Datation%20telephonique%20-%20Synoptique.jpgLa plus grande supercherie des experts judiciaires et du groupe Total repose depuis le début de l'enquête sur la datation exacte de l'explosion du hangar 221 d'AZF : ils ont avancé de 9 secondes cette datation.

Soucieux d'associer arbitrairement le séisme principal de magnitude 3.4 à l'explosion d'AZF qui a formé le cratère et surtout pas à autre chose, les experts judiciaires et les responsables sismologues de l'observatoire Midi-Pyrénées et de la Direction des Applications Militaires du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA-DAM) ont dès le début fausser la donne en avançant arbitrairement de près de 9 secondes l'heure de l'explosion d'AZF.

Une des meilleures preuves de cette supercherie scandaleuse est contenue dans les datations téléphoniques miraculeusement échappées au silence assourdissant des expertises du dossier judiciaire. Toutes ces datations montrent que l'explosion du hangar 221 a eu lieu après 10h18'04 et non à l'heure du séisme principal proposée à 10h17'56.4 par le réseau national de surveillance sismologique (RéNaSS) et à 10h17'55.5 par les experts judiciaires.

Les données sismologiques sont également une deuxième preuve puisque le sismographe le plus proche situé à l'OMP de Toulouse a bien imprimé un premier séisme de très forte magnitude pour une origine artificielle avec d'importantes ondes de cisaillement captées à 800 km, séisme issu d'une explosion et/ou d'un effondrement souterrain profond sous la colline de Pech David, puis une seconde phase sismique beaucoup plus faible, une dizaine de secondes plus tard, issue de l'explosion du hangar 221 d'AZF et enfin une troisième phase acoustique quelques secondes plus tard, issue de l'onde de pression de cette explosion sur le sol toulousain.

Enfin, la troisième preuve réside tout simplement dans les enregistrements électriques montrant la succession des deux séries d'événements électriques, une commençant à 10h17'56.1 au niveau du producteur d'électricité de l'usine d'incinération de la SETMI, ainsi qu'au poste 63kV/20kV de Lafourguette, à un des postes 13,5 kV de l'usine SNPE et au poste HTA/HTB de Vernet-Radio, et une seconde série commençant à 10h18'07.34 juste après l'explosion du hangar 221 suite à un court-circuit et une rupture d'un des câbles de la ligne 63 kV aérienne reliant le poste de Lafourguette au poste du Pont-des-Demoiselles.

Détaillons ces trois points cruciaux :


Les datations téléphoniques


Les factures détaillées de France-Télécom ont l’immense mérite d’être fiables à la seconde près en heure absolue. Raccrochés, décrochés et durées de communication sont donc détectés et archivés à la seconde près. Après examen exhaustif et détaillé des pièces du dossier judiciaires relatives à ces datations, il apparaît clairement que l’heure de l’explosion d’AZF a eu lieu après 10h18’04 et non à 10h17’55 comme annoncé par les experts judiciaires ! En effet, l’ensemble des datations de communication issues de l’usine AZF-Toulouse (10 cas) au moment de la catastrophe, ainsi que le seul cas de datation téléphonique communiqué à la justice par un témoin extérieur à AZF qui a déposé dans le dossier judiciaire, permettent de prouver, en les confrontant aux déclarations des témoins concernés par ces appels, que l’heure de l’explosion d’AZF-Toulouse est nécessairement après 10h18’04 et non à l’heure de 10h17’55.455 comme annoncée par les experts judiciaires depuis 2005.

Aucune datation téléphonique n’a pu être compatible avec la datation de l’explosion d’AZF de 10h17'55.455 par les experts judiciaires !

De plus, plusieurs demandes d’investigations repérées dans le dossier et effectuée avant la clôture de l’enquête, à la fois sur ces datations et sur l’autocommutateur téléphonique d’AZF sont restées sans réponse jusqu’à aujourd’hui… !

L'ensemble des informations sur les datations téléphoniques que contient le dossier judiciaire AZF-Toulouse au moment des événements de la catastrophe d’AZF sont issues des pièces D5202, D6279 et D6295. Aucune autre datation se trouvant dans la minute précédant et dans la minute suivant les événements (de 10h17 à 10h19) n’a pu être trouvée dans le dossier. C'est très peu pour une telle affaire où la chronologie des événements et des témoignages est primordiale mais c'est suffisant pour s'apercevoir que, même en tenant compte des délais sonores, les témoins au téléphone n'avaient pas encore vécu l'explosion d'AZF alors que 10h18'00 était déjà passé !

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Voici la fin du listing fourni par NextiraOne (datation de France Télécom) et comportant l’ensemble des dernières datations des communications sortantes depuis l’usine AZF-Toulouse (pièce D6279 page 60 et 61).

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La 3ème colonne mentionne l’heure exacte à la seconde près du début de la communication, correspondant à la date exacte du décroché de l’appelé, la 4ème colonne mentionne la durée exacte à la seconde près de la communication. Il a été rajouté sur le document en rouge, l’heure de la fin de la communication à partir du début et de la durée de la communication. Elle correspond à la coupure de la communication qu’elle soit de l’appelé ou de l’appelant, et ce, à la seconde près. La dernière heure de coupure enregistrée est à 10h18’09 à la seconde près. Au même niveau de la ligne a été reporté sommairement les noms de l’appelant et de l’appelé quand ceux-ci ont été retrouvés, ainsi que les pièces judiciaires correspondant à leur audition, attestation ou autre déclaration. Un X a été mis lorsque ces interlocuteurs n’ont pas pu être identifié. Il se peut que pour certains cas, ce soit des télécopieurs.

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Un exemple de témoignage concerne Melle Boujmala qui a vécu l'explosion d'AZF juste après avoir raccroché pour la dernière fois. Ce raccroché ne peut être antérieur à 10h18'04.

Je me trouvais sur le site, dans la salle de contrôle du service R.F, juste avant l'explosion, j'étais au téléphone, j'appelais un portable, la communication était hachurée. Mon interlocuteur se trouvait à l'arrêt sur un parking à BLAGNAC. Le début de la conversation était claire, puis elle est devenue hachurée, celle ci a durée une minute à peine. J'ai raccroché, j'ai rappelé et je suis tombée sur la messagerie, j'ai raccroché. Ensuite, je me souviens, d'un tremblement puissant, les murs du bâtiments ont bougé. Je me suis réfugiée dans un angle de mur. J'ai mis le masque à gaz et le casque et je suis sortie. Les vitres et le faux plafond de la salle de contrôle où je me trouvais sont tombés, la salle se situant à l'intérieur du bâtiment, elle ne donne pas à l'extérieure. Pour ma part, je n'ai entendu qu'une seule explosion, juste après, presque simultanément, avec les tremblements. Je n'ai pas été blessé dans cette catastrophe, juste ma voiture présente sur le site à souffert. Je me réfugiée dans un bungalow. Ensuite je suis ressorti pour aller dans les bureaux qui étaient détruits. Puis le personnel R.F A.C.D s'est regroupé sur le parking situé devant les bureaux RF. Nous avons secourus les blessés de nos secteurs. Puis je suis partie.

Tous les détails de cette étude sur les datations téléphoniques et les témoignages des personnes au téléphones se retrouve dans le document "AZF - Les datations téléphoniques du 21-9-2001 contredisent la version des experts judiciaires", retransmis au premier président de la cour d'Appel plusieurs mois avant le procès en Appel.


Les datations sismologiques


Dès le 26 septembre 2001, la responsable sismologue de l'OMP, Annie Souriau, dans un rapport communiqué à la DRIRE Midi-Pyrénées, affirmait, selon des témoignages qu'elles n'a jamais fournis, que le premier bruit entendu par des centaines de témoins toulousains était dû à un effet sismo-acoustique du transfert du son par le sous-sol. Jamais nommée expert, cette scientifique spécialiste des séismes d'origine naturelle et non d'origine explosive s'est soudain précipitée avant même le début de l'instruction, engageant avec elle le RéNaSS et le CEA Militaire. Pour le plus grand bonheur du procureur Michel Bréard et des responsables politiques de la cohabitation, ce court rapport, destiné à la DRIRE, absolument pas étayé, largement médiatisé et sur-exploité, a donc orienté dès le début l'enquête qui n'a plus cherché à identifier l'origine du premier bruit.

Tout comme le CEA Militaire en 2002, l'OMP a fait l'hypothèse dès le démarrage de son étude, que l'épicentre du séisme principal était obligatoirement au niveau du cratère d'AZF. Etonnante démarche scientifique pour des sismologues puisque, non seulement, la vérification de l'épicentre n'a pas été réalisée, mais également toutes les études sismologiques de cette enquête n'ont porté que sur les courbes d'un sismographe au rebut situé à Toulouse et comme par hasard, sans synchronisation horaire et sans calibrage des amplitudes. Le groupe Total n'a jamais tenu non plus à contrôler cet épicentre et a soutenu jusqu'aux procès cette thèse sismologique officielle.

C'est pourtant bien en vérifiant cette hypothèse non démontrée que l'on constate que cet épicentre principal proposé par les experts judiciaires n'a aucune chance d'être sur le territoire de l'usine AZF, ni même sur celui de la SNPE mais bien sous la colline de Pech David. Cela a fait l'objet principal de mon témoignage au procès en Appel en décembre 2011.

Placer l'épicentre principal au niveau du cratère avec l'heure officielle de 10h17'55.455 amène, en effet, à constater des vitesses moyennes des premières ondes volumiques complètement aberrantes pour plusieurs des sismographes (en dehors de 5700 à 6300 m/sec). Voici le tableau correspondant issu des sélections de stations sismographiques effectués par Mme Souriau en 2001 dans la pièce D1967.

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L'analyse des arrivées des premières ondes de compression permet en revanche de profiter de l'éventail de distribution Est-Ouest que constitue les stations pyrénéennes et d'avoir une idée précise de la longitude en respectant une vitesse moyenne cohérente et homogène de ces ondes.

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Avec une heure de 10h17'56.63 très proche de celle du RéNaSS actuellement (10h17'56.35) et encore plus de celle du RéNaSS les premiers jours (10h17'56.77), soit plus d'une seconde après la datation sismologique imposée par la justice et le CEA Militaire en 2005 (10h17'55.455), toute une zone entre le CHU de Rangeuil et l'ancien hôpital militaire Larrey, construit en 1982-84 par l'entreprise Bisseuil, permet de caler des vitesses moyennes d'ondes de compression cohérentes et étonnamment très convergentes. Seul le vrai épicentre peut provoquer une telle coïncidence sur plus de 15 stations du RéNaSS et du CEA Militaire.

Voici les images d'un tunnel souterrain secret photographié en 2007 par un témoin, qui a travaillé dans les sous-sols de Larrey, montrant la grande galerie de plus de 1 km reliant une salle sous le réservoir d'eau du CHU de Rangueil, les sous-sols de Larrey et la quartier de Pouvourville.

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Cette galerie construite en 1943-44 par les allemands, connue de médecins militaires de Larrey et du service de sécurité de Larrey, est toujours tenue au secret alors que le personnel médical actuel du pôle hospitalier civil Rangueil-Larrey pourrait largement en profiter. Elle est peu profonde et fait partie de plusieurs infrastructures souterraines commencées par les allemands. Des extensions souterraines beaucoup plus profondes ont été réalisées en 1991 avec un très important bétonnage, et avec encore la participation de l'entreprise Bisseuil, provoquant des bruits sourds entendus dans les cloisons des habitants proches.

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Le jour où la Ville de Toulouse et le Ministère de la Défense oseront révéler l'existence de ces infrastructures militaires, beaucoup de choses évolueront sur la compréhension des témoignages du dossier AZF-Toulouse comme celui de F. P. dans l'amphithéâtre de la faculté de médecine, ou celui de Sylvain Duhamelle et sa fille habitant tout près de l'épicentre, chemin de Dardagna. Les habitants de Pouvourville et de la rue Salade-Ponsan, qui ont repéré des dégâts proches de leurs fondations, pourront également mieux comprendre ce qui est arrivé ce 21 septembre 2001. Il en est de même pour la grande fissure qui a touché la façade du bâtiment des urgences du CHU de Rangueil.

 

Témoignage inexploité de F. P. qui aurait pu être confirmé par l'audition de nombreux autres témoins du même amphi.

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Témoignage inexploité d'après un appel téléphonique retranscrit en 2004 dans la pièce D5811 page 25.

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Les courbes de l'OMP présentent bien trois phases sismiques et non pas deux, la première étant issue d'un premier séisme souterrain à 10h17'56.6, la seconde de l'explosion d'AZF à 10h18'05.2 et la troisième étant en réalité celle de l'effet de l'onde de pression, ressemblant fortement à celle perçue par la première station du CEA Militaire.

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Les datations électriques


Deux salves d'incidents électriques, deux bruits d'explosion, deux séismes,... les phases de 10h17'56-10h17'58 et de 10h18'05-10h18'07 ne coïncident pas par hasard.

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Le plus gros dégât physique touchant les lignes haute-tension est survenu à 10h18'07.34 sur la phase la plus basse de la ligne 63 kV aérienne reliant le poste Lafourguette au poste du Pont-des-Demoiselles. Les experts judiciaires ont inventé un scénario jamais démontré de l'impact d'un objet mystérieux d'environ 80 kg qui aurait monté depuis le cratère très haut dans le ciel pour redescendre quasiment à la vertical avec un effet de coup de fouet sur ce câble, provoquant alors le court-circuit et sa rupture. L'objet n'a jamais été repéré. Et manque de chance, le fameux câble qui a été, soi-disant, expertisé par ces experts judiciaires et la société SERMA-TECHNOLOGIES s'est avéré finalement être un faux câble fourni en neuf tronçons. Un agent d'EDF-RTE a avoué, au procès en Appel, qu'EDF-RTE avait récupéré au hasard des tronçons de câble 63 kV chez un grossiste ferrailleur bien trop tard et que leur direction nationale leur a demandé de se taire à ce propos ! Les brins des deux bouts de câbles rompus n'ont même pas été contrôlés pour leur authentification par les experts qui ont réclamé ces câbles en juillet 2002 et qui ont fait étonnamment pleine confiance à EDF.

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Les causes de cette rupture ne sont donc pas connues mais elle serait survenues près de 11 secondes après l'heure officielle de l'explosion du hangar 221 alors que ce câble se trouve à moins de 250 mètres du cratère. Un tel retard est très peu probable alors que des effets directs issus de la très forte explosion aérienne de ce tas d'ammonitrate peuvent beaucoup mieux expliquer cette rupture si l'heure de l'explosion est à 10h18'05.

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Encore pas de chance pour les experts judiciaires, la synchronisation absolue des datations électriques internes à AZF a été réalisée par le rapport de Michel Meunier, expert mandaté par le groupe Total, grâce au repérage de ce court-circuit sur les deux réseaux électriques EDF et AZF. Là encore, les fautes graves dans l'expertise du câble des experts judiciaires remettent en cause cette synchronisation qui satisfaisait pourtant à la fois le groupe Total et ces experts judiciaires. En réalité, cette synchronisation contredit totalement les datations téléphoniques internes de l'usine AZF.

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Merci de votre réponse très documentée... J'ignorais les détails post-mortem relatifs à Hassan J....

Le "projet à caractère militaire ou à haute valeur scientifique" que d'aucuns auraient peut-être voulu saboter aurait-il à voir avec la technologie WordSpace de la société éponyme sise à Toulouse, ou bien visez-vous plutôt un projet lié à la Sté Nationale des Poudres et des Explosifs ?

Il me semble avoir lu à l'époque que Laurent Fabius venait ce jour sur Toulouse - en avion - inaugurer une technologie nouvelle et résolument révolutionnaire dont la démonstration aurait dû être faite dans le cadre de sa visite, mais a été annulée suite à l'explosion d'AZF ?