse en train de prendre des photos devant l’entrée de la SNPE juste après l’explosion du 21 septembre 2001. Il sera stoppé dans sa fuite en vélo par Mme Dugua. Le personnel de sécurité de la SNPE le présentera à des gendarmes sur place mais bizarrement ces derniers le relâchèrent quelques minutes après et aucune trace de cette interpellation ne put donc être collectée. L’identité du Suisse en question ne fut jamais connue. Mais apparemment, repéré déjà juste avant l’explosion devant l’entrée de l’usine, cet homme était là au bon moment. La gendarmerie a considéré qu’il s’agissait d’un touriste !

Ce photographe a-t-il lu l’article de La Dépêche du 24 août 2001 ? Avait-il remarqué quelques agitations particulières sur Toulouse les jours précédant comme plusieurs témoins Toulousains ont pu le confirmer lors de l’enquête ?

Anne-Marie Dugua n’est plus aujourd’hui, et sa déposition très détaillée et longue, qui relate également l’existence d’un premier événement quelques secondes avant la forte explosion d’AZF, restera sans aucune explication par la justice.

 

En tout cas, une partie du personnel de la SNPE était au courant de la venue de la CIA dès fin mai 2001 sur le site de la SNPE. J’ai pu avoir le témoignage de trois personnes travaillant à la SNPE confirmant ceci. Quelques américains de la CIA, en accord avec les conventions la liant avec la SNPE, étaient bien présents l’été 2001. Des employés ont même remarqué un renforcement de ce staff dès les premières semaines de septembre 2001.

 


La première alerte officielle à la SNPE du 1er septembre 2001


Une commission rogatoire diligentée par le juge Thomas Le Monnyer en mai 2009 et menée par la Gendarmerie Nationale, a permis d’apprendre beaucoup de choses sur cette pré-alerte du 1er septembre 2001.

Le poste de garde de la SNPE reçut la visite de deux policiers provenant du commissariat du Mirail puis moins d’une heure plus tard celle de deux artificiers.

A 10h30, les deux policiers venaient alerter les responsables de l’usine d’un risque d’attentat et tenait leur information des Renseignements Généraux. Messieurs Moncassin et Bourg de la SNPE et le personnel de Sécuritas ont clairement confirmé ces informations. Les policiers sont repartis au bout d’un quart heure.

Robert Moncassin, agent de maîtrise, déposa le 25 mai 2009 : «  Je me souviens très bien. Nous avons eu des renseignements de leur service spécialisé et que l’on risquait d’avoir une intrusion terroriste. J’étais très impressionné. L’entretien a duré 15 minutes environ » puis « Le renseignement était très récent, c’était la raison pour laquelle ils se sont présentés le week-end, vu l’urgence et non en semaine »

A 11h15, un artificier arriva au poste de garde et tint à informer la direction des procédures de contrôle.

M. Moncassin revint à nouveau au poste de garde pour prendre en compte immédiatement ces mesures de sécurité indiquées par cet artificier et solliciter le site de Sécuritas de Labège afin de fournir du personnel pour les rondes. Le second artificier serait apparemment resté hors du poste de garde et ne s’est pas fait enregistré.

Malgré la commission rogatoire de 2009, on ne connaît toujours pas le nom de ces deux policiers du Mirail. Cette commission bizarrement n'a pas fouillé du côté du commissariat du Mirail. Dommage car en 2005, j'ai pu apprendre de la part des employés du Stade de Valmy, boulevard Eisenhower, que du personnel de ce commissariat qui les connaissaient les ont discrètement alerté par téléphone d'un danger imminent près de 10 minutes avant l'explosion d'AZF. Cette alerte a même encouragé deux des quatre employés qui n'étaient pas en bleu de travail de prendre un véhicule et de rejoindre ce commissariat devant lequel ils étaient au moment de la catastrophe pour en davoir plus.

Apparemment les deux artificiers de 11h15, le 1er septembre 2001, ont été trouvés et interrogés en 2009, il s’agit de messieurs Frédéric Ader et Alain Puech. Basés à Colomiers, ils dépendaient tous les deux de la Police Nationale, mais ils n’étaient pas au courant de la venue des deux policiers moins d’une heure avant ! Tous deux confirment l'existence d'une note de service motivant leur venue et que le risque d'attentat était bien l'objet de cette note !

Malgré toutes les auditions et les requêtes de la Gendarmerie en 2009, on ne connaît pas la note d’information qui a déclenché cette alerte… perdue, détruite,… nul ne sait ? Dès le 11 septembre 2001, l'artificier Frédéric Ader a eu l'idée de rechercher cette note mais il ne l'a pas retrouvé à son niveau.

Moins de huit ans après les événements de 2001, la police de Toulouse semble être incapable de retrouver toutes les traces de son travail… ça en dit long sur d’autres types d’enquêtes ?!

 


L’alerte du 1er septembre 2001 était exceptionnelle…


Le personnel de Sécuritas présents à la SNPE, les deux permanents du poste de garde du 1er septembre, ont tous indiqué que cette venue des policiers pour une telle alerte était exceptionnelle.

Le risque d’attentat était bien le motif indiqué par les policiers.

Chacun de ces deux petits groupes a semblé procédé indépendamment dans cette matinée du 1er septembre, ce qui rend encore plus exceptionnel ce type d’alerte à deux niveaux.  Ils dépendaient pourtant tous de la Police Nationale en 2001.

Le pompier de Sécuritas au poste de garde, indiqua que le dispositif de sécurité est monté en puissance avec du monde supplémentaire et que les artificiers ont regardé sous quelques véhicules avec des miroirs adaptés la matin même.

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La direction de la SNPE a, au contraire, minimisé l’importance de cette visite en essayant de la banaliser à tout prix. Elle n’a même pas mentionné ces contrôles visuels de véhicules. Les directeurs Daniel Surroca et Roger Meyniel n'ont pas été interrogés lors de cette Commission Rogatoire malgré le fait que la direction a bien été sollicitée le jour même de cette alerte. En revanche l'audition du Conseil en Sécurité auprès de la Direction, Jean-Claude Mommée, permet de voir la différence de degré d'appréciation avec le personnel du poste de garde.

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Les propos du chef des services techniques Jacques Bourg sur les fréquentations de la SNPE sont très instructives… : « il est arrivé que dans le cadre des bonnes relations SNPE et autres administrations, par exemple le ministère de la Défense, des fonctionnaires, des militaires, puissent être autorisés à visiter les installations ou dans un cadre plus ludique (pour chasser ou pêcher). La SNPE se situant entre les deux bras de la Garonne, l’artificier est peut-être, et sous réserve, allé pêcher ».

L’artificier venu au poste de garde a en effet bizarrement quitté la SNPE sans se faire enregistré en sortie… le personnel du poste de garde et de la sécurité ne comprend pas cette anomalie. L'artificier Frédéric Ader n'est pas ré-interrogé sur cette "petite" anomalie. L'artificier Alain Puech, le premier concerné, suggère même, lors de son audition de mai 2009, qu’il aurait pu aller directement à AZF depuis la SNPE… ! Tout comme M. Ader, ce dernier n'était en revanche pas au courant de la visite des deux premiers policiers 3/4 d'heure plus tôt.

Aucune de ces quatre personnes de la Police Nationale qui ont pourtant parlé au personnel cadre de l’usine n’a eu à déposer son nom. Même si pour certains témoins ils sont rentrés dans l’usine, ils ont pu grâce à leur insigne le faire tranquillement anonymement.

 


D’autres signaux inquiétants…


Plus étrange, dans une confrontation technique du 14 juin 2004 sur la pièce D3775 page 12, M. Jacques Bourg, a indiqué que des informations écrites complémentaires étaient parvenues à la direction de la SNPE le 3 septembre 2001, concernant cette venue des policiers le 1er septembre 2001. Jamais personne n’a pu voir ces documents et le directeur de l’usine Roger Meyniel n’a jamais été interrogé la dessus au cours de l’enquête… !

Le matin du 19 septembre 2001, l’usine AZF de Mazingarbe dans le Nord, voit une des voies ferrées arrivant sur son site être sabotée au niveau d’un poste d’aiguillage… ce n’est pas une éclisse enlevée mais c’est tout comme… le déraillement d’un train rempli de produits chimiques aurait pu avoir lieu si ce sabotage n’avait pas été repéré à temps (cf à la fin de l'article précédent sur Médiapart).

L’enquête n’a pas pu trouver les coupables mais cet événement a été un des motifs qui a encouragé le directeur de l’usine, Serge Biechlin, à mettre en place de lui-même une forme de plan Vigipirate dans son usine à partir du 20 septembre 2001.

Il avait appris, grâce à son directeur adjoint René Maillot, que le directeur de la SNPE, Daniel Surroca, avait bien mis la SNPE Toulouse en Vigipirate renforcé depuis le 1er septembre 2001.

La SNPE et d’autres entreprises et administrations toulousaines ont été convoquées par la Préfecture, le 12 septembre 2001 vers 18h pour confirmer le Plan Vigipirate suite aux attentats du WTC aux USA. Mais l’usine AZF n’était pas concernée. Cette usine AZF a beau voir tout le trafic ferroviaire de la SNPE passer sur ses lignes électrifiées avant de rejoindre le réseau SNCF national, les deux usines ont beau être toutes les deux les héritières de la Grande Poudrerie militaire, les réseaux électriques, les réseaux d’eau, de gaz, de produits chimiques ont beau avoir des points géographiques communs, les usines ont beau parfois se partager le même personnel sous-traitant (CTRA, SCLE, etc…), la préfecture a semblé oublier l’importance de l’usine AZF dans ce cadre d’un plan Vigipirate. Etrange, étrange….!

Toutes ces provocations à caractère terroriste les jours qui ont précédé le 21 septembre 2001 sont-elles uniquement ce qu’elles laissent apparaître ? N’ont-elles pas une autre vocation, et notamment celle d’empêcher pour des raisons de sécurité, l’établissement, dans le secteur du pôle chimique, d’un événement prévu et secret que l’Etat et des entités militaires proches n’avaient pas intérêt à dévoiler et à faire avorter ?

 


Des commissions rogatoires « juste pour le fun »… !


En 2009, l’enquête complémentaire de la commission rogatoire n’a jamais remonté jusqu’à cet événement du 23 août 2001. Etrange… cet événement était forcément connu des services de police.

Cette enquête possède des carences et des contradictions tout à fait anormales que la Gendarmerie Nationale n’a surtout pas essayé d’approfondir ou d’éclaircir. C’est tellement plus pratique comme cela.

Les deux policiers sont toujours inconnus. Sont-ils vraiment des policiers ?

L’enquête n’a pas permis de savoir si la venue des deux artificiers était liée à la venue des policiers juste avant. De plus, aucun document écrit motivant cette venue n’a pu être retrouvé, ce qui n’a pas choqué plus que cela, les enquêteurs.

Les Renseignements Généraux seraient derrière cette démarche de la police, selon les témoins de la commission rogatoire, mais ils n’ont pas été sérieusement sollicités par la Gendarmerie Nationale… !

Cette commission rogatoire a été initiée par le président du Tribunal du Procès AZF de première instance Thomas Le Monnyer alors que le procès n’était pas encore terminé. Y-a-t-il eu étude de ces recherches et de ces dépositions, y-a-t-il eu mention de la moindre conclusion à propos de ces travaux de la Gendarmerie Nationale dans le jugement rendu du 19 novembre 2009 ? Non…!

Cette commission rogatoire avortée de 2009 n’est pas la seule dans ce premier procès. Par exemple une autre concernait l’enregistrement sonore de M. Claude Gros, qui, parait-il, avait pu capter le premier bruit d’une explosion à 35 km… les pièces ont été récupérées, le son a été "visualisé", le matériel a été décrit, quelques auditions ont eu lieu… mais aucune conclusion, aucune prise en compte de ces recherches, aucun rapport de synthèse, aucune réaction de la justice… à quoi servent donc ces commissions rogatoires ?

Bien entendu les parties civiles qui ont voulu récupérer ces données auxquelles elles avaient droit ont eu un mal fou à les récupérer dans des délais convenables et ont vu durant des mois la justice refuser de répondre.

Voilà le travail après 12 ans et après les deux procès AZF : des commissions rogatoires « juste pour le fun »… !

Est-ce bien raisonnable ?

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