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Billet de blog 1 septembre 2016

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Non au GOULAG de Poutine.

Le 30 août 2016, nous nous sommes rassemblés à nouveau sur la place Loubianka à Moscou, face à l’immeuble du KGB afin d’exiger la libération des prisonniers politiques.

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Illustration 1
Piquets à Lubyanka © Véra Lavrechina

Mensuellement nous procédons à l’appel des prisonniers du Goulag de Poutine sur la Palce Lubuanka. Nous nous y dressons en piquets de protestation pour les soutenir. Par la même occasion, auprès de cette pierre de Slovetsky, symbole des camps d’où elle fut ramenée, nous exprimons notre désaccord avec l’occupation de la Crimée et plus généralement avec la guerre contre l’Ukraine. Nous y clamons en ukrainien : « Occupants, hors d’Ukraine ! ».

Début août, après la capture de « saboteurs ukrainiens », Poutine a déclaré que Kiev a adopté la tactique de la terreur. Il a envoyé des troupes russes en Crimée et à la frontière ukrainienne. Maintenant, c’est la saison des baignades en Crimée. Profitez-en ! Aventuriers et extrémistes jouissez de « notre Crimée » russe!  Vous êtes dans la ligne de mire des canons de Poutine.

Poutine, et son ministre de la défense Sergueï Choïgou sont incapables de s’occuper d’économie, de santé ou de sciences. Leur seul exploit est la conquête la Crimée. Tous les médias vantent ce « fait d’armes ». Ils ne se soucient que de guerres et  d’annexion de territoires. Ils ne savent faire que des démonstrations de force pour intimider leurs voisins européens. Ils aiment être redoutés et respectés par leur force. Cela est maladif chez eux. Ils ne peuvent pas s’arrêter, sinon qu’amplifier le chantage et l’intimidation permanente d’ennemis. Pour eux, cette fanfaronnade incessante est une question de survie.

Dernièrement, ils ont entrepris aux frontières de l’Ukraine des grandes manœuvres militaires, des revues d’armes inopinées, des inspections surprises de troupes pour doper patriotiquement le cerveau du profane. Nous ne doutons pas que la réponse viendra. Pas sous la forme de bombes de l’OTAN, bien sûr. C’est le tribunal international de La Haye qui les attend. La machine qu’ils ont lancée va se retourner contre eux. Ce sera, tout d’abord, l’arrestation de leurs comptes dans les banques occidentales, puis des mandats d’arrêt internationaux lancés à l’encontre de leurs bénéficiaires. Arrestations et procès. Il n’y aura aucun moyen de ralentir ou stopper ce processus.


Il est certain que nos modestes manifestations à Lubyanka ne font pas la pluie et le beau temps. Mais, il faut diluer cette atmosphère de haine qui s’accumule sans cesse. Voilà notre action ! Si nous arrêtons de soutenir les prisonniers politiques, ils seront oubliés. Plus tard, les gens diront : on nous l’avait caché, on ne savait pas que des personnes étaient emprisonnées pour rien.

Nous devons clamer sur la place Lubyanka, au Kremlin, sur internet, que nous sommes contre l’occupation de territoires étrangers et contre la guerre. Contre les châtiments extrajudiciaires. Nous ne sommes pas avec les oppresseurs, mais catégoriquement contre eux. Après tout, ici à Moscou, nous subissons aussi leur occupation.

Après notre intervention près de la pierre Solovetsky à Lubyanka, trois d’entre nous ont été arrêtés par des policiers dépêchés sur dénonciation. Des agents du centre de lutte contre l’extrémisme « E. » assis sur un banc à proximité les avaient prévenus de notre action. Ils nous ont filmés sur leur téléphone alors que nous abhorrions drapeaux et affiches. Nous avons été conduits au poste de police « Kitaï-gorod » où nous avons été séquestrés deux heures et ensuite relâchés. Il a été dressé un procès-verbal à l’encontre de deux d’entre nous, Semyon Bersenyev et Svetlana Lavrova, sur la base dé l’article de loi n°20.2, aliénas n°5. Personnellement, je suis indifférente à ce qu’ils peuvent bien gratter sur leur papier. Par principe, je refuse de répondre aux questions et de signer quoi que ce soit.  

Bien sûr, nous allons continuer à défendre tous les prisonniers politiques et j’invite chacun à faire de même. Ce sera peu, peut-être, mais toute personne est capable de faire un minimum, quelles que soient ses convictions politiques et croyances. Après tout, les prisonniers politiques sont tous différents. Par exemple, il y a Ildar Dadin et les prisonniers du 6 mai 2012. Ce sont les plus connus, car les médias et les militants des droits de l’homme parlent d’eux. Mais il y a aussi Ivan Astashin ou Boris Stomakhin, par exemple. Peu de personnes les connaissent. Il y a également des noms de personnes inconnus du public : Cyril Silivonchik de Biélorussie, Vadim Tyumentsev de la région de Tomsk. Ils ont été emprisonnés pour leurs positions pro-Ukrainienne publiées sur le Web. Il y a aussi Ruslan Sokolovsky, un blogueur d’Ekaterinbourg arrêté récemment pour avoir recherché le pokémon dans une église. J’ai posté une vidéo à ce sujet. Selon le nouvel article de loi n° 148, aliénas n° 2, il est passible de trois ans de prison.

Environ deux cent cinquante personnes ont été reconnues prisonniers politiques par « Memorial » et la « Nouvelle Chronique des événements actuels ». Nous devons parler publiquement d’elles afin de nous libérer du nouveau Goulag dans lequel Poutine veut nous enfermer. Voilà notre but !

Liberté pour les prisonniers politiques.

Mort à l’empire fasciste de Poutine
Gloire à l’Ukraine. Gloire aux Héros.

Lubyanka sera détruite.

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