Comme un aimable et frais gazouillis

Au temps du somnambule roi, c'est l'éveillé qui met les bouts. Et qui a gouté de l'affreuse mixture en conserve le souvenir qui va, cahin-caha, et gagne, nonobstant son hôte qui ferraille dur, pour s'en débarrasser et l'espèce avec lui, comme il peut avec ses mots,  son bonhomme de terrain jusqu'à l’accaparement complet. Cela s'appelle l'occupation. Ceux qui l'ont vu venir sont partis avant. Ou bien-après, mais, de toute façon, le mal était fait, il s'était enraciné. Avait agrippé son quidam par les naseaux de l'âme. Et dire quand aurait lieu la chose laissait supposer qu'on en possédait la connaissance de tous les paramètres.

Au temps du somnambule roi, c'est l'éveillé qui met les bouts. Et qui a gouté de l'affreuse mixture en conserve le souvenir qui va, cahin-caha, et gagne, nonobstant son hôte qui ferraille dur, pour s'en débarrasser et l'espèce avec lui, comme il peut avec ses mots,  son bonhomme de terrain jusqu'à l’accaparement complet. Cela s'appelle l'occupation. Ceux qui l'ont vu venir sont partis avant. Ou bien-après, mais, de toute façon, le mal était fait, il s'était enraciné. Avait agrippé son quidam par les naseaux de l'âme. Et dire quand aurait lieu la chose laissait supposer qu'on en possédait la connaissance de tous les paramètres.

Un jour le courage a manqué, c'était bien sûr il y a longtemps, et il n'eut pas de jour après ce jour. Pas de jour après ce jour là. Plus de jour après lui. Pas eu le gout de recommencer, plus la force non plus, bues peu-à-peu toutes les forces des jours épuisés, cela s'appelle le désespoir,  tranquille, mais le désespoir quand-même, tranquille et désespéré, très désespéré, las, plus envie, plus l'envie de rien, plus peu à peu envie de rien, de plus rien du tout, la lassitude extrême ... que laisse, sur la plage de l'être, en se retirant les marées provoquées par les grandes tempêtes de la lucidité la plus extrême. D'une lucidité  folle et qui va jusqu'à la folie.

Au temps du somnambule roi.

Alors ligne dernière, horizon boisé derrière lequel reposent tous les espoirs tendus vers elle, git là le dernier jour, au delà duquel, pourtant, luisait la promesse tant de fois renouvelée en deçà, d'une aurore enfin revenue à de meilleurs sentiments.

Mais le bât blesse qui patientait depuis trop longtemps et à son apogée, fléchit et s'affaisse. C'en est fait. C'était ce jour-là. Ils laisseront des veuves, ou elles des veufs, ou les emmèneront avec eux, qui partiront de concert, bras dessus, bras dessous, main dans la main, les yeux rivés sur la béance inconnue, sans fond ni fin. Sans fond, ni fin ...

Au temps du somnambule roi, la lucidité qui va jusqu'à la folie amène à la tombe. Les mots, petits cailloux bien précautionneusement déposés, y conduisent, et le dernier épèle la dernière lettre du mot glas.

C'en est fait. Pour eux tous. Qu'importe le moment car il vient, loup qui s'annonce bien en amont et chemine, histoire de ne pas gêner et risquer de perturber l'ordre des choses et des réalisations, dans l'ombre des pas, jusqu'à, ce jour là sans autre après lui, la happer silencieusement.

C'en est fait. Pour chacun d'entre eux, pour chacun d'entre eux-tous.

Et tous de savoir ...

Car, au temps du somnambule-roi, volubile est le pendu.

Et des lèvres irrégulières et boursouflées de la tempe chuinte encore longtemps comme un aimable et frais gazouillis de filet d'eau au pied de frondaisons printanières.

 

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