AZF : Les juges ont vu un avion de ligne au moment de l'explosion !

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Voici comment les juges d'Appel se sont débarrassés du problème de la présence d'un avion provenant du Sud-Est de Toulouse et traversant la zone du pôle chimique au moment de l'explosion d'AZF.


Extrait du délibéré de l'Appel AZF-Toulouse page 199.


 La photographie d'un avion en vol
M. CAILLAUX, cité comme témoin, a produit en cours d'instruction la photographie d'un avion en vol.
Examinée contradictoirement à l'audience devant la cour, cette photographie fait apparaître qu'elle a été prise depuis le balcon d'un immeuble, et qu'elle est celle d'un avion de ligne volant au loin et à haute altitude, de façon tout à fait normale.
Cette photographie est donc dépourvue d'intérêt.

M. CAILLAUX a, par contre, déclaré aux enquêteurs n'avoir remarqué aucun hélicoptère dans le ciel au moment où il a pris ses photos.

 


 Les juges ont inventé un avion de ligne en altitude...


D'après le délibéré de l'Appel de ce 24 septembre 2012, la photographie de l'avion qui passait au-dessus du pôle chimique, prise depuis un balcon du quartier de la Faourette avec un appareil photo jetable, d'où l'on voit aussi la grosse fumée provenant d'AZF, était un avion de ligne en haute altitude...

Si le délibéré sous-entend que ce témoin a photographié un avion de ligne de passage au dessus de Toulouse, vue la taille de l'avion sur la photographie beaucoup trop grosse pour être un avion de ligne dans un couloir aérien de haute altitude, cet avion de ligne n'avait rien à faire à cet endroit. Blagnac n'a jamais fourni la moindre trace d'un avion de ligne de passage volant au-dessus de la zone Sud de Toulouse dans les minutes après l'explosion.

Les juges se basent-ils sur une expertise de cette photographie enregistrée dans le dossier en juin 2004 ? Se basent-ils sur des documents aériens inexistants dans le dossier ? Non rien de tout cela...!

Le dernier avion de ligne à avoir décollé avant l'explosion, avait quitté les pistes à 10h14 et se trouvait à 20 km au Nord de ce quartier. Le seul avion à avoir décollé juste après l'explosion vers 10h35 en direction du Sud-Est a dû faire un virage vers le Nord-Est au-dessus de Purpan, plus de 4 km au nord du quartier de la Faourette.

Aucun avion de ligne n'a donc pu officiellement être photographié par ce témoin dans les minutes qui ont suivi la catastrophe.

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Les juges ont été inspirés par Me Forget et M. Bouchardy


 Cependant les juges n'ont pas inventé seuls de toute pièce cette justification irrationnelle en pleine rédaction de l'arrêt d'Appel : elle provient bien de Me Jean-Luc Forget, avocat de l'association AZF-Mémoire et Solidarité et de M. Michel Bouchardy, président de la Commission Vérité de cette association, qui ont tenu à affirmer, devant la cour, que le dernier avion de 10H35 a pu être photographié au Sud-Est du quartier de la Faourette.

Les pièces du dossier montre tout le contraire ! Mais il faut effectivement examiner les documents et ne pas se tromper d'échelle... les juges sont-ils aussi peu attentifs aux erreurs de M. Bouchardy et de l'avocat Me Forget qui ont apparemment retransmis ses arguments ?

Quand à l'aspect contradictoire de cet examen fait, devant la cour, à la va-vite, le 13 décembre 2011, il n'a jamais existé. Les arguments montrés à la cour n'ont jamais fait partie des pièces remises à l'ensemble des parties civiles même si les supports cartographiques de référence comme les trajectographies aériennes étaient dans le dossier judiciaire.

Ces deux individus liés à l'association AZF Mémoire et Solidarité se sont donc trompés lourdement et ont servi leur erreur à une cour désireuse de nier tout événement aérien anormal !

Voici le courriel de M. Bouchardy envoyé au président de l'association V921 en 2010 :

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Voici l'extrait des conclusions de Me Forget du 20 septembre 2012 suite à l'injonction de l'avocat du témoin pour la restitution des documents :

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Les membres d'AZF Mémoire et Solidarité pourront apprécier les certitudes de M. Bouchardy concernant cet avion détourné par Blagnac. M. Bouchardy n'a, apparemment, même pas contrôlé le rapport de Daniel Robert de la CEI de décembre 2004 et les traces aériennes de Blagnac pour s'apercevoir que cet avion n'a jamais été plus au sud que Purpan et ne pouvait en aucun cas être vu depuis le balcon de M. Caillaux, orienté au Sud-Est dans le quartier de la Faourette, à moins de 1800 mètres du cratère. L'idée d'un détournement d'un avion visible à une si faible distance du cratère est également absurde. L'empressement avec lequel M. Bouchardy, dès 2004 s'était mis d'accord avec le SRPJ afin de ne plus donner le moindre intérêt aux documents de M. Caillaux est aussi très vertigineux !

M. Bouchardy n'a jamais été choqué que le témoin soit interrogé une unique fois par le SRPJ le 13 mai 2004 pour parler de son témoignage et de ses photographies alors que le même jour, le SRPJ ne disposait pas encore des photographies remises plus tard, après le 9 juin 2004 par M. Bouchardy. Le témoin n'avait à ce moment pas encore récupéré ses photographies et devait attendre l'examen par la Commission vérité et peut-être le groupe Total selon la lettre de M. Bouchardy du 26 avril 2004.

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On ne pouvait pas mieux faire pour caviarder, avec le plein accord du SRPJ, un témoignage documenté pourtant si important pour l'association qui recherchait ardemment des documents sur les aéronefs !

Du pain béni pour les juges de la cour d'appel désireux de faire encore plus fort que le parquet !

 


Et pourtant l'avion pourrait être identifié...


Le témoin cité a affirmé à la cour le 13 décembre 2011, et dans sa première déposition au SRPJ en mai 2004, avoir réalisé, juste après le premier bruit, deux autres photographies, montrant l'avion de face, d'encore plus près, et autorisant l'espoir d'une identification. Ces photos, avec leur négatif, ont disparu depuis le jour où ce témoin a remis, en toute confiance, les 12 photographies de sa pellicule à M. Bouchardy, en mars 2004.

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M. Bouchardy aurait selon lui gardé les films de M. Caillaux pour expertise... Il a confirmé ce fait dans la lettre de réponse du 26 avril 2004, au témoin qui s'impatientait de ne pas voir ses documents revenir. Même la Commission d'Enquête Interne de Total qui a travaillé sur les témoignages d'un avion provenant du Sud-Est de Toulouse et pouvant parfaitement correspondre à cette photographie n'a pas eu connaissance de ces documents. Le rapport de Daniel Robert daté de décembre 2004, à ce sujet, mentionne plusieurs témoignages importants mais ne connait pas M. Caillaux qui pouvait matérialiser ces témoignages avec ses documents.

Etrange comportement de M. Bouchardy qui estime aujourd'hui ces photographies inintéressantes ... les membres de l'association AZF Mémoire et Solidarité appréciront le sérieux du responsable de cette commission vérité à ce sujet en 2004.

Les salariés d'AZF savent-ils qu'ils avaient avec ces trois photographies la possibilité de montrer la présence anormale d'un aéronef, de prouver matériellement les dires de plusieurs témoins qui ont mentionné cet avion provenant du Sud-Est dans leur déclaration, et d'identifier cet avion d'apparence militaire, selon les témoins, volant à basse altitude, survolant d'abord Ramonville, puis la colline de Pech David et enfin le pôle chimique ?

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Le SRPJ aurait les originaux en main selon Me Forget...!


 Aujourd'hui, Me Forget et M. Bouchardy continuent, tout comme ces juges d'Appel, d'affirmer par écrit, en réponse au témoin, qui réclame depuis mars 2004 la restitution de tout ses documents, que ces photographies n'étaient d'aucune utilité et que l'ensemble des documents, négatifs compris, seraient dans les mains du SRPJ de Toulouse alors que l'avocat du témoin a pu vérifier qu'ils n'étaient pas dans le dossier judiciaire !

Si ces photographies étaient d'aucune utilité, pourquoi ne pas respecter la promesse écrite du 26 avril 2004, de restituer au témoin ses documents et pourquoi envoyer, au contraire, l'ensemble des pièces, négatifs compris au SRPJ... et ce sans même prévenir le témoin ? Etrange attitude qu'assument  aujourd'hui, sans le prouver le moins du monde, ce membre de l'association AZF Mémoire et Solidarité et son avocat Me Jean-Luc Forget !

Les négatifs de M. Caillaux ne sont pas mentionnés dans le dossier judiciaire. L'avocat de M. Caillaux n'a jamais reçu la moindre réponse en ce sens de la part du SRPJ de Toulouse.

 


Il est temps de bosser à AZF M&S !


Une telle mascarade, de telles erreurs, une telle concordance avec ces juges d'Appel sont-elles dignes de l'association AZF Mémoire et Solidarité, qui a sciemment aidé, à travers ces deux représentants indélicats, à tromper la justice et à bafouer l'honneur de tout les employés de l'usine AZF !

Il serait temps de vérifier chez Grande Paroisse et chez AZF Mémoire et Solidarité, qui travaille avec qui... qui bosse pour la tranquillité des dirigeants de Total, et qui bosse pour montrer que les témoins des aéronefs non identifiés ne sont pas des menteurs ! L'obtention de la cassation et donc d'un nouveau procès en appel demande un vrai sérieux dans l'étude du dossier ! Il n'est pas trop tard... et il y a du boulot.

Depuis Juin 2009, le Président Jacques Mignard a été alerté sur ce problème de photographies d'avion. Sa pleine confiance en M. Bouchardy coûte cher pour ces lignes indécentes du délibéré à propos des aéronefs... Il serait temps de se ressaisir et d'arrêter la stratégie juridique suicidaire de Me Soulez-Larivière qui donne l'impression, avec la méthode d'étouffement des pistes les plus sérieuses, de protéger, en premier, les intérêts des responsables de l'Etat, de Total et de la Grande Muette, et certainement pas ceux de son client Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF.

 


Témoignages confirmant l'intérêt des photographies du témoin Léon Caillaux


Témoignage de Mme Mazet à Ramonville :

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Témoignage de Mme Truschinger, employée de l'Hôpital Marchant

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