AZF : Mise au point sur le communiqué de la SNPE

La direction de la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE), conteste la thèse récemment publiée dans Préventique. Voici son communiqué (texte en gras) et les mises au point que pourrait apporter toute personne ayant pris le soin de regarder d’un peu plus près le dossier judiciaire et les documents liés au secteur de la SNPE.

" La SNPE entend réfuter dans son intégralité les conclusions pseudo-scientifiques publiées dans le numéro 124 - juillet-août 2012 de la Revue Preventique qui la mettent en cause dans le cadre de la catastrophe survenue sur le site AZF le 21 septembre 2001 et qui reposent sur des éléments erronés car contraires à la réalité des faits ; ainsi notamment :

" 1. il n'y a pas eu d'explosion sur le site SNPE ;

La SNPE étant intégrée à un immense site militaire très ancien et dépendant toujours du Ministère de la Défense, la notion « SNPE », ne se limite pas au sol en surface de l’usine de production de 2001 insérée entre les deux bras de la Garonne et la rocade, mais elle doit tenir compte de l’ensemble de ses liaisons directes avec le reste du site militaire… !

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Cette vision élargie change beaucoup de choses. La SNPE dans les années 1980 possédait, par exemple, un site de production d’armements chimiques ultra secret au nord de Tolochimie avec lequel elle communiquait. Même si, en 2001, ce site était entièrement rasé depuis moins de 4 ans, des liaisons de communications souterraines ont subsisté. Il en est de même pour tout le reste du réseau souterrain de la Grande Poudrerie de 1914-18, lui-même en communication avec l’extension allemande de 1943-44 sous la colline de Pech David. Cette dernière, à l’emplacement même d’une très grande galerie militaire légèrement circulaire de plus de 1 km de long, a vu fleurir, au-dessus, deux grands hôpitaux en 1969-70 avec le CHU de Rangueil et en 1982-84 avec l’hôpital militaire Larrey construit par l’entreprise Bisseuil. La SNPE gérait encore en 2001 la centrale hydraulique basses eaux du Ramier, producteur d'électricité situé face aux bâtiments de EDF-RTE.

Quand le rapport de Préventique suggère la possibilité d’une explosion souterraine, elle n’est donc pas nécessairement sous l’enceinte de l’usine de 2001, et, elle n’a pas eu nécessairement d’impact visuel au sol notable et persistant. En revanche, la notion d’une explosion souterraine a été argumentée par Préventique sur le plan sismologique et permet d’envisager une origine explosive profonde à l’Est du site de la SNPE.

Une des grosses anomalies révélée par les tests sismiques de l’été 2004 et volontairement cachée par les experts du collège Lacoume, est que l’amplitude des ondes sismiques provoquées par 35 kg de charge de TNT enterrée à 20 mètres de profondeur en 2004 (0.07 mm/sec) était similaire à celles indiquées arbitrairement en 2001 sur les courbes sismiques toulousaines de l’Observatoire Midi-Pyrénées (0.1 mm/sec) par sa responsable sismologue Annie Souriau. Cette dernière justifiait, grâce à cela, la présence d’une onde acoustique après le premier séisme. En réalité les amplitudes de 2001 étaient énormes et dénotaient bien un premier séisme d’origine souterraine de magnitude 3.2 à 3.4 mesurée par les réseaux sismologiques nationaux et une seconde phase purement sismique de magnitude avoisinant 1.5 provenant tout simplement de l’explosion au sol du hangar 221, neuf secondes plus tard.

Les témoignages des employés de l’usine SNPE qui ont perçu pour certains, le premier bruit d’explosion, des tremblements, des coupures électriques plusieurs secondes avant l’explosion, qui ont, pour au moins trois d’entre eux, été poussés en arrière par un premier souffle plusieurs secondes avant de recevoir l’explosion, sont autant d’éléments autorisant des demandes d’informations sur l’origine de ce premier bruit et ce premier souffle sans nécessairement l’attribuer à la dégradation initiale d’une installation de l’usine.

Le site de la SNPE possède également deux grandes et vieilles cheminées (tours 313 et 252) pouvant servir de « porte voix » efficace à de grande distance pour une propagation souterraine d’ondes sonores. Les rives du bras inférieur de la Garonne accueillent diverses extrémités de canalisations capables de générer également des panaches de fumées et des ondes de pression.

Voici quelques exemples de témoignages d’employés de la SNPE qui ont parfaitement entendu un premier bruit et une coupure de courant dans un délai incompatible avec la thèse du bang sismique derrière laquelle la direction de la SNPE se réfugie pour l’expliquer (Pierre-Yves Le-Roy, Anne-Marie Dugua, Philippe Rochais). A noter que ces témoignages datent du tout début octobre 2001 alors qu’aucune piste n’était censée être privilégiée par les experts. Ils remettent totalement en cause la postériorité de tous les incidents électriques de la SNPE par rapport à l'explosion principale d'AZF.

Témoignage de Pierre-Yves Le Roy (SNPE)

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Témoignage de Anne-Marie Dugua (SNPE)

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Témoignage de Philippe Rochais (SNPE)

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A moins de 700 mètres, si ce premier bruit était d’origine sismo-acoustique et suivait la théorie du « bang sismique » des experts, ces témoins avaient moins de 0,5 seconde entre la fin du premier bruit et l’arrivée de l’onde de choc d’AZF pour tout vivre, ce qui était manifestement impossible. Notons que le communiqué de la SNPE ne parle pas de cette thèse du « bang sismique » et laisse ouvert la possibilité d’un premier bruit du moment qu’il ne concerne pas une installation de l’usine… !

Voici trois témoignages du dossier judiciaire révélant la présence d’un effet de souffle sur le site de la SNPE plusieurs secondes avant l’arrivée de l’onde de choc de l’explosion d’AZF (Jean-Baptiste Jurado, Alain Durand et Claude Chardonnet). Ces témoins sont tous du même secteur de la SNPE dans un rayon inférieur à 100 mètres.

Témoignage de Jean-Baptiste Jurado (SNPE)

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Témoignage de Alain Durand (SCLE-SNPE)

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Témoignage de Claude Chardonnet (SNPE)

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Il existe d’autres effets de souffle précurseur notés par des témoins en dehors de la SNPE : au rond point de Langlade (Gisèle Truschel, Frédérick Combes), dans la société Paul Boyé (Delphine Vardasca) etc… Tous ces lieux appartenaient au territoire de la Grande Poudrerie de 1917.

D’autres témoins extérieurs à la SNPE, comme Hélène Dessac, Michel Correnson, Roger Gall, Lucien Nadal, Philippe Rizzato, Jean Berbié et bien d’autres ont également confirmé devant le SRPJ, sur le terrain même, devant les experts et le juge ou même aux procès, avoir vu un autre panache de fumées différent de celui issu du cratère d’AZF et pouvant prendre naissance géographiquement dans le secteur de la SNPE.

Tous ces témoignages du dossier judiciaire ont été écartés intégralement de toute étude par les experts judiciaires sans aucun motif technique valable. Ce processus de rejet systématique explique que la SNPE, tout comme d’autres sites, n’a jamais été sollicitée par les experts judiciaires pour la recherche d’une explication à ces phénomènes sur son territoire…

Pour plusieurs cas de ces témoignages à la SNPE, il était mentionné par les témoins la possibilité d’entendre des collègues présents au même endroit pour confirmer les faits. Ces vérifications n’apparaissent nulle part dans le dossier judiciaire.

La direction de la SNPE a donc bénéficié d’une étonnante et totale complaisance de la part de ces principaux experts judiciaires pour qu’on la laisse tranquille, même s’il ne s’agissait que de repérer des effets secondaires subis à cause d’un premier phénomène initiateur.

A part les membres liés à la police scientifique comme Jean-Luc Geronimi et Dominique Deharo, ces experts dépendent  du secteur de l’armement et de la Direction des Applications Militaires du Commissariat à l’Energie Atomique CEA-DAM : messieurs Didier Bergues (DGA – CEA Militaire) , Daniel Van Schendel (Lacroix-Ruggiéri), Bruno Feignier (CEA Militaire), Serge Dufort (CEA Militaire), Maurice Leroy (CEA Militaire). Ces deux dernières personnes ont convaincu fin 2005, selon ses propres aveux au procès 2009, le juge d’instruction Thierry Perriquet de clôturer l'enquête…!

Extrait du rapport de Joêl Coudrieau, mandaté par la SNPE

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Le rapport de M. Joël Coudrieau (D6716), expert mandaté par la direction de la SNPE pour une étude statistique des témoignages des deux explosions recèle une arnaque grossière que la direction de la SNPE doit probablement connaître. Cet expert a en effet fait croire à une progression des écarts de temps entre les perceptions par les témoins des deux bruits en fonction de la distance alors que son graphique, à cet effet, a utilisé une échelle de représentation calée sur les nombres de témoignages cumulés et non sur la distance au cratère… trompant les non-avertis et finalement montrant au contraire que ces écarts de temps étaient toujours sensiblement les mêmes quelque soit la distance. Ce graphique était donc incompatible avec la thèse officielle du « bang sismique » contrairement à ce que cet expert claironnait dans son rapport. La direction de la SNPE a avalé tout cru ce genre de tromperie qui, bien entendu, n’a jamais choqué les experts judiciaires qui soutenaient également la thèse du « bang sismique » et qui ont réalisé une étude statistique encore plus limitative et orientée.

" 2. il n'y a pas eu de fuite d' "Ergol" ;

La disparition de 10 tonnes d’UDMH a été confirmée par un document issu de la SNPE remis en main propre par le directeur de l’usine AZF, Serge Biechlin à M. Jean Bergeal, ingénieur retraité d’EDF. Lors de son passage à la barre le 15 décembre 2011, M. Bergeal a remis ce document au président de la cour Bernard Brunet et a laissé suggérer que le groupe Total, ayant négocié un pacte de non-agression avec la SNPE, ne tenait pas à ce que ce type de document soit exploité. Aucune vérification n’a encore été apportée jusqu’à aujourd’hui et les experts judiciaires n’ont jamais tenu à vérifier ce genre de documents au sein de la SNPE alors que cette usine devait en permanence passer par les voies ferrées électrifiées d’AZF pour échanger ses produits. Cette piste de la disparition d’ergol proposée par la revue Préventique et déjà évoquée par le journal Valeurs Actuelles avant 2006, n’est plus du tout du goût du groupe Total et du cabinet Soulez-Larivière qui ont renoncé à inquiéter la SNPE lors des deux procès.

La simple déclaration de la direction de la SNPE n’est pas une preuve. Des vérifications  rigoureuses semblent nécessaires !

Fuite, disparition ou bien utilisation non déclarée ?

L’hypothèse de la fuite d’ergol, suggérée également par les très nombreux témoignages d’odeurs très fortes au nord de la rocade (DDE, Lycée Galliéni, chemin de la Loge…) et donc dans le sens du vent d’Autan provenant de la SNPE ou de ses rives, ne concerne pas nécessairement le site actuel de l’usine SNPE mais peut faire l’objet d’un stockage souterrain, inconnu d’une grande majorité du personnel de cette usine, en dehors du site, tout en étant à proximité ou en connexion.

La SNPE serait aussi bienvenue d’expliquer ce qui existait, en 2001, sous le dôme végétal de 7000 m2 situé près de la station d’épuration au sud du site, sous protection d’une lance à incendie fixe de très forte pression. Cette zone a nécessité l’après-midi du 21 septembre 2001 l’intervention en urgence de remorques de refroidissement internes à la SNPE. Le toit du bâtiment 451 a été enfoncé mais prestement et entièrement retiré par la SNPE avant les expertises. Un arbre a aussi disparu entre la période de Juillet 2001 et le 27 septembre 2001. Les photographies aériennes AEROSCAN de septembre 2001 et la vidéo aérienne de la gendarmerie vers 13 heures en témoignent.

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D’une manière générale, aucune expertise des dégâts des installations du site de la SNPE, n’a pu être réalisée avant l’intervention humaine de grande ampleur nettoyant au plus vite l’essentiel, enlevant les bardages, les toitures, de nombreux débris au sol. La direction de la SNPE a été incapable de fournir à la justice et aux experts des sociétés analysant les dégâts comme Technip, Socotec ou TNO etc… des documents photographiques précis avant même ces interventions comme s’il était préférable de ne pas tracer l’impact premier de ces événements auprès des assureurs et de la justice ! L'expert Roger Bourgois a pu observer, dans ses rapports, une liste de dégâts anormaux méritant un examen approfondi sur plusieurs bâtiments de la SNPE mais cet expert est décédé en 2005 avant même d'avoir pu être cité aux procès AZF-Toulouse de 2009 et 2011.

" 3. il n'y a pas eu de blessé ou de mort évacué du site avant l'explosion d'AZF ; malheureusement il y en a eu après ;

FAUX : une plainte contre X pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre déposé par moi-même le 10 septembre 2008, a été transmise au Procureur de Toulouse par le procureur de la République de Montpellier car cette plainte était assortie d’informations graves recueillies auprès de témoins rencontrés à Toulouse de 2006 à 2008. Ils devaient être entendus dans un même temps dans un cadre de protection particulier empêchant toute pression individuelle avant leur audition. Alors que le procureur de la République de Toulouse ne connaissait pas encore les noms de ces témoins dans cette plainte et qu’il connaissait les circonstances proposées par le SRPJ de Montpellier pour les faire entendre, ce procureur de la République de Toulouse a rejeté purement et simplement cette plainte, sans aucun motif, trois mois après son dépôt.

Plainte contre X pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre

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Schéma des 2èmes sous-sols liés à la SNPE

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Audition du témoin Miloud Abdelouhab ayant vu un groupe d'hommes avec des torches

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Alerte lancé à la police par Miloud Adbelouhab le 21 septembre 2001 à 7h

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Classement sans suite et sans aucun motif de la plainte par le parquet de Toulouse

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La plainte révélait la mort rapide et discrète d’un homme inconnu de l’usine SNPE, qui a émergé, gravement blessé vers 3 heures du matin sur ce site, avec deux autres collègues valides, également inconnus du site. Ils ont demandé d’urgence une aide au poste de garde de la SNPE. Les pompiers de la caserne Vion seraient venus. Le préfet aurait été contacté et aurait ordonné l’envoi d’une ambulance privée pour sortir ce blessé qui serait mort dans l’ambulance. Cette plainte contenait aussi certains éléments du dossier judiciaire coïncidant en lieu et heure avec les événements nocturnes de la SNPE. D’autres éléments ont été depuis trouvés dans la dernière version du dossier judiciaire communiquée aux parties civiles en 2009. Ils pourraient être assortis d’une audition complémentaire de l’agent du poste de garde de la SNPE et celles d’autres employés non toulousains travaillant pour un sous-traitant de la SNPE et présent sur le site dans la semaine du 17 au 21 septembre 2001.

Là encore, la direction de la SNPE a bénéficié d’une étrange volonté de ne rien vouloir savoir de la part du parquet de Toulouse en 2008 et cette direction se targue de n’avoir rien à cacher alors que le parquet empêche sciemment et systématiquement toute approfondissement sur les événements concernant cette société le 21 septembre 2001.

" 4. le site SNPE de Toulouse n'était pas classé Secret Défense ; à aucun moment le Secret Défense n'a été invoqué par notre société qui a donné libre accès aux enquêteurs, y compris à ceux mandaté par Total.

Encore FAUX : le survol de la SNPE n’a jamais été autorisé par la SNPE pour l’étude héliportée des traces magnétométriques effectuées en Juin 2002 par les sociétés Geoid et Fugro. Aucun motif n’a été mentionné par la direction de la SNPE qui, là encore, bénéficie d’un Secret-Défense implicite et automatique de la part de la préfecture. (Cf D4304 page 11)

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L’Institut Géographique National (IGN), sur recommandation de la Délégation Générale de l’Armement (DGA), a également empêché tout utilisation, par la justice elle-même, de ses fonds cartographiques et photographiques du site de l’usine SNPE alors que ces derniers n’indiquaient aucune information professionnelle particulière et alors que des organismes différents de l’IGN, comme le Grand Toulouse, divulguaient sans problème de telles informations. De quelles instructions exactes  l’IGN disposait-elle pour empêcher la justice d’accéder à de tels documents nécessaires à l’enquête, après 2001, si ce n’est un secret-défense imposé par la DGA ? La pièce du dossier judiciaire D1866 est très claire sur ce point. Ceci est d’autant plus inquiétant que le rapport principal (D6721 à D6726) de la thèse chimique, soutenue par le parquet, a été rédigé en 2006 par l’expert judiciaire Didier Bergues, qui n’a pas hésité à mettre en en-tête le nom de la DGA dans son rapport et il a donc impliqué intégralement dans ses travaux ce censeur de premier ordre !

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Le site de la SNPE lui-même étant basé sur une partie de l’ancien terrain militaire de la Grande Poudrerie Nationale, dispose en dehors même du fonctionnement industriel de l’usine, des structures souterraines, des réseaux électriques et des résidus de ce long passé militaire dont la direction de la SNPE n’a jamais communiqué la teneur alors que ce type d’information était nécessaire pour dissiper tout malentendu et pour aider les différentes recherches.

La direction de la SNPE considérait-elle ces éléments inutiles pour l’enquête ? Où les considérait-elle comme Secret-Défense ?

" Il est plus que singulier que la nouvelle thèse développée par la Revue Préventique paraisse plus de dix ans après les faits et à un mois du délibéré devant être rendu par la Cour d'appel de Toulouse, soit le 24 septembre prochain, alors que des investigations scientifiques très poussées ont été réalisées pendant plusieurs années par des collèges d'experts réputés nommés par les autorités judiciaires et qu'un rapport d'expertise judiciaire extrêmement circonstancié a été rendu mettant totalement hors de cause la SNPE. "

Comment des investigations scientifiques très poussées auraient-elle pu être menées à la SNPE alors que la direction de cette usine a osé affirmer à la justice qu’elle ne disposait que d’un consignateur d’état électrique incapable de survivre à une coupure de courant, comme unique élément de traçage des incidents électriques de son site Seveso 2 !!! L’aveu d’impuissance du responsable électricien de la SNPE, Dominique Deure dans la pièce D2056 est bien présent et très stupéfiant pour un tel site chimique !

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N’ayant bizarrement que ce misérable instrument, aucun suivi des incidents électriques depuis 8h du matin et jusqu’à l’heure de l’explosion n’a pu être réalisé sur le réseau électrique interne du site de la SNPE !

A cause de cela, les experts judiciaires ont « gentiment » considéré qu’aucun incident électrique n’avait eu lieu sur le site de la SNPE avant les premiers incidents électriques d’EDF. C’est tellement plus simple comme ça !

Ils ont, de plus, ignoré l’étude d’une grande partie du reste du réseau électrique de cette usine et notamment l’étude du réseau actif 13.5 - 20 kV connecté au poste électrique F2 du bâtiment 317 (ancien bâtiment de l’OTAN), qui bénéficiait encore en 2001 d’une ligne de secours 20 kV secret-défense provenant du poste électrique Lilas, chemin des Etroits, de l’autre côté de la Garonne.

Photographie aérienne de 1970 montrant les anciens bâtiments de l'OTAN, dont le bâtiment 317 contenant le poste électrique F2.

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Une telle insulte à l’image de l’industrie française qui la montre sous-équipée comme au début du XXème siècle, à la crédibilité des employés de cette usine qui ont pu en partie contribuer à en savoir plus sur ces incidents, a été clairement affichée par cette direction nationale de la SNPE et a été acceptée sans sourciller par les experts judiciaires, auteurs des « investigations scientifiques très poussées » ! Avec la complicité du parquet et des principaux experts judiciaires, la direction de la SNPE continue donc, à travers tous ces barrages qu’elle a opposés dès les premiers jours et jusqu’à aujourd’hui, à se moquer du monde !

 

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