Le 30 octobre 1974, dans les camps de Mordovie, les détenus politiques avaient entamé une grève de la faim pour faire respecter leur droit. Ils refusaient d’être mêlés à des détenus de droit commun. Commémorant cet événement, tous les 30 du mois, des militants des droits de l’homme se réunissent à Moscou pour rendre hommage aux prisonniers politiques du Goulag de Poutine.
Dans les années 1990, malgré les difficultés et les guerres locales successives engagées par la Russie actuelle, on ne pensait pas que le terme « Prisonnier politique » réapparaîtrait en Russie. Ce fut une erreur. Aujourd’hui, dans la Russie de Poutine, il y a autant de prisonniers politiques que sous le régime communiste d’Andropov. Par contre les peines sont staliniennes. Particulièrement à l’encontre des Tatars de Crimée et des Ukrainiens pris en otage dans la Crimée occupée. Les peines atteignent 22 ans de prison. Parmi les personnes condamnées, le régisseur ukrainien Oleg Sentsov.
Des personnes arrêtées et condamnées pour avoir manifesté le 6 mai 2012 contre la réélection anticonstitutionnelle de Poutine sont toujours en prison. Une série de procès politiques est à nouveau engagée par le pouvoir afin de mater la contestation qui gronde dans le pays. Des otages ont été pris au hasard sur l’avenue Tverskoy le 26 mars 2017 et les condamnations pleuvent.
Les prisonniers sont tabassés et torturés sans retenue dans les prisons russes. La vague d’indignation a permis de faire non seulement libérer, mais aussi réhabiliter Ildar Dadin. Le prisonnier politique Serguey Mokhnatkin a été sauvagement battu.
La torture est pratiquée également à l’encontre des prisonniers de droit commun. Une salle de torture existe au sous-sol du Palais de Justice de Moscou.
Il s’agit de la pièce n° 144, sur les murs de laquelle sont fixés des anneaux métalliques. Les accusés sont attachés par les bras à ces anneaux pour prendre connaissance des accusations qui leur sont faites. Ils peuvent rester liés ainsi plusieurs heures et être battus jusqu’à ce qu’ils formulent des aveux.
Sur la photo, un Ouzbek âgé de 20 ans, Camron Usmonov, menotté à un anneau dans cette salle n° 144. Il est resté 8 à 9 heures par jour dans cette position. Le photo aurait été fait par l’un des gardiens compatissants.
Ousmonov a été battu à plusieurs reprises. En décembre 2016, les médecins de la prison « Butyrka » où il est actuellement détenu ont constaté des contusions à l’abdomen. Il a été condamné à 16 ans de prison pour des délits qu’il a reconnus partiellement.
Source : http://graniru.org/tags/torture/m.261345.html
Nous ne devons pas oublier les prisonniers politiques. Nous devons publier régulièrement des informations et soutenir chacun d’eux et leur famille.
C’est le sens de cette cérémonie clandestine qui s’est déroulée le 30 mai à Moscou. À la fin de celle-ci, la police est arrivée et a procédé à des arrestations. Une militante, Helena Zaharova, a été conduite au commissariat. Les policiers ont établi à son encontre un procès-verbal pour participation à un rassemblent non autorisé. Elle devra être jugée. À la quatrième infraction de ce type, la loi prévoit une condamnation de cinq ans de prison fermes.