AZF - La mémoire des vidéos et photos écartée par la justice dès le début !

AZF, 10 ans après il n'y a toujours pas de coupable...?!

Les accusés, le directeur Serge Biechlin et la société Grande Paroisse ont été relaxés au premier procès de 2009. Les avocats de la Défense osent prétendre que les victimes devront admettre que de tels cas de catastrophe peuvent ne pas avoir d'explication et donc ne pas avoir de coupables.

Mais si ces avocats ont clairement montré les énormes faiblesses de la thèse officielle des experts judiciaires et s'ils ont obtenu une double relaxe en première instance en 2009, les responsables du groupe Total ont-ils vraiment aidé la justice à rechercher la vérité ?

J'en doute et à voir certaines informations stupéfiantes du dossier judiciaire, on peut franchement suggérer que dès les premières heures, l'omerta a été conjointement mise en place par le Groupe Total et les responsables politiques et judiciaires de l'époque.

- Aucune vidéo des caméras du périphérique pourtant situées pour certaines à 250 m du cratère d'AZF ne sera réclamée par la justice ou Total et ne sera versée au dossier ! Combien de fois de telles images autoroutières ont pu servir dans des enquêtes... mais là pour une telle catastrophe : c'est NIET !

- 7 vidéos à déclenchement numérique et une vidéo VHS de la société voisine des bus SEMVAT situé de 300 à 600 m du cratère d'AZF n'ont jamais été expertisées ! Elles sont au dossier mais le responsable sécurité de la SEMVAT ayant affirmé qu'une coupure de courant avait coupé les caméras juste avant l'explosion, ces images n'étaient pas intéressantes...! Les experts judiciaires, tout comme les juges d'instructions ont estimés que cet avis d'un employé de la SEMVAT suffisait à ne rien faire avec ces vidéos ! Le groupe Total a-t-elle demandé ces examens ? Non. Pourtant rien que l'existence d'une coupure électrique touchant une caméra située à plus de 300 m avant le premier poste électrique qui aurait dû être touché suggère qu'un examen des incidents électriques précurseurs aurait dû être réalisé avec de telles traces ! Le dossier Vidéos-SEMVAT permet de mieux comprendre comme des pans entiers de l'enquête ont pu être bâclés !*

Element4.jpg

 

- Toujours à la SEMVAT, un enregistrement sonore d'une réunion a mémorisé les événements... il est mentionné par le responsable CHCST de la SEMVAT... il n'a même pas été versé au dossier... il n'a même pas été demandé par la Défense ! Les experts de la Défense et de la justice se sont acharnés à étudier quelques enregistrements sonores à plus de 2,5 km dont celui des bureaux de Air France - Montaudran qui diffuse clairement un énorme bang quelques secondes avant celui de l'explosion d'AZF, mais apparemment à 600 m du cratère, il y avait un enregistrement parfaitement connu qui a été tout simplement écarté sans aucun motif si ce n'est de ne pas avoir rechercher la vérité !

 

- Un témoin situé dans le quartier de Bagatelle (<2km du cratère) qui prenait son petit déjeuner terrasse ouverte, a été surpris par le premier bang et a eu le réflexe de prendre un appareil photo à porter de main car il voyait un avion à basse altitude arriver depuis le Sud-Est dans un axe complètement différent de celui du couloir aérien du 21 Septembre 2001. A cette heure, aucun avion n'était en vol au-dessus de Toulouse selon les bases aériennes. Ce témoin a pris une photo avant l'explosion d'AZF et quelques autres juste après quand le nuage ocre commença à envahir le Sud-Ouest Toulousain. Il a transmis en 2004 ses photos avec négatifs à la Commission Vérité de l'association Mémoire et Solidarité AZF qui lui a promis de les étudier. Sans nouvelle pendant plus d'un mois il leur a écrit pour leur demander la restitution. Juste après il est auditionné par le SRPJ de Toulouse qui connaissait ces photos mais qui ne les avaient pas encore en main... un mois plus tard des copies de ces photos sont fournies par la Commission et sont versées au dossier mais le témoin ne sera pas ré-auditionner pour l'examen de ces photos et la Commission Vérité ne lui a toujours pas rendu les photos originales. Ces photos de l'avion inconnu ne seront jamais étudiées alors que des scannages haute résolution de ces négatifs permettraient de reconnaître sans aucun problème le type de cet avion non déclaré. De plus, 3 témoins ont bien vu un avion grisâtre provenir du Sud-Est et aller vers le Nord-Ouest juste avant l'explosion. Ils ont déposés devant le SRPJ mais là encore aucun travail de reconnaissance ne leur sera demandé et aucune suite ne sera donnée bien qu'un des témoins très proche de l'usine a vu un objet tubulaire sombre tomber sous l'appareil juste avant l'explosion !

Plan.jpg

 

Juste après l'explosion
Photo%20Caillaux%20D5209%20No%201%20Mini.jpg
Juste avant
Avant l'explosion

Témoignage de Mme Mazet D6550 - pages 1, 2 et 3

D6550_001%20Mini.jpg D6550_002%20Mini.jpg D6550_003%20Mini.jpg

Témoignage de Mme Truschinger D4280 - pages 1 et 2

D4820_001%20Mini.jpg D4820_002%20Mini.jpg

Témoignage de M. Peyre-Lavigne D5194 - pages 1 et 2

D5194_001%20Mini.jpg D5194_002%20Mini.jpg

- Une employée de la Société des Poudres et Explosifs (SNPE) voisine d'AZF a intercepté juste après l'explosion un individu Suisse qui roulait à vélo et qui prenait des photos à l'entrée de l'usine. Cet individu a été remarqué juste avant et juste après l'explosion, apparemment il était étrangement présent au bon moment avec son appareil photo. Devant l'insistance de cette employée, ce Suisse sera même interrogé dans les minutes qui suivent par les forces de l'ordre. Personne ne saura qui était cet individu, pourquoi il était là à l'heure de l'explosion, pourquoi cet individu a pu repartir sans la moindre inquiétude immédiatement après et pourquoi ses photos n'ont pas été au moins dupliquées pour un examen ultérieur.

- La gendarmerie nationale a officiellement envoyé son hélicoptère Ecureuil F-MJCC, moins de 10 minutes après l'explosion. Le pilote et trois autres gendarmes sont montés à bord et ont effectué des boucles de reconnaissance au-dessus de Toulouse. Dans cette première mission autour de toute la zone chimique... aucune photographie, aucune vidéo ne sera captée...! Une telle initiative sans aucun moyen de mémorisation malgré la présence de 4 personnes en vol, le prix onéreux des heures de vol en hélico, est plus que stupéfiante pour des gendarmes qui doivent rendre compte... Ce vol avait-il un autre but, un autre type d'urgence ? Ou bien ces images existent elles et n'ont-elles volontairement jamais été transmises...?

- 3 heures plus tard etre 12h et 14h, la gendarmerie refera un vol un peu plus long avec photos et vidéos. La vidéo de la gendarmerie montre une énorme trace évasée au Nord-Ouest du cratère de plus de 40 m de long, 2,5 m de large et avec des bords très rectilignes. Ne correspondant à aucun chemin préexistant, elle caractérise un élément original de l'explosion d'AZF qui ne sera jamais étudié malgré de très bonnes images exploitables par les experts judiciares. Pire... dès 16h, un engin de déblaiement de la société Cassin TP reçoit l'ordre de réaliser un chemin rectiligne en lieu et place de cette trace qui sera donc effacé dès la fin de l'après-midi...! La gendarmerie communiquera ces images aux média dès 2001. Elles ne seront versées au dossier qu'en Mars 2004 et ne subiront aucun examen. En 2007, ayant récupéré ces images auprès de M6-Toulouse, j'en informe le groupe Total à Paris... il n'en fera rien de plus et ignorera même cet élement lors de sa tardive demande de topographie fine du cratère à l'IGN et à l'ESIC en 2008.

2001-09-21%2013h45%20Video%20gendarmerie%201.jpg2001-09-21%2013h45%20Video%20gendarmerie%202.jpg

2001-09-21%2013h45%20Video%20gendarmerie%203.jpg

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.